Van · Hamme · – · Dans · la · presse · et · les · médias
Van Hamme – XIII, Largo et les autres…
Ce sujet permettra de lister les articles parus dans la presse, ou les passages télé, ou tout le reste, enfin ce qui concerne Jean Van Hamme.
Pour commencer ce sujet, donc, en ce mois de novembre 2009 que j’ai appelé le « mois VH », voici deux parutions intéressantes :

Alors là on a du collector pour les fans de Van Hamme. Il parle de tout, très librement, de ses débuts aux toutes dernières créations.
Ses expériences, la création de ses personnages, ses rapports avec les auteurs et éditeurs, ce qu’il pense de ses séries, et même des indiscrétions…
Ultra complet, passionnant, et suffisamment long (90 pages) pour vous occuper un moment.
Pour tout dire je ne l’ai pas encore terminé mais je vous ferai part des éventuelles « perles » qui s’y cachent.
Il confirme notamment qu’on fait le forcing auprès de lui pour racheter les droits cinéma de Thorgal.
Autre parution, moins impressionnante du coup :

Un entretien intéressant sur « Le télescope » avec 3 planches, et des planches de XIII Mystery, Irina.
Une confirmation, c’est bien lui qui va reprendre « Wayne Shelton » !
Qui a dit que c’était le « mois Van Hamme » ? Ah oui, c’est moi.
Alors ça continue parce que ce week-end Jean Van Hamme est l’invité d’honneur de « Un monde de bulles« , l’émission dédiée à la BD sur Public-Sénat (TNT).
Je vous la copie bêtement sans réfléchir :
Le week-end prochain, émission exceptionnelle sur Monsieur Jean Van Hamme ! Nous nous sommes rendus à l’exposition qui lui est consacrée à Reims en ce moment, on y trouve de nombreux originaux retraçant une grande partie de sa carrière assez époustouflante. En plus de cette exposition, il y a bien sur un nombre impressionnant de sorties comme la nouvelle saga Rani aux éditions du Lombard, vous pourrez entendre Francis Valles et didier Alcante, la sortie du XIII Mystery, William Vance nous parlera de cette grande aventure, le nouveau Lady S, Philippe Aymond sera notre invité et plein d’autres sorties comme le Télescope et la réédition d’Epoxy, tout cela commenté par Maître Jean Van Hamme. Autre bel hommage dans cette émission, celui de la patrouille de France à Albert Uderzo ainsi que sa superbe exposition à Paris au Musée de Cluny avec de vrais originaux. Enfin, vous finirez l’émission avec un portrait croisé de Christophe Chabouté et Philippe Xavier, que du bonheur en perspective.
Bien sûr, comme d’habitude, dès que l’émission est dispo en ligne je vous la mets ici. 
Ben voila, suffisait de demander!
Tu voulais un reporter qui se déplace à Reims pour prendre des photos, On a eu quelques photos par Largo (merci
) mais un monde de bulles t’a écouté aussi !!!
Quel influence !!!! 
Hé oui, c’est tout le temps comme ça.
Le matin, j’ouvre les volets, et du coup le soleil se lève.
Je signale à ceux qui l’aurait ratée que l’émission dont je parlais plus haut est à voir ici.
A part ça voici quelques chiffres tirés du bilan annuel de l’ACBD.
Le Lombard a publié 91 bouquins dont 50 nouveautés en 2009.
Les mises en place de nouveaux albums pour Jean Van Hamme (mise en place ne veut pas dire vente) :
500 000 « La malédiction des trente deniers » (B&M)
230 000 « Irina » (XIII Mystery)
90 000 « Le télescope »
84 400 « Salade portugaise » (Lady S.)
80 000 « La nuit des aigles » (Wayne Shelton)
55 000 « Bâtarde » (Rani)
0 « Thorgal » (snif
)
0 « Thorgal » (snif)
Ouuuuuuuuuuuuuuh
tiens j’y suis allé à Reims. je mettrai le pack photos (une centaine) en téléchargement libre bientôt.
Par contre, au niveau des planches ce sont des deuxième choix, les belles étant entre les mains des collectionneurs depuis un certain temps déjà (c’est le cas particulièrement pour les séries XIII et thorgal)
Les deuxièmes choix iraient quand même bien dans mon salon.
Même les troisièmes choix. 
Les photos ! Oui oui !
Je viens de tomber sur un amusant « reportage photo » du Vif (journal belge). Je ne sais pas de quand il date, ni qui est le vis-à-vis, Vanhengel.
Que voici donc.
Je viens de lire. Ils font souvent, au Vif, ce genre de rencontres entre personnes venant d’horizons différents qui, a priori, n’ont rien en commun. Ce lien n’est à mon avis qu’un résumé d’un écrit probablement beaucoup plus long. Il n’est malheureusement pas daté…
L’autre intervenant est Guy Vanhengel, un politicien bruxellois, ministre du Budget de la Région Bruxelles-Capitale. Depuis 2009, il est vice-premier ministre fédéral, en charge de la tutelle sur le Budget

Arf, trop fort, l’allussion à Petzi, une BD que j’appréciais beaucoup quand je n’étais qu’un petit gamin
…
Interview de Jean Van Hamme en deux parties, avec ce portrait dessiné par un ami qui se débrouille pas mal 

ICI – centrée sur Le Télescope, et ICI – où il nous parle d’un peu tout: Rani, Lady S, Wayne Shelton, Blake et Mortimer, mais surtout… Thorgal !
»On parle beaucoup des spin-off de Thorgal. Pourriez-vous nous en dire plus ? »
C’est plutôt Grzegorz Rosinski qui est au cœur du projet, avec le Lombard bien entendu. Il s’agit de plusieurs séries, avec dessinateurs et scénaristes attitrés, mettant en valeur des personnages de la série de Thorgal, dont Louve, Kriss de Valnor, Galathorn, Pied d’Arbre, etc. Le Lombard va communiquer prochainement
à ce sujet car nous attendons les premiers albums pour ce printemps
. Pour ma part, j’aurais aussi développé un univers pour les plus jeunes : le deuxième monde peuplé de nains et dans lequel Thorgal serait venu faire quelques incursions. J’ai encore quelques idées, mais je les réserve à Grzegorz !
Mmh le joli parfum d’album tout frais…
Au Lombard c’est le black-out complet, ils planquent tout depuis quelques temps. Avant ils planquaient par omission (ils ne communiquaient pas) et maintenant ils planquent pour préparer des annonces officielles qui pètent.
Heureusement que les auteurs sont là pour nourrir notre attente, et que la merveilleuse, formidable, parfaite, hallucinante, insubmersible et coquette Louve T. est sur tous les bons coups !
la merveilleuse, formidable, parfaite, hallucinante, insubmersible et coquette Louve T.
Oh!
merci patron
Il me semble que Grzegorz Rosinski avait parlé d’une histoire de nains et de Tjazhi dans l’interview en polonais. Ce serait donc une idée piqué à JVH 
Comme d’habitude c’est difficile à décrypter mais on peut extraire deux nouveautés :
– Arghun pied-d’arbre aurait son album
– la 3ème série serait peut-être plus « Tjahzi au pays des nains » que « Louve princesse des bois » ?
Ou alors 4 séries. 5 séries . 22.
Entretien avec Jean Van Hamme dans le Casemate 31 de novembre 2010.

On y parle surtout de Largo Winch et Blaket & Mortimer mais il y a aussi apparemment quelques mots sur Thorgal, notamment l’adaptation éventuelle au cinéma.
Je n’ai pas encore lu, je vous tiendrai au courant quand j’irai acheter mon Benco et mes céréales Weetabix.
Je vais au festival d’Angoulême ce week-end.
Stéphane Bern voulait m’inviter mais malheureusement son émission « Le fou du roi » sur France Inter ne passe pas le week-end. Désolé Stéph.
Du coup il s’est consolé avec des gars moins connus mais quand même assez pointus en BD, comme Baru (président du jury du festival cette année), Berberian… et aussi Jean Van Hamme.
Je l’ai écouté ce midi raconter comment il s’était fait peloter par Sharon Stone (qui a tourné pour rappel dans « Largo Winch 2 »).
A voir/écouter en suivant ce lien.

La photo vient du site Charente Libre, où on peut lire un entretien avec Bern et Algoud.
Toujours à Angoulême, vu cette fois sur le blog du Lombard, une vidéo où le ministre (français) de la culture, Frédéric Mitterrand, décore Jean de l’Ordre des Arts et des Lettres.
L’angle bizarre donne l’impression qu’ils se roulent un gros patin.
En effet 
Dommage que ça coupe avant l’allocution de Van Hamme.
Ah oui, intéressant entretien c’est vrai.
Il dit son affection particulière pour Largo Winch, qui est à la fois son tout premier personnage et celui qui navigue dans l’univers qui lui est le plus familier.
Il dit aussi s’être détaché de Thorgal (snif) et parle des ventes des 1ers albums : 6000 pour le premier, 8000 pour le deuxième, 12000 pour le troisième.
Juste pour info comparative, le dernier album a été tiré en 250 000 exemplaires (mis en place, pas vendus) ce qui en fait le 7ème tirage BD de l’année 2010 après Joe Bar Team, Largo Winch, Lucky Luke, Blake et Mortimer, Le Chat et Le Petit Spirou.
…
Je reviens sur la décoration reçue par Jean à Angoulême. Vous trouverez un compte-rendu, de nombreuses photos et même le discours de Mitterrand sur le blog BD de Manuel F. Picaud.

Jean Van Hamme était au festival d’Aubenas, fin mai.
Lien vers www.aubenasbdimage.com
Bon je l’ai pas su, donc je ne vous l’ai pas dit. 
Il a participé à diverses manifestations, et parlé de « Rani », le futur feuilleton qu’il a scénarisé.
Pour rappel, voici l’actrice du rôle titre, Mylène Jampanoï.

D’après le site ActuaBD (qui lui a su), il y aura 8 épisodes diffusés en septembre en Belgique (RTBF) et en octobre en France (France 2).
Un article de 4 pages dans le Casemate 44 de janvier. Mais, me direz-vous, on est en février
Oui, vous répondrai-je, j’avais pas vu. Je ne serai pas payé ce mois-ci.

J’ai découvert et parcouru cet article rapidement hier juste avant que le magazine ne parte au pilon, un entretien avec Jean Van Hamme et sa femme, Huguette Marien (en photo tous les deux ci-dessous en habits d’époque).
On y parle essentiellement de Rani, du tournage, du choix des acteurs, bref très peu de BD. Huguette semble être une lectrice attentive des travaux de son mari, qui de son côté, apprécie l’oeil de son épouse. Le tout avec humour.
Rien ou presque sur Thorgal, normal, quelques mots par contre sur Wayne Shelton, pour évoquer la fin du prochain album (ou de celui de l’an dernier ? Lu vite fait + mémoire courte = journalisme de pointe), Jean avait écrit 2 fins, une rose et une très noire, Huguette a choisit la rose !
Un article amusant à découvrir au paradis des revues.

PS : Huguette semble confirmer que son mari est un gros cochon qui colle des scènes de fesse dans tous ses derniers travaux. 
Voilà un entretien dont je ne vous avais pas parlé, je crois, datant de 2010.
Jean Van Hamme parle du passage de témoin entre lui et Yves Sente, sur XIII et Thorgal.
Dans son discours, on a vraiment l’impression qu’il a suivi l’avis du dessinateur sans broncher, que ce soit Rosinski pour Thorgal et Vance pour XIII… 
J’ai un peu le sentiment de: « C’est toi qui va travailler avec après, t’as choisi, donc tu te débrouilles, je veux plus en entendre parler !!! De toute façon, j’ai pas vraiment eu choix au chapitre sur ce coup la…. »
En gros, avec cette interview, on ressent un sentiment d’impuissance de VanHamme quant au choix d’Yves Sente, qui ne l’a pris que parce que c’est un pote et parce que les dessinateurs ne voulaient travailler qu’avec lui.
Un peu dommage qu’il ne se soit pas plus investi dans les scénarios avec Yves Sente, tout au moins dans les premiers albums, afin de lui donner un ligne un peu plus directrice avant de le laisser en freestyle…
Dans son discours, on a vraiment l’impression qu’il a suivi l’avis du dessinateur sans broncher, que ce soit Rosinski pour Thorgal et Vance pour XIII…Moi j’interprète plutôt qu’il ne voulait pas s’imposer du tout. Je ne suis pas d’accord avec cette décision, mais je comprend l’idée, c’est en quelque sorte généreux envers le successeur de le laisser totalement libre. Mais je trouve que c’est oublier le lecteur… et la série en elle-même, qui perd forcément en cohésion. Les mentors servent à quelque chose. On apprend pas sans guide !!!!![]()
J’ai un peu le sentiment de: « C’est toi qui va travailler avec après, t’as choisi, donc tu te débrouilles, je veux plus en entendre parler !!! De toute façon, j’ai pas vraiment eu choix au chapitre sur ce coup la…. »
Tout à fait d’accord. Cela aurait été plus que souhaitable.
Un peu dommage qu’il ne se soit pas plus investi dans les scénarios avec Yves Sente, tout au moins dans les premiers albums, afin de lui donner un ligne un peu plus directrice avant de le laisser en freestyle…
Du coup… il faut se rendre à l’évidence: ce n’est pas la faute à une seule personne (vous savez de qui je veux parler).
Jean Van Hamme sera à Paris fin septembre pour assister à la projection d’un film et participer à une conférence.
Voici la présentation de la soirée :
À l’occasion des 30 ans de la série XIII, retrouvez le scénariste de cette saga mythique, Jean Van Hamme, dans le cadre d’une soirée Ciné BD au MK2 Quai de Loire le mardi 23 septembre 2014 à 20 heures. Pour cette soirée Ciné BD, Jean Van Hamme a choisi le film WEST SIDE STORY de Robert Wise et Jerome Robbins. La projection sera précédée d’une rencontre avec l’auteur et d’une séance de signature.
Voici une présentation du concept :
Les soirées Ciné BD : Les cinémas MK2, le magazine Trois Couleurs et les éditions Dargaud vous donnent rendez-vous tout au long de l’année pour des soirées exceptionnelles consacrées au cinéma et à la bande dessinée. Ces soirées donnent carte blanche à un auteur de bande dessinée invité à présenter son œuvre et le rapport qu’il entretient avec le cinéma, dans le cadre d’une conférence animée par un journaliste. Bénéficiant d’une liberté totale, l’artiste choisit un film à projeter à l’issue de la rencontre. L’occasion également de revisiter ses classiques.
Voici l’affiche :

Et enfin, les liens :
Lien vers www.mk2.com
L’info vient du site officiel XIII.
Largo Winch et Jean Van Hamme sont dans le nouveau Casemate, avec un dossier de 32 pages.

Ne l’ayant pas lu, je ne peux vous en dire plus.
Par contre, je vous propose également un entretien en 3 parties, une quinzaine de minutes à écouter le papa de Thorgal, sur France Info.

Quelques mots sur la convention XIII en 1ère partie, et puis quelques confessions dans les deux autres. L’ensemble est intéressant et fluide, notamment grâce à l’interviewer, Philippe Vandel, qui sait poser les bonnes questions et sait comment les poser.
(J’ajoute que VH ne parle pas du tout de Thorgal.)
Jean Van Hamme a [c=red:4ebcc8828e]dessiné[/c:4ebcc8828e] Thorgal, Lady S, Largo Winch et également XIII écoulés à 13 millions d’exemplaires.
Encore un talent caché de Vent Hhhamme ! L’interviewer de France Info sait poser les questions, par contre pour prononcer son nom
mais ça reste très agréable d’écouter JVH malgré ses 74 ans…
Le journaliste a bien fait de poser la question sur la prononciation mais il est pas vraiment doué. 
– comment on prononce votre nom ?
– on dit « Vane Ame »
– Jean Vane Hhhamme
– et faut pas aspirer le H
– Jean Vane Hhhhhamme

Et 2 minutes après il a déjà oublié et redit « Vent Nam ». 
Sinon c’était sympa à écouter.
Au fait, quelqu’un prévoit d’aller à la convention XIII à Paris Bastille, le 21 novembre?
Comme il y a Van Hamme, j’aimerais bien lui (re)poser une question sur ce que je considère comme une erreur monumentale qui me brûle les lèvres depuis 2007 (où j’avais posé la question lors de la soirée XIII au Virgin mais elle était mal tournée et il m’avait remballé) :
XIII est né en 1961 (d’après les 3 montres d’argent) et Seamus O’Neil avait 13 ans en 1979 (d’après Secret Défense), donc est né en 1966.
D’où ma question : 1) Comment 2 types qui ont 5 ans d’écart peuvent faire leur scolarité ensemble et 2) se ressembler tellement à un âge aussi jeune que l’âge universitaire!?
J’habite à l’autre bout de l’univers. Sinon j’aurais été présent avec plaisir. 
Comme il y a Van Hamme, j’aimerais bien lui (re)poser une question sur ce que je considère comme une erreur monumentale qui me brûle les lèvres depuis 2007 (où j’avais posé la question lors de la soirée XIII au Virgin mais elle était mal tournée et il m’avait remballé)
Le jeu intellectuel pourrait l’amuser, si vous passiez une demi-heure à discuter autour d’un verre. Mais là, je crois que tu vas juste te faire virer à nouveau, avec le regard noir qui va bien.

En plus tu vas passer la soirée à te demander comment tu vas faire pour lui poser la question sans prendre un pain. Le mieux est peut-être de ranger la question et de profiter du moment.
C’est un slogan, comme pour la lessive : détente totale, rencontre idéale.
Pour tenter de répondre à ta question, je dirais qu’avec un parcours atypique, on peut avoir… un parcours universitaire atypique. 
1) Comment 2 types qui ont 5 ans d’écart peuvent faire leur scolarité ensembleEn France, j’ai le cas.
J’ai eu 2 fois des apprentis qui avaient commencé à travailler dans une branche pour s’apercevoir que ça ne leur allait pas et retourner à l’école :
1 an de redoublement + 2 ans d’étude post-bac (BTS par exemple) + 1 an de boulot + retour à la case départ et tu te retrouves à avoir 22 ans et faire une année post-bac avec des gamins de 17 ans qui ont un an d’avance.
A noter que, même un peu plus agés, ils auront toujours 5 ans d’écart : 21 et 26 ans en début de master
moi non plus cela ne me choque pas 5 ans d’écart entre étudiants. Je dirai même que c’est courant. Avec effectivement les redoublements, les changements d’orientation, les parcours atypiques, l’ordre dans lequel les gens font leurs études ou encore ceux qui font des études longues et enchainent les diplômes…
quant à la différence physique elle ne me choque pas non plus. La concordance entre l’apparence physique et l’âge est quelque chose de très relatif et ce à chaque période de la vie. Chacun connaît des exemples il me semble.
Le jeu intellectuel pourrait l’amuser, si vous passiez une demi-heure à discuter autour d’un verre.
Justement, il y a un bar dédié avec la 1ère conso offerte

Mais là, je crois que tu vas juste te faire virer à nouveau, avec le regard noir qui va bien.
En plus tu vas passer la soirée à te demander comment tu vas faire pour lui poser la question sans prendre un pain.
Lol on dirait que tu étais là en 2007!;)
Non il n’y avait pas de souci, c’était JVH lui-même qui avait sollicité les questions, par curiosité et pour voir si quelqu’un trouverait des nouvelles erreurs et il m’a gentiment remballé parce qu’il n’y pouvait pas grand chose si la série s’étendait et que son héros vieillissait. (En fait, je ne me souviens plus des détails, mais avec un autre fan on avait fait une démonstration digne des Thorgaliens de ce forum, pour montrer que XIII avait 31 ans d’après telle date dans tel album paru en 1992 si j’ai bonne mémoire, où JVH s’était calé avec la date de parution, et 10 ou 15 plus tard, une autre date dans un album plus récent avait mis le foin et XIII se retrouvait mathématiquement à avoir plus de 40-45 ans.
Là, la question sera plus concise et c’est plus un clin d’oeil dont lui-même est friand et demandeur, pour lui demander s’il avait fait gaffe que, avec les dates qu’il a semées tardivement dans les albums, XIII et O’Neil se retrouvent à avoir 5 ans d’écart alors que peut-être que dans sa tête, JVH les voit avec 1 ou 2 ans d’écart maxi.
Je veux une photo de l’œil au beurre noir ! Je suis sûr que Van Hamme se bastonnait dans sa jeunesse.

Un élément temporel que je trouve amusant dans la série, ce sont les objets technologiques. La tronche des ordinateurs, des télés, des téléphones, des voitures, des trains, etc.
Je ne sais pas s’il y a beaucoup de séries qui « quittent » leur époque » comme ça. Ric Hochet ? Il y en a sûrement d’autres.
Un élément temporel que je trouve amusant dans la série, ce sont les objets technologiques. La tronche des ordinateurs, des télés, des téléphones, des voitures, des trains, etc.
Je ne sais pas s’il y a beaucoup de séries qui « quittent » leur époque » comme ça. Ric Hochet ? Il y en a sûrement d’autres.
Tu veux dire que comme pour les couleurs des albums de Thorgal, qui ont suivi l’évolution du temps au fil des albums, dans XIII, ce sont les objets qui évoluent pour passer de la fin des années 80 aux années 2010?
Tiens, c’est vrai, je n’avais jamais fait gaffe. Maintenant que tu le dis…
Ce n’est pas également la transition avec Iouri Jigounov qui est un dessinateur très « moderne », qui tranche avec William Vance qui était plus « old school »? Ou ça se voit également sur les albums de Vance, cette transition?
Je revois, dans les tous premiers albums, les ordinateurs carrés à grosses touches, et les bons vieux téléphones filaires. Il me semble que la technologie a suivi son temps tout au long de la série.
Je pense que c’est aussi le cas pour les moyens de transport.
XIII vit dans une sorte de présent réactualisé sans cesse. Un concept intéressant.
XIII vit dans une sorte de présent réactualisé sans cesse. Un concept intéressant.
Une manière d’accrocher sans cesse les nouveaux lecteurs (qui ne se retrouveraient pas dans un présent démodé) tout en prenant garde de ne pas froisser son ancien lectorat progressiste.
Et puis, vu que XIII était à la base une BD sans date, achronique (les dates étant intervenues très tard avec l’arbre généalogique), le héros est/était censé ne pas vieillir et vivre des aventures au présent sur un temps ramassé, quasi invisible pour le lecteur. Sauf que la BD a vieilli et le présent a vieilli! Marrant!
moi non plus cela ne me choque pas 5 ans d’écart entre étudiants. Je dirai même que c’est courant. Avec effectivement les redoublements, les changements d’orientation, les parcours atypiques, l’ordre dans lequel les gens font leurs études ou encore ceux qui font des études longues et enchainent les diplômes…
quant à la différence physique elle ne me choque pas non plus. La concordance entre l’apparence physique et l’âge est quelque chose de très relatif et ce à chaque période de la vie. Chacun connaît des exemples il me semble.
en fait, ce n’est pas 5 ans d’écart mais 7!
Ils étaient censés etre en 1ère année de fac ensemble dans le Colorado mais XIII y est rentré à 18 ans, alors l’autre aurait du rentrer à 11 ans, si on suit les dates de naissance!

et de toute façon, il n’est arrivé aux US qu’à 19 ans donc léger problème de chronologie.
Il y a aussi un autre problème anachronique mais j’en parlerai peut-etre après le 21. j’ai fait une petite étude chronologique que Cat apprécierait si elle était aussi fan de XIII que de Thorgal
moi non plus cela ne me choque pas 5 ans d’écart entre étudiants. Je dirai même que c’est courant. Avec effectivement les redoublements, les changements d’orientation, les parcours atypiques, l’ordre dans lequel les gens font leurs études ou encore ceux qui font des études longues et enchainent les diplômes…
quant à la différence physique elle ne me choque pas non plus. La concordance entre l’apparence physique et l’âge est quelque chose de très relatif et ce à chaque période de la vie. Chacun connaît des exemples il me semble.
en fait, ce n’est pas 5 ans d’écart mais 7!
Ils étaient censés etre en 1ère année de fac ensemble dans le Colorado mais XIII y est rentré à 18 ans, alors l’autre aurait du rentrer à 11 ans, si on suit les dates de naissance!

et de toute façon, il n’est arrivé aux US qu’à 19 ans donc léger problème de chronologie.
Il y a aussi un autre problème anachronique mais j’en parlerai peut-etre après le 21. j’ai fait une petite étude chronologique que Cat apprécierait si elle était aussi fan de XIII que de Thorgal
De retour de la convention XIII, avec le privilège de revoir JVH depuis 2007, un petit compte-rendu s’impose 
L’arrivée de JVH (et de sa femme) : en taxi jaune américain des années 80-90, très sympa, sous les yeux des sosies de XIII, Jones et Betty (qui se caillaient dehors en attendant le taxi bloqué à Bastille!)
JVH, toujours aussi mordant et alerte, (même si les mêmes anecdotes reviennent un peu toujours mais il ne peut pas en inventer).
Un petit regret, que les questions et autres (surtout XIII Mystery) aient été présentés par des journalistes généralistes qui n’y connaissaient pas grand chose, d’où des questions très « école de journalisme » et peu vivantes et des réponses parfois embarrassées des auteurs.
Dommage que l’organisation n’avait pas été confiée à Guillaume Pahlawan, qui était présent, et aurait peut-être donné un supplément de dynamisme.
Sinon petit moment marrant, quand j’ai sorti l’histoire d’incohérence de dates :
XIII, né en 1961, commence ses études à 18 ans, et finit à 23 ans, en 1984. Or son compagnon de promo, Seamus O’Neil qui est censé être avec lui en 1ère année jusqu’à la fin du cursus, n’a que 11 ans quand XIII rentre à l’université (un peu jeune quand même!) et est toujours en Irlande quand XIII finit son cursus.
Bref, il était impossible pour eux de se rencontrer.
Et JVH, de répondre :
Voilà la 2ème sur les 3 erreurs que je vous disais avoir commise. Vous avez bien mérité de prendre un verre!!! (Et hilarité de la salle!
)
Quant à Sente, la question était :
Lorsque JVH vous passe la main, à la fin du Dernier Round, sorti en 2007, Jones a 32 ans et XIII 36,5. L’action se déroule donc en 1997-1998. Facebook et Google n’existent pas, ce qui explique d’ailleurs pourquoi il n’avait pas pu l’utiliser pour retrouver la trace du déménagement de son orphelinat alors que la conjuration l’a fait en 2 coups de Google.
Pourquoi ne pas avoir continué l’action à l’époque où elle se déroulait?
Et réponse de Sente : je répondrai par une pirouette. XIII est hors du temps, ce sont les héros de BD, en 2021 il aura 60 ans et continuera de conduire des voitures.
(Ceci dit, il n’expliquait pas pourquoi il n’avait pas continué l’action en 1998. JVH écrivait au présent en 1992 et en 2007, il quitte le présent pour dérouler l’histoire dans un passé récent. Il était donc logique de continuer l’histoire dans ce passé récent et non au présent pour éviter les anachronismes. Bref).
Sinon, JVH a confirmé qu’il écrirait le dernier et 13ème tome de XIII Mystery sur Judith et Jessica, dessiné par Grenson (quel bon choix!!).
Si vous avez des questions, n’hésitez pas.
du coup tu l’as bu le verre ?
du coup tu l’as bu le verre ?

Ben oui! (Bon en même temps, d’une c’était compris dans le ticket d’entrée, de 2 c’était un buffet et les serveurs ne s’amusaient pas à te demander ton ticket avant de te servir).
Par contre, pour les petits fours et desserts, j’ai tout raté, j’ai regardé quelques minutes (qui ont duré quelques 1/4h) le documentaire sur XIII « la conspiration dans la peau » avec un copain, et c’était tellement prenant qu’il n’y avait plus rien en revenant!:p
D’ailleurs, je pense que pour Dargaud, le buffet et la soirée où ils invitent toujours le gratin du monde de l’édition, ont dû coûter quasiment plus cher que les recettes de billetterie et produits dérivés. Je pense qu’on devait être 80 fans payants à tout casser (et le reste d’invit du monde de l’édition), comme souvent lors des dernières soirées pour les sorties d’albums, d’ailleurs.
Qu’est-ce que tu as ramené comme petits souvenirs ?
Tu as quelques photos, peut-être ?
Qu’est-ce que tu as ramené comme petits souvenirs ?
Tu as quelques photos, peut-être ?
Ben comme souvenir, une dédicace de mon dessinateur russe préféré, des goodies (4 ex-libris et 2 reproduction de toiles, une de Jones ci-dessous, et une de la couverture de Pour Maria), une photo à une borne permettant de se prendre en photo avec le décor de la couverture du tome 1 (lampe blafarde et malette ouverte de billets).
Par contre, du coup, j’ai complètement oublié de me prendre en photo avec les sosies de XIII, Jones et Betty.

Par contre, si tu veux, je peux t’envoyer en PDF la double page du Parisien qui en parle et donne une photo de JVH avec les 2 sosies féminins et un petit compte-rendu de la soirée, pour que tu puisses les passer en photo?
Jean Van Hamme était ce matin à la radio sur France Inter dans l’émission Boomerang.
C’était sympa à écouter.
Il expliquait qu’il aimait beaucoup les soirées comme la convention de vendredi dernier, ou le challenge de 2003, pour se confronter avec les fans, et il disait que ça lui faisait chaud au coeur, bien plus que les séances de dédicace impersonnelles.
Sinon l’anecdote croustillante sur le prochain tome de XIII :
« Ce petit salaud de Yves Sente avait fait un scénario où Jones se retrouvait avec la main coupée, j’ai utilisé mon droit moral : Jones doit piloter et ne peut se retrouver avec une main coupée!
Et j’ai demandé à Yves Sente de changer le scénario et du coup dans le T24 elle garde ses 2 mains. »
Sinon il parlait aussi de Largo Winch.
Passage marrant où il dit que sa femme lui fait remarquer qu’en 24 ans, il n’a eu que 6 aventures et il lui répond : « oui mais il n’a vécu que 2 ans pendant ces 24 ans. Et 6 compagnes en 2 ans, c’était déjà beaucoup!! »

Sinon l’anecdote croustillante sur le prochain tome de XIII :
« Ce petit salaud de Yves Sente avait fait un scénario où Jones se retrouvait avec la main coupée, j’ai utilisé mon droit moral : Jones doit piloter et ne peut se retrouver avec une main coupée!
Et j’ai demandé à Yves Sente de changer le scénario et du coup dans le T24 elle garde ses 2 mains. »
Ça je n’aurais pas supporté !! 
Ca ressemble à une blague…
Voici l’article dont parlait pennybridge un peu plus haut.


Les sosies avaient l’air particulièrement attractives…
Voici l’article dont parlait pennybridge un peu plus haut.Les sosies avaient l’air particulièrement attractives…
Par contre, le sosie de XIII mesurait 1m93 alors que dans « toutes les larmes de l’enfer », Van Hamme indique qu’il fait 1m84 je crois

Une bonne partie du nouveau Casemate (juin 2015) est consacrée à Jean Van Hamme.

En dehors de quelques pages présentant le nouveau XIII Mystery « Martha » (voir ICI), vous trouverez deux pages d’intro visuelle, 4 pages d’entretien et des planches commentées (Chninkel, XIII, Thorgal et Largo Winch). Le tout ponctué d’illustrations sympas.
Vous pouvez le feuilleter en petit pas joli ICI.
Le magazine revient sur la carrière de Jean qui publie ses mémoires ce mois-ci (voir ICI).
Je n’ai pas encore lu tout ça, mais je reviens vers vous si j’arrive à me le procurer dans mon bled.
Bien sûr si l’un ou l’une d’entre vous l’a parcouru, je vous invite à partager.

En complément de ce que je viens de poster je vous propose de lire la suite de l’entretien cité précédemment. Depuis quelques temps, l’excellent Casemate met en ligne librement des compléments, des bonus, des machins en plus qui n’ont pas tenu dans le magazine papier.
Et là c’est du bonus de luxe, les enfants, quelques pans très intéressants de la vie ou de la carrière du scénariste, avec de bons mots au passage et une photo avec plein de cheveux.

Vous trouverez dans l’entretien de nombreux souvenirs de voyage, des projets en cours en BD ou théâtre, avec le synopsis d’une pièce en cours d’écriture, quelques avis sans concession sur les séries XIII et XIII Mystery, chiffres à l’appui. La fin de l’article revient sur la méthode originale (et curieusement efficace) qui permit à l’auteur de vendre ses premiers manuscrits de Largo Winch dans les années 70.
bonne fete a tous les papas !!! :
Lien vers www.sudinfo.be
Jean Van Hamme arrête Largo Winch. Le 20è, qui sort en fin d’année, est son dernier:
Lien vers focus.levif.be
Hé bien, c’est une surprise ! La situation a évolué rapidement, apparemment. JVH l’évoquait dans son autobiographie, mais ça ne semblait pas être pour tout de suite.
Les journalistes évoquent un désaccord avec Philippe Francq. Ce serait dommage, après toutes ces années. Il faudra lire l’article en entier pour se faire une idée.
Le XIII Mystery à paraître en 2018 pourrait donc bien être le dernier album scénarisé par Van Hamme.

Philippe Francq serein:
Lien vers www.actuabd.com
Ca canarde:
Lien vers www.20minutes.fr

Jean Van Hamme arrête Largo Winch. Le 20ème, qui sort en fin d’année, est son dernier:
Lien vers focus.levif.be
C’est très énervant d’avoir exactement le même communiqué de presse qui parait sur des dizaines de sites d’information. Là on peut dire que Casemate a réussi sa pub ! Mais à part changer la photo de Jean Van Hamme, reste-t-il réellement des journalistes capables de faire autre chose que du copier-coller ? 
Rhoooo, comment ça ragote dis donc
.

Ca déchire… J’aurais préféré que tout ça reste « en famille ».
Je me dis parfois, les auteurs/éditeurs vivent loin les uns des autres. Peut-être qu’ils ne se voient pas assez, que la distance n’aide pas toujours à maintenir de bons rapports.
Mais à part changer la photo de Jean Van Hamme, reste-t-il réellement des journalistes capables de faire autre chose que du copier-coller ?
D’autant que seules quelques paroles ont été extraites, d’un entretien de 4 pages. Je me méfie du hors-contexte (même si là les mots semblent être ce qu’ils sont).
Il y avait 3 lignes sur l’affaire dans mon journal local, et l’une des 3 lignes était consacrée à la « grosse tête ». Pour moi l’info c’est la fin de la collaboration entre les deux auteurs, pas le reste.
J’avoue que mon côté ragoteuse adore ce genre de trucs, je ne m’en cache pas. Il n’empêche que si on y pense froidement, c’est d’un goût franchement douteux. C’est quoi ces entretiens sur les relations qu’ils entretiennent entre eux ???
Ce qui importe maintenant, c’est de savoir ce qu’ils vont faire avec la série.
J’espère que le dessinateur sera capable de prendre la relève. N’est pas toujours scénariste qui veut. Pour example le cas Uderzo.
J’avais encore besoin de comprendre le point de vue de Philippe Francq sur cette histoire, donc voilà deux autres entretiens qu’il a accordés à la presse, avec des contenus assez proches, mais toutefois complémentaires :
Sachant que la décision est prise depuis le 1er novembre 2014, je suis surpris de la manière dont Jean Van Hamme a amené tout ça maintenant… acte délibéré ou coup de tête ?
Ces articles font du bien ! Le dessinateur désamorce bien la situation, même si malheureusement les quelques mots extraits de Casemate resteront les plus médiatiques de l’affaire.
La nouvelle reçue par mail a effectivement dû être difficile à encaisser. Mais le dessinateur a déjà du recul par rapport à son ressenti de l’époque, et le secret a été bien gardé.
Il nuance aussi ce qui avait été dit dans le précédent entretien, en ce qui concerne la succession. Il cherche une pointure en éco, c’est pour cela qu’il ne souhaite pas faire appel à un scénariste de BD. C’est quelque chose qui méritait d’être expliqué.
C’est aussi un peu un appel du pied, si un scénariste se sent fort sur le sujet, il peut tenter une approche, peut-être.
J’ajoute que les auteurs se sont revus depuis, peu après l’annonce du départ de Jean van Hamme, en fait, puisqu’un voyage à Londres avait marqué le début de la promotion du tome 19 l’an dernier, les 5 et 6 novembre 2014. Ils ont donc eu l’occasion de se dire ou de ne pas se dire ce qu’ils avaient à se dire.
Jean Van Hamme vient d’être (ou va être ?) anobli par le roi Philippe de Belgique.
Il est fait chevalier.
J’imagine que le titre est purement honorifique, mais voilà une récompense de plus pour le scénariste.
Il est devenu chevalier lors de la fête nationale belge, le 21 juillet 2015. C’est une distinction équivalente à la Légion d’honneur.
Un nouvel article sur et avec Jean Van Hamme, dans l’Obs ICI.
Je ne sais pas si le portrait dressé est flatteur ou pas. Un peu des deux, peut-être, tout dépend du point de vue.
Un portrait relativement honnête à mon avis
. Personne n’est parfait, personne n’est un monstre. Moi j’aime bien cet article.
Je pense d’ailleurs que ce que Van Hamme laisse transparaître de lui-même est honnête également. Businessman, artisan, oui…
Et pourquoi pas, il en faut. Pour moi il est de ces gens qui font du blockbuster de qualité
. Et non, ce n’est pas quelque chose de facile à faire. Du tout.
Je trouve tout de même l’article quelque peu réducteur. Certes, s’il existe un auteur de BD qui a toujours réussi à écrire des scénarios divertissants à défaut d’être à chaque fois innovants pour ses différentes séries, c’est bel et bien Jean Van Hamme. Ainsi, à titre personnel, même ses épisodes les plus décriés de Thorgal ou XIII ne m’ont au moins jamais ennuyé. Toutefois, plusieurs albums signés par le scénaristes vont au-delà du simple divertissement sans âme, ne serait-ce que dans la série Thorgal avec des titres tels que Au-delà des ombres, Alinoë, ou encore La Marque des bannis, ou certains one-shot à l’image de Le grand pouvoir du Chninkel qui dépeignent un univers glacial et très loin du manichéisme que le journaliste de l’article semble attribuer de manière générale à l’ensemble de l’oeuvre de Van Hamme. Par ailleurs, ces mêmes albums dénotent d’une voix et d’une sensibilité particulière qui, à mon sens, font de Van Hamme un artiste à part entière.
J’ai souvent l’impression, en lisant des interviews de Jean Van Hamme, qu’il minimise beaucoup l’importance de son œuvre, en apparence du moins. Il dit souvent des choses comme « J’ai fait le boulot » ou « ce n’est que de la BD populaire ». Mais à côté il aime bien manier les chiffres de vente.
Est-ce qu’il passe des messages dans ces entretiens ? A qui sont-ils adressés ?
Est-ce qu’il a été beaucoup critiqué ? A une époque, peut-être ? Pas par ses lecteurs d’aujourd’hui, en tout cas, ou alors par une minorité.
Je suis persuadé qu’en réalité il s’est passionné pour son travail et qu’il a été énormément fier de beaucoup des albums réalisés. Pour moi les chiffres exposés sont un reflet de cette fierté légitime.
Mon autre impression, comme tu dis Joe Black en parlant d’article réducteur, c’est que les journalistes qui l’ont interrogé ces derniers temps sélectionnent les thèmes dont ils veulent parler. A la lecture de son autobiographie, mon sentiment général était bien éloigné de ce que j’ai pu lire dans des articles qui avaient sélectionné les « bonnes feuilles ».
J’ai également lu son autobiographie et je suis d’accord avec toi.
J’ai trouvé qu’il avait pris beaucoup de recul vis à vis de son « œuvre » et de son métier.
Il n’hésitait pas à reconnaitre que certains albums étaient moins bons que d’autres…
Je crois qu’il a souffert d’un manque de reconnaissance de la profession peut-être à cause de son succès et de la jalousie de certains…
Voici un entretien court mais incisif, sur le site de L’Orient – Le Jour.
Les conteurs d’histoire n’arrêtent jamais
Jean Van Hamme était au Liban le mois dernier.
Le journaliste réussit à faire parler l’auteur sur la BD. Les BD d’aujourd’hui, celles de VH. On y apprend que Griffo et Desberg vont reprendre SOS Bonheur, courte et excellente série en 3 volumes des années 80 ! Je ne savais pas, je suis curieux de voir ça.
Van Hamme parle aussi de sa nouvelle collaboration avec Christophe Simon. Ils ont fait ensemble un Corentin (voir ICI), il y aura bientôt Kivu (voir LA).
Il n’est manifestement pas très emballé par la reprise de Thorgal et XIII, depuis son départ. Il pointe du doigt la baisse des ventes. Mais mais mais par contre, à la fin, il parle de Thorgal, ou plutôt du projet de série/film sur Thorgal, et voilà ce qu’il en dit :
Jean Van Hamme :
Thorgal, c’est le balai que tout le monde se repasse. Je ne sais pas du tout où cela en est. Maintenant, si on me demande de participer au scénario, je le ferai et avec plaisir. Mais, pour le moment… rien n’est très sûr.
Alors, on peut lire le passage entier, c’est déjà bien, mais imagine qu’un train à vapeur passe pile à ce moment-là et occulte certains mots, ça donne ça :
– Thorgal, [tchou-tchou] si on me demande de participer au scénario, je le ferai et avec plaisir. [tchou-tchou]

pas très emballé tu m’étonnes …
Les derniers Thorgal sont complètement à côté de la plaque.
Là j’ai beau faire tchoutchou il y a toujours Les derniers Thorgal sont complètement à côté de la plaque.

Et en faisant « tchou tchou » comme ça, ils sont moins à côté de la plaque ? 

Les derniers [tchoufff-tchouffff] sont complètement à côté de la [tchoufff-tchouffff] .
ah ben oui lá c’est mieux dis-donc, il parlait des schtroumfs en fait !
Je n’ai pas vu cette vidéo dans le forum, alors je vous la mets ici.
C’était pour les 30 ans de XIII en 2014.
Van Hamme était invité sur TV5monde.
Une expo-vente est organisée actuellement par la galerie Daniel Maghen à Paris. Elle reprend 200 originaux de la carrière de William Vance, dont bien sûr des planches de XIII. A cette occasion, Jean Van Hamme est venu à la rencontre des journalistes.

Source photo : Lien vers www.bdgest.com
Voici son interview en radio sur Europe 1 dans l’émission Social Club du 26 octobre :
On peut y entendre Jean Van Hamme parler de ses différentes séries et collaborateurs dans la séquence entre 3’50 et 15’10.
Une autre interview a été réalisée par Didier Pasamonik pour Actua BD. Voici un extrait avec quelques questions concernant la collaboration entre Van Hamme et Vance :
Du dessin de William Vance, vous aviez émis cette formule un peu vacharde : « Il ne dessine que des faces et des profils, jamais de trois-quarts… »
Ce n’était pas moi qui l’avait inventée, j’ai dû lire ça quelque part… Mais c’est exact (rires), ce qui n’enlève pas grand-chose à l’efficacité de son trait.
Est-ce que la bande dessinée n’est pas justement cet art pauvre dont les moyens sont limités ?
Oui. On n’a déjà pas le son, on n’a pas le ralenti. On est donc déjà un peu déforcés par rapport au cinéma. Il y a certains effets que l’on ne peut pas assumer. Peu de dessinateurs peuvent traduire des éléments de scénario comme « On pouvait lire dans son regard toute l’amertume qu’il avait accumulée depuis vingt ans… »
Tout l’art n’est-il pas de suppléer à ces manques ? Comment Vance s’en sort-il ?
Il y a deux choses très fortes chez lui. Le décor d’abord. Il est un extraordinaire décoriste, alors que beaucoup de dessinateurs s’en soucient peu ou le délèguent à un assistant. Dans XIII, par exemple, il a vraiment un décor qui frappe, et plus on est dans un quartier où les maisons sont croulantes, dégueulasses, ou dans une maison de passe où les femmes sont affriolantes, plus c’est réussi.
Ses personnages féminins sont vraiment superbes. Il parvient vraiment à les faire exister, plus facilement encore que le personnage principal qui est moins intéressant, c’est une sorte de Tintin. De Bob Morane en passant par Bruno Brazil jusqu’à XIII, c’est un formidable illustrateur. Le mouvement est parfois un peu raide mais, quand il le sait, le scénariste favorise toujours ce que le dessinateur sait bien faire. Je travaille comme cela avec tous mes co-auteurs. Ils ont en commun d’être incapables de dessiner un bébé, mais les peintres du XVe siècle ne le savent pas davantage ! Quand il s’agit de dessiner un baiser, William n’est pas terrible à ce niveau-là. Les scènes de lit, les scènes d’affection avec Jones ou une autre manquent un peu de chaleur.
En même temps, XIII n’est pas très à l’aise avec les femmes. Est-ce le dessin qui a dicté cet infléchissement ?
Peut-être. Mais c’est surtout parce que cela n’amuse pas William. Donnez-lui une scène de bagarre entre militaires et ce sera parfait.

Toujours en lien avec l’exposition XIII qui se tient à Paris jusqu’au 18 novembre, une autre interview de Jean Van Hamme est présentée sur BFM TV . Van Hamme y donne pas mal d’anecdotes sur les personnages de XIII. En voici des extraits :
Est-ce vrai que le personnage de XIII devait s’appeler Cobra au début ?
Oui et non. Encore une fois, il faut remettre les informations à leur place. J’étais un auteur attitré du Journal de Tintin, c’est-à-dire des éditions du Lombard. Le directeur éditorial, Guy Leblanc, voulait créer un magazine pour un public plus âgé, Cobra. Il voulait que le personnage s’appelle comme ça. Il avait lu une esquisse de synopsis de XIII, pas grand-chose, parce que je ne savais pas où j’allais. J’ai attendu six, sept mois – tout en écrivant le scénario. Ce projet ne s’est jamais fait et j’ai signé avec Dargaud.
Vous aviez un acteur en tête pour XIII ? On sait, par exemple, que le personnage de Carrington ressemble à Lee Marvin…
Vous savez… c’est de la flemme de ma part. Plutôt que de décrire Carrington, j’ai écrit dans le scénario : « un homme buriné, dans le genre de Lee Marvin ». Alors William n’a pas hésité et a repris Lee Marvin. XIII, à part sa tempe blanche, n’a pas vraiment de caractéristiques.
Thorgal est le premier père de famille de la BD franco-belge. XIII, comme Tintin, est un personnage lisse, neutre…
Non, non. XIII est un personnage égocentrique. Il ne s’occupe pas de la veuve et de l’orphelin. Il ne se préoccupe que d’une chose : savoir s’il est coupable de ce dont on l’accuse et retrouver sa mémoire qu’il ne retrouvera jamais. A moins qu’Yves Sente, qui a pris la suite, décide qu’il la retrouve partiellement. Mais, ça, ce n’est plus mon problème.
Comment est née Jones, rare personnage de femme noire dans la BD franco-belge ?
Mon idée était de jouer avec les névroses américaines. L’une d’elles est le racisme. Je m’étais dit qu’il y aurait moyen de tirer parti de ce racisme ordinaire. D’après ce que Vance a dit dans une interview, il s’est rendu compte après qu’il s’était inspiré de Whitney Houston ! Il dit l’avoir fait inconsciemment. Ça me va très bien. Les rapports de XIII et de Jones sont pour le moins ambigus. Est-elle amoureuse de lui ? Oui, d’une certaine manière. Est-il amoureux d’elle ? C’est plus discutable. Jones et Carrington donnent un peu d’épaisseur à ce brave XIII.
Voici deux interviews plus anciennes de Jean Van Hamme en vidéo, qui ne sont pas liées à un évènement en particulier.
La première date des premières années de Thorgal. Elle a en effet été réalisée en 1982 par la télévision belge qui numérise progressivement ses archives avec la Sonuma et les partage au grand public. Cette interview réalisée sur un mode intimiste ne dure que 5’39. Van Hamme y parle un peu de Thorgal, mais aussi de tous ses autres projets hors du monde de la bande dessinée. Il faut cliquer sur le lien pour accéder au site et à la vidéo :

La seconde vidéo est beaucoup plus récente, mais aussi bien plus longue. Ici, il vaut mieux s’installer pour l’écouter durant les 33’25 de l’interview réalisée à Paris en 2014 par Planète BD. Arrivé cette fois à la fin de sa carrière de scénariste, Jean Van Hamme revient sur ses différentes séries et leur évolution qui ne va pas nécessairement dans la direction qu’il aurait choisie. Ses réponses sont directes, tout à fait dans le style qu’on lui connaît. 
Un passionné de BD, Marc Guislain, a dressé l’inventaire des œuvres de Jean Van Hamme sur son site BDcouvertes. On y trouve une page exhaustive et illustrée des différentes réalisations de l’auteur :

A titre personnel, les oeuvres (enfin les BDs puisque je n’ai pas lu d’autres livres de lui) dont le scénario m’a le plus marqué c’est :
– les Maîtres de l’Orge
– Western
– Lune de Guerre
Indépendamment du fait que j’ai énormément aimé la quasi-totalité des autres BDs, mais ces 3 scénarios peut-être un peu plus.
« Bonté Divine ! » a réalisé en 1984 une interview de Jean Van Hamme. Ce fanzine de BD est paru entre 1983 à 1987 à Genève. Un fanzine, c’est un magazine édité en amateur par des fans de BD. Celui-ci a été tapé à la machine à écrire, ce qui ne l’empêche pas d’être complété par des illustrations sympas, et surtout, il reflète l’ambiance des premières années de Thorgal.
Ce numéro réunit les deux auteurs après la sortie de « La chute de Brek Zarith », et au moment où « L’enfant des étoiles » est en pleine préparation. C’était au temps où 2 albums de Thorgal sortaient par an, comme c’est le cas à présent avec Yann et Roman Surzhenko dans les Mondes. Pour son sixième album, Thorgal n’a été édité qu’à 23 000 exemplaires, alors qu’il occupe la première place au référendum du magazine Tintin.
L’entretien avec Jean Van Hamme est présenté ici, tandis que celui avec Grzegorz Rosinski se retrouve dans la partie du forum qui lui est consacrée. Van Hamme explique notamment ses relations contractuelles avec les éditeurs, avant déjà de regretter une certaine évolution de la BD toujours d’actualité aujourd’hui, avec son expression prémonitoire « En ces temps troublés où les bons scénaristes deviennent rares » !
Je remercie la Fanzinothèque de Poitiers qui m’a gracieusement transmis la copie de ce numéro de Bonté Divine. Pour ne pas encombrer ce sujet-ci avec les 14 pages de l’interview, j’ai copié le tout dans un sujet à part :
Lien vers communaute-thorgal.com

Je viens de regarder l’émission « C’est du Belge » sur la RTBF. L’émission se déroule à la BRAFA, le salon des antiquaires de Belgique. On y retrouve un amateur d’art bien connu, Jean Van Hamme. Vous pouvez revoir cette émission sur RTBF Auvio : La Brafa de Jean Van Hamme (durée : 5min25). Jean y a toujours bon pied bon œil.

Je viens de regarder l’émission « C’est du Belge » sur la RTBF. L’émission se déroule à la BRAFA, le salon des antiquaires de Belgique. On y retrouve un amateur d’art bien connu, Jean Van Hamme. Vous pouvez revoir cette émission sur RTBF Auvio : La Brafa de Jean Van Hamme (durée : 5min25). Jean y a toujours bon pied bon œil.

On retrouve cette semaine Jean Van Hamme en télé, toujours dans l’émission « C’est du Belge » . Cette émission est accessible depuis toute l’Europe en s’inscrivant simplement sur le site Auvio de la TV belge. Alors étudiant, Jean Van Hamme raconte sa participation à l’exposition universelle qui s’est tenue à Bruxelles en 1958 et qui a profondément marqué les Belges. On peut écouter Jean en suivant ce lien : Expo 58 (de la 10e à la 12e minute).

L’Enfant des Étoiles est une association belge qui monte depuis 20 ans des comédies musicales avec des jeunes, dans un but didactique et philanthropique. A la base, le nom de l’association ne vient pas de Thorgal, mais de l’histoire du Petit Prince de Saint-Exupéry qui a inspiré le premier spectacle en 1997.
Mais cette fois, c’est bien Thorgal qui sera au cœur du nouveau spectacle monté par la troupe en 2018, avec bien sûr l’accord des auteurs et éditeur. Voici d’ailleurs une petite vidéo de soutien de Jean Van Hamme à la comédie musicale qui se prépare sur base de l’histoire d’ « Arachnéa » .
Une autre vidéo présente la première réunion des participants au spectacle de Thorgal.
On peut retrouver toutes les infos à propos de l’association L’Enfant des Étoiles sur leur site : Lien vers www.lenfantdesetoiles.com

Belle trouvaille et vachte… l’interview de VH est touchante.
Dans la vidéo vue plus haut, Jean Van Hamme s’exprimait avec enthousiasme sur le spectacle monté par la troupe L’enfant des étoiles. En fait, l’interview ne s’arrêtait pas là. Voilà l’intervention plus complète de l’auteur qui revient sur les origines de Thorgal (durée 12 min.).
Voilà une courte émission (6 min.) assez surprenante, tournée en 1988 par la télé belge dans « Cargo de nuit ». On y découvre Grzegorz Rosinski qui part à la recherche de son scénario de Thorgal. Pour cela, il suit une piste où il doit retrouver les cassettes d’interview de Jean Van Hamme, avant d’enfin le rencontrer au bout de la piste pour recevoir son scénario. Un vrai polar comme on n’en fait plus ! 
Source : Lien vers www.sonuma.be
Merci pour ces liens, VH ne se prend pas trop la tête, j’aime bien. Mon scénariste préfèré !
Mais bon tout de même quand je lis ça à propos de la reprise de Largo Winch :
« Je ne demande qu’une chose, que la série continue brillamment. Ce serait dommage qu’elle tombe en quenouille, comme certaines autres… » Paris Match 2017
Suivez mon regard …. 
Et finalement je ne suis pas d’accord avec lui quand il dit que le personnage surpasse l’auteur, je suis plutôt d’accord avec Hergé en fait. C’est un retour d’expérience.
Les éditeurs devraient laisser tranquille les grandes séries, arrêter de leur sucer le sang mais publier de belles intégrales, ou versions luxe pour les fans, et publier les nouveaux talents pour de nouvelles grandes séries.
Je viens de lire l’interview de Jean Van Hamme sur BFMTV…
J’aime bien quand il dit « Les reprises de Thorgal sont en dessous de tout… » 
Jean Van Hamme s’est prêté à la dictée organisée par Le Figaro et a répondu par la même occasion aux questions des journalistes.

LE FIGARO. – Quel écolier étiez-vous ?
Jean VAN HAMME. – À l’école primaire, ça se passait plutôt bien. Il y avait des filles alors c’était agréable. J’étais moyennement bon partout sauf en dessin, où j’étais nul, et en jardinage. C’est une matière qui peut sembler spéciale. Mais à l’école Decroly, les élèves suivaient un enseignement un peu différent de l’enseignement traditionnel. Je me souviens que l’on avait tous reçu un mètre carré pour planter des choux. Et, j’étais le seul dont le carré était resté résolument vierge… Hormis ce détail, je me rappelle avoir écrit la pièce de fin d’année de ma classe. Et même, avoir joué le rôle principal ! Je me suis dit que je pourrais devenir un grand acteur mais comme j’ai une voix qui ne porte pas très loin, j’ai changé d’avis.
En secondaire, j’étais plutôt bon en sciences, en maths, en français, en flamand, en gym, en histoire mais nul en latin. J’étais bon mais je ne me fatiguais pas trop. Quand j’ai eu 15 ans, mon père m’a appris à reproduire sa signature. Il m’a dit : « Tu te débrouilles, tu signes tes bulletins, tout ce que je te demande, c’est de ne pas redoubler. »
Qu’en est-il de l’orthographe ? Craigniez-vous la dictée ou aimiez-vous, au contraire, l’exercice ?
L’orthographe française est quelque chose d’assez compliquée. Le pire, selon moi, c’est le redoublement des consonnes. Quand faut-il mettre deux « n » ou deux « m » ? Et au verbe « attraper » ? Deux « t », deux « p » ? Quand on écrit à la main, c’est instinctif mais malgré tout, ce redoublement des consonnes est un casse-tête. Quand j’écris des dialogues et des descriptifs en BD, je m’efforce de ne pas faire de fautes d’orthographe. Mais c’est compliqué.
Quand êtes-vous tombé dans la marmite de la bande dessinée et de la littérature ?
Quand j’avais 4 ans, l’auteur qui avait ma préférence était Hergé, celui de Tintin. Comme tous les Belges, je prétends avoir appris à lire avec lui, mais c’est évidemment faux. Mon père avait une immense bibliothèque et j’y picorais ce qui était à ma portée. Mais au-delà de cela, je me souviens qu’il y avait un loueur de livres à côté de chez nous, à Bruxelles. Pour un franc belge, on pouvait emprunter des livres.
J’ai lu des auteurs d’aventures anglophones : Fenimore Cooper, Jack London, John Buchan, etc. Mais aussi des auteurs français. J’ai dévoré Les Rougon-Macquart de Zola, Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, Le Comte de Monte-Cristo de Dumas et Les Trois mousquetaires, que j’ai lu au moins trois fois.
Sur quel support écrivez-vous aujourd’hui ?
J’ai longtemps écrit sur la machine à écrire. Mais ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, j’écris à la main. C’est à mon sens, plus agréable que l’ordinateur. Mais quand je suis content du résultat, je le tape à la machine et cela passe ensuite au traitement de texte.
Vous ne faites donc plus de fautes ?
Non, je fais encore des fautes d’orthographe. Quand ma femme relit mes scénarios, elle repère des erreurs de frappe ou des erreurs bêtes. Cela m’arrive par distraction. Mais quand vous relisez votre propre texte, comme vous le connaissez presque par cœur, des fautes peuvent vous échapper.
Source : Le Figaro
Jean Van Hamme est actuellement très sollicité dans la presse suite à la sortie de son album Kivu. Voici une interview parue hier dans le journal Le Parisien.

Jean Van Hamme sort de sa retraite : « L’envie est toujours là »
Le Parisien. C’est déjà fini la retraite ?
Jean Van Hamme. Disons que je suis en semi-retraite. J’ai arrêté mes séries principales pour être plus disponible, ne plus être obligé à la régularité. Je voulais aussi avoir plus de temps pour voyager et me consacrer à l’écriture d’une pièce de théâtre. Mais l’envie de raconter des histoires est toujours là…
Pourquoi un album sur la situation au Congo ?
J’ai rencontré le docteur Cadière, un chirurgien belge, par une connaissance commune. Il va régulièrement là-bas pour aider le docteur Mukwege, surnommé « l’homme qui répare les femmes », à opérer les patientes victimes des viols et violences des bandes armées. C’est lui qui m’a suggéré de faire une BD… On ne parle jamais des atrocités et de la corruption scandaleuse au Congo…
Et votre pièce de théâtre ?
Elle est écrite… mais elle n’a pas trouvé preneur. Je l’ai envoyé aux directeurs de théâtre en Belgique. Personne n’a eu la politesse de me répondre. J’ai une petite ouverture en France, alors j’espère. J’ai une idée pour une nouvelle pièce, mais il faudrait déjà que celle-ci soit prise.
D’autres projets en BD ?
Oui. Je suis visiblement mieux accueilli dans ce milieu (rire…). J’ai écrit le 13e et dernier tome de « XIII Mystery » qui doit sortir en octobre. Ainsi qu’une sorte de suite du tome 13 de XIII, prévue au même moment. Enfin, j’ai écrit un « Blake et Mortimer », mais il ne devrait pas paraître avant 2020.
Pas mal pour un retraité…
Si je trouve une bonne idée, ou si on m’en donne une, je suis toujours prêt ! Je suis à louer… (rires). J’aimerais bien créer un nouveau personnage comme Largo Winch, un prince des temps moderne…
Une nouvelle série alors ?
Oh, à 79 ans, je n’en ferais sans doute que les 2 ou 3 premiers tomes…. et puis ce sont les projets qui font votre âge !
Source : Le Parisien
N’empêche, je serais curieux de savoir ce qu’il pense de l’arrêt de Rosinski et de la future situation que va vivre la série Thorgal. Je sais qu’il avait pas été tendre avec ses successeurs, donc je suppose qu’il s’en moque un peu, mais j’aimerais bien qu’un journaliste ose lui poser la question juste pour voir… 
Très beau portrait de Jean Van Hamme par Joel Saget, photographe à l’AFP.

Merci, grand merci Tjahzi, pour cette succession de perles piochées un peu partout sur Internet.
Si vous aimez Jean, vous serez aussi sûrement intéressés par le nouveau Casemate, dont le même Tjahzi nous parle dans le sujet de XIII Mystery.

Tjahzi a écrit
L’album consacré à Judith Warner est présenté dans le magazine Casemate qui vient de sortir. On y retrouve aussi un supplément consacré à l’aventure des XIII Mystery.
Cahier spécial XIII Mystery #13 • 32 pages
Clap de fin pour XIII Mystery ! À l’occasion du treizième tome consacré à la pharmacienne Judith Warner, Van Hamme revient sur chacune des douze histoires précédentes (+9 planches commentées par Grenson).

Si vous recherchez actuellement l’actualité de Jean Van Hamme sur le net, vous le retrouverez sur tous les sites d’infos. En cause, son album Kivu qui est là pour remuer les consciences et regarder nos téléphones autrement. Voici deux nouvelles façons de l’écouter :
– Sur France Inter dans l’émission radio Par Jupiter ! (50 minutes) :
– Sur France 24 dans l’émission vidéo A l’affiche ! (12 minutes 30) :
Le scénariste belge Jean Van Hamme se confie chez lui à Sainte-Maxime

Tjahzi a écrit
Le scénariste belge Jean Van Hamme se confie chez lui à Sainte-Maxime
Purée ! ces confidences sont courtes, efficaces et bien envoyées. Merci du partage.
Voilà, voilà.
Thorgal était très personnel pour moi et il faut vraiment avoir la mentalité du conte qu’apparemment ils n’ont plus. «
Je me suis souvent demandée si VH avait, ou avait eu, un quelconque lien d’attachement avec l’œuvre Thorgal, comme il semblait avoir avec XIII, c’est bien j’ai ma réponse.
Il me semble que je n’aurais pas supporté qu’on sabote mon boulot perso comme ça. Mais peut-être qu’avec beaucoup d’argent on prend plus facilement du recul dans la vie.
Encore un entretien avec Jean Van Hamme sur Midi Libre pour la sortie de Kivu :
Je vous copie ici la partie de l’interview qui ne parle justement pas de Kivu. 
Le patron de la BD Jean Van Hamme : « Je deviens un scénariste ouvert »
» Pour un scénariste que l’on pensait à la retraite, vous avez une actualité d’une richesse que peu de vos confrères en activité connaissent ?
Trois albums sortent presque simultanément. C’est une coïncidence, due au rythme de travail des dessinateurs.
[…]
Autre volet de votre actualité, le 13e album de la série XIII Mystery, dédiée aux personnages secondaires de XIII…
Oui, je boucle l’opération XIII Mystery, avec le treizième et ultime album, avec le personnage que je m’étais gardé. J’avais dit dès le départ que j’écrirai un album, le dernier. On clôture une chouette aventure. En bonne marieuse, j’ai créé treize couples. L’un des critères était que je choisissais les scénaristes, chacun d’eux se choisissant un dessinateur avec lequel il n’avait jamais travaillé.
Êtes-vous beaucoup intervenu sur chacun ou certains de ces albums ?
Je ne me suis occupé que des scénarios, je ne suis pas intervenu dans le dessin. Pour certains parmi les plus jeunes, j’ai pu les réorienter, non pas sur leurs idées, mais dans la manière de structurer leur histoire. J’y suis très attaché, car selon la manière dont vous les découpez en séquences, vous avez parfois des histoires complètement différentes. C’est ce que l’on appelle la gestion de l’information, du lecteur et des protagonistes. Le lecteur doit toujours être soit en avance, soit en savoir au moins autant que les personnages.
Pourquoi vous êtes-vous réservé ce personnage-là, de la série XIII ?
Judith Warner ! Parce que c’est une femme libre et indépendante, autonome. Et seule. Et là, pour la première fois, elle tombe amoureuse. D’une femme. Et dans mon scénario, je trouvais intéressant ce changement incessant d’emprise de l’une sur l’autre.
Cet album aussi entre en résonance avec des problématiques actuelles. Dès la première scène et un de vos personnages féminins est harcelé par un gros porc. On ne peut pas ne pas penser à l’affaire Weinstein, même si l’album a été écrit avant qu’elle n’éclate…
Et encore, dans une première version, j’avais mis un autre dialogue. Le directeur éditorial, qui ose rarement me faire une remarque, l’avait trouvé un peu rude. Je l’ai écouté. Comme quoi je sais écouter les critiques.
Dernier élément de votre actualité, le deuxième volet de “XIII L’enquête” paraît le 30 novembre
Oui, sur le même principe que le premier, qui couvrait les albums 1 à 12. Comme il y en a eu sept autres, on a fait cette deuxième partie (on y trouve les albums décortiqués, des portraits de personnages, etc., NDLR).
Le chapitre XIII est définitivement bouclé ?
(Sur un ton ferme) Pour moi, oui. Il y a un autre cycle, par Sente et Jigounov. L’éditeur me demande bien de faire un truc sur un personnage secondaire, ou autre, mais je refuse, je ne m’accroche pas. On m’a demandé la même chose pour Thorgal, j’ai aussi dit non, je ne tiens pas à être taxé de profiteur de mes propres personnages.
Largo Winch c’est terminé aussi ?
(Sur un ton sec) Oui, la complicité avec le dessinateur Philippe Francq (qui vit dans l’Hérault, vers Pézenas, NDLR) ne fonctionnait plus. Thorgal, j’ai fait 29 albums et je trouvais les derniers pas très bons, j’étais un peu usé par le personnage. XIII c’était un peu pareil, quelque part c’était fini pour moi. Ce qui me motive, c’est trouver de bonnes idées. Donc je vais faire encore un ou deux one shots (album avec une histoire bouclée sur elle-même, NDLR), voilà…
Des projets ?
Non. J’ai fait un dernier album de la série Wayne Shelton, je n’en écrirai pas d’autre. J’ai envie de me sentir disponible pour des sujets peut-être différents de ce que je fais d’habitude. Je deviens un scénariste ouvert. J’ai aussi écrit un Blake et Mortimer, Le dernier Espadon, il sortira en 2020, il se passe peu après Le secret de l’Espadon.
Vous stoppez trois séries. Cela préfigure-t-il la fin d’un modèle ?
Oui ! On est passé de 600 BD à 5 000 parues par an. Le chiffre d’affaires a encore augmenté mais le gâteau se partage entre 10 000 auteurs désormais, conre 1 000 auparavant. La guerre est rude. Donc les éditeurs ne s’engagent plus à programmer une série. Dorénavant, ils vous demandent de faire un premier album. Si le public a l’air de suivre on en fait un second. Et s’il se vend un peu mieux que le premier, on peut en faire une série. Un éditeur n’accepte plus une série d’emblée.
Vous lisez encore des BD ?
Non très peu. J’ai fait partie d’un jury, j’en recevais 120 par an, 100 me tombaient des mains. Adaptations de romans, vie de Victor Hugo, adaptations de morceaux d’histoires vraies… des trucs qui ne m’intéressaient pas du tout. Moi, j’aime l’évasion. Mais ces trucs épais de 400 pages avec un dessin bâclé en noir et blanc, pffff…
Vous avez écrit une pièce de théâtre et…
(Il coupe)… que j’ai envoyée à plusieurs directeurs de théâtre de Paris et de Bruxelles, il y a six mois. Et je n’ai reçu… aucune réponse, rien, pas même un accusé de réception. Voilà, c’est tout. Un éditeur, Gallimard, mettons, reçoit 200 manuscrits par mois, d’accord, mais un directeur de théâtre en Belgique ne reçoit pas 200 projets quand même ! Donc c’est nulle part… Si encore on me disait pourquoi on ne me la prend pas, ça m’aiderait à me perfectionner, à m’adapter. mais là, zéro. Et pourtant, je ne suis pas tout à fait un inconnu. «
V. Coste sur Midi Libre
Pour France TV Info, Jean Van Hamme revient sur ses premières années.

Le Belge Jean Van Hamme fait partie des auteurs incontournables dans le monde de la BD. Il est adulé pour ses scénarios. Ce raconteur d’histoires a créé plusieurs séries qui marchent très fort comme Thorgal, Largo Winch ou encore XIII. Cette série XIII devenue XIII Mystery chez Dargaud vient de donner naissance à un petit dernier signé Jean Van Hamme : Judith Warner. C’est l’un de ses personnages favoris qu’il avait mis en scène dans Le dossier de Jason Fly et Dans la nuit du 3 août. Dans ce nouvel album, les femmes sont à l’honneur et tentent de reprendre leur destin en main.
Une enfance solitaire, plongée dans les bouquins
Jean Van Hamme réussit encore une fois à nous captiver. Il faut dire que très tôt et malgré divers métiers, son écriture pour les scénarios l’a toujours habitée. « Quand j’ai terminé mes études primaires, j’habitais Bruxelles centre-ville. Ma mère était morte quand j’avais deux ans et mon père ne s’est jamais remarié. Il a estimé que j’avais besoin d’un entourage un peu plus féminin. Nous sommes en 1950. Il m’a donc inscrit dans ce qu’on appelle un Athénée, que vous appelez un lycée, qui se trouve mais vraiment à l’autre bout de la ville mais qui était le seul qui était mixte, avec des filles, même si dans la cour de récréation on ne se mélangeait pas. Résultat : non seulement je me tapais huit kilomètres de retour à vélo, ce qui m’a fait de très beaux mollets mais je n’avais pas de copains qui vivaient près de chez moi. Donc j’étais un solitaire et le solitaire se réfugiait dans la lecture parce que j’adorais lire. Mon père avait une grande bibliothèque et tout près de chez nous, il y avait une boutique qui louait des livres pour un franc belge pour une semaine et je dévorais, dévorais, dévorais. Quand vous aimez lire des histoires, vous vous dites mais peut-être que j’aurais aussi envie d’en écrire. Et j’ai commencé à 15 ans à écrire des petites nouvelles très mauvaises mais juste pour m’exercer et ce goût est venu progressivement mais c’est resté un hobby. »
« J’ai fait comme les coureurs cyclistes, j’ai décidé de passer professionnel »
« Après j’ai fait une carrière commerciale, je dirais assez classique, dans des multinationales qui me faisaient voyager, ce que j’aimais bien. Et puis un beau jour je me suis dit : non, ce n’est pas possible. Je suis en train de me tromper de direction. Je vais devenir directeur général ou président directeur général, ça ne m’intéresse pas du tout. Je n’ai pas envie de faire partie du rotary ou autres trucs. J’ai envie de raconter des histoires. Je racontais déjà des histoires à ce moment-là, quand j’étais encore employé. Je reprenais en bande dessinée les personnages des autres. Et puis, j’ai fait comme les coureurs cyclistes, j’ai décidé de passer professionnel. Donc j’ai démissionné et je me suis lancé, en promettant à la femme de ma vie que je venais de rencontrer, l’année 1976 a été une grande année, que j’allais être riche et célèbre au bout de cinq ans. Au bout de cinq ans, elle a dit : et bien ? Quand est-ce que ça vient ? C’est pas encore là ? Et puis c’est venu un peu plus tard. »
« Je n’ai jamais douté une seule seconde »
Promesse tenue à sa femme mais on est amené à se demander si Jean Van Hamme a jamais douté. « Jamais. J’ai triché en disant à ma belle et tendre que j’allais être riche et célèbre. Ce que je voulais, c’était pouvoir vivre de mes histoires, point. Pas vivre luxueusement, je n’aime pas les voitures, je n’allais certainement pas m’acheter un voilier. Je crois que c’est après huit ans que je suis arrivé à dire là, maintenant, j’ai Thorgal qui marche bien, j’ai XIII qui démarre bien, là je vais pouvoir vivre de ma plume. Je ne demandais pas plus. Il se fait que le succès m’a rattrapé. Tant mieux. Maintenant on vole en business plutôt qu’en économique, c’est la seule différence finalement. »
Son premier personnage est un inédit, inventé pour ses fils
Thorgal, Largo Winch, XIII, XIII Mystery des scénarios et des personnages hauts en couleurs, au caractère bien trempé… Quel a été le premier personnage créé par Jean Van Hamme ? « Ashmet. Vous n’avez jamais entendu parler de ça. J’ai été très vite divorcé de mon premier mariage, le temps d’avoir deux fils que je voyais un week-end sur deux. Le soir pour les endormir, je leur racontais les histoires d’Ashmet, un jeune garçon qui vient du mythique Moyen-Orient, le Bagdad d’avant, et qui avait hérité d’un tapis volant. Avec ce tapis volant, il partait à travers le monde et rencontrait des personnages formidables que j’inventais au fur et à mesure. Donc c’était le premier personnage que j’ai créé et qui n’a jamais été mis en papier ni sur dessin. Mes fils, qui ont maintenant la cinquantaine bien sonnée s’en souvienne encore avec émotion. »
Source : France TV Info
Merci pour ces liens et ces entretiens.
Il a l’air effectivement particulièrement déçu par Thorgal… Flûte, c’est vraiment dommage. Mais je retiens surtout sa déception de ne pas voir son rêve de théâtre se réaliser.
Allez, ça va venir, j’en suis sûr.
Dans Actua BD, Jean Van Hamme parle du nouveau Blake & Mortimer qu’il scénarise : Le Dernier Espadon. Après le diptyque en cours avec Yves Sente (La Vallée des Immortels), il est en effet prévu que les deux dessinateurs hollandais Peter Van Dongen et Teun Berserik continuent sur leur lancée avec Jean Van Hamme. Plus d’infos ici :

Juste pour le plaisir d’écouter encore Jean Van Hamme… 
Il était L’Invité sur TV5 Monde (durée : 15 min).
Kriss de ValnorLa montagne du tempsTome 7Novembre 2017
Kriss de ValnorLe maître de justiceTome 8Octobre 2018
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Kriss de ValnorLe maître de justiceTome 8Octobre 2018
Jean a également participé à un long entretien pour la radio belge Classic 21 (durée : 45 min).
C’est à écouter ici : Lien vers www.rtbf.be
Le 25 décembre, j’ai posté en page d’accueil un article proposant un fabuleux voyage dans le passé.

Je précise que j’ai pu le faire grâce au travail de Tjahzi, qui a mis en ligne en juin dernier un lien vers cette incroyable vidéo. Elle est peut-être passée un peu inaperçue au milieu de la rafale de liens et vidéos postés par notre fureteur de luxe, mais pour ma part elle a été l’un de mes meilleurs moments thorgaliens en 2018.
Je l’avais mise de côté, tout exprès pour en faire un des petits événements de cette fin d’année. Voici une copie de l’article. Si vous aimez, les remerciements sont pour Tjahzi, pas pour moi. 
2018 s’achève… Un petit cadeau de Noël, ça vous tente ?
Nous remontons le temps ensemble, jusqu’en novembre 1988. Un nouvel album de Thorgal est en train de paraître en librairie. Il s’agit du dernier tome du cycle de Qâ, « Entre terre et lumière ». Quel voyage !
Grzegorz Rosinski travaille sur un nouvel album ambitieux, très différent par son thème et par son ambiance. Ce sera le mythique « Le maître des montagnes ». Il se retrouve alors confronté à un terrible problème de scénario, qui va l’entraîner dans une aventure étonnante à travers la Belgique des années 80.
Cette histoire vous est racontée dans une vidéo basée sur un entretien très intéressant réalisé auprès de Jean Van Hamme. Le scénariste dévoile en quelques mots choisis quelques-uns de ses secrets de conteur populaire. Ces secrets nous sont distillés peu à peu, grâce à l’enquête que réalise Rosinski. Le dessinateur trouve en divers endroits des cassettes audio qu’il écoute avec nous. Dans une ambiance polar accompagnée d’une musique inquiétante, ce reportage devient un court-métrage passionnant, culte.
Van Hamme y expose ce qui, pour lui, permet de réaliser une BD populaire. Avant tout, distraire et émouvoir. Accompagné par des images de Thorgal, mais aussi de XIII et S.O.S. Bonheur, deux autres séries qu’il réalise à l’époque, le scénariste nous parle des ellipses, des rapports entre la BD et le cinéma, de l’utilisation des clichés, et de l’évolution de la bande dessinée.
Si vous voulez voyager dans les jeunes années de nos auteurs, vous allez apprécier. Si vous voulez retrouver en quelques images et quelques mots l’ambiance et l’essence d’un Thorgal originel, vous allez aimer. Si vous avez envie de retrouver les voitures, les téléphones, les blousons et les bonnes vieilles cassettes des années 80, vous allez adorer.
1988-2018. 30 ans. On voyage ensemble ?
C’est à voir en cliquant ici.











Je n’avais jamais vu cette vidéo. C’est incroyable comme tout parait simple quand il le dit
! J’ai bien aimé la partie sur les clichés, il faut des clichés, des raccourcis pour pouvoir faire tenir une histoire dans un album. Mais il ne faut pas que l’histoire elle-même utilise des clichés présents dans les tiroirs de tous les scénaristes… Plus facile à dire qu’à faire tout de même. Le point fort de Van Hamme c’est sa capacité à concentrer un maximum d’éléments formant une histoire cohérente, à ne montrer que ce qui doit l’être. Je n’ai jamais cette sensation qu’il ‘en garde sous le coude, qu’il fait traîner en longueur en pensant à l’album suivant. Il utilise juste habilement des éléments des albums précédents. Chapeau l’artiste !
J’ai vu la vidéo… Je suis tellement admiratif de ces deux-là. Je bois leurs paroles, analyse leurs gestes,… 
Merci pour ce moment T-BD.
De passage au Salon du Livre de Genève, Jean Van Hamme a été interviewé dans l’émission Vertigo de la radio RTS. Cet entretien de 45 min. est à écouter ici :
Il a aussi répondu à une interview pour le quotidien 24 heures. Voici le contenu de cet entretien, toujours aussi cash avec JVH.
Jean Van Hamme: «J’ai divorcé de mes personnages»
Le créateur de «Thorgal», «XIII» et «Largo Winch» a arrêté ses séries à succès. De passage au Salon du livre, le scénariste aux bientôt 44 millions d’albums vendus s’explique.
Son père lui prédisait un brillant avenir d’ingénieur commercial. Lui-même s’imaginait romancier. Jean Van Hamme s’essaiera aux deux. Directeur chez Philips, il en démissionnera en 1976 pour se consacrer à l’écriture, lançant une série de bouquins à la SAS autour d’un héros nommé… Largo Winch. Succès très relatif, malgré d’évidentes qualités de narration. C’est avec la bande dessinée que la carrière de ce Bruxellois décolle. Décisive, la rencontre avec Grzegorz Rosinski va aboutir à la création de «Thorgal». Plus tard, il y aura «XIII», puis «Largo Winch», transposé avec succès en BD. Et tant d’autres, des one-shots mémorables («Histoire sans héros», «Le grand pouvoir du Chninkel», «Kivu») au scénario de «Diva» pour Beineix, en passant par les séries «Les maîtres de l’orge», «Wayne Shelton» et «Lady S». Sans oublier la reprise de «Blake et Mortimer».
Entré dans «Le Petit Larousse» en 2013, Van Hamme a signé les histoires des plus grands succès de la BD franco-belge de ces trente dernières années. À 80 ans, l’homme aux bientôt 44 millions d’albums vendus a désormais pris de la distance avec la plupart de ses créations. Pour autant, l’imaginaire de ce grand voyageur reste vif. «Ce n’est pas le besoin d’écrire qui me pousse, mais le désir de raconter une histoire. J’aime créer des personnages, leur inventer un passé, façonner leurs caractères», explique-t-il dans les coulisses du Salon du livre.

Pourquoi avez-vous renoncé à vos best-sellers?
Pour différentes raisons. Lorsque vous devez imaginer chaque année un «Thorgal», un «XIII» et un «Largo Winch», cela devient un peu routinier quelque part. Le côté régulier et obligatoire induit un risque de lassitude. Je suis content d’avoir stoppé ces séries en plein succès. C’est quand même mieux que d’arrêter parce que l’on ne veut plus de vous.
Existe-t-il un moment inévitable où toute série s’essouffle? Vous avez éprouvé ce sentiment?
«XIII» était une saga. Elle devait comporter une fin. Je suis arrivé à ma conclusion. Yves Sente, qui a repris le flambeau, a rebondi dans une autre direction. «Thorgal», qui vit dans une espèce de VIe siècle hypothétique, ne peut pas se déplacer facilement. Au bout d’un certain temps, j’en ai eu assez de ce personnage. En ce qui concerne «Largo Winch», un désaccord avec le dessinateur Philippe Francq fait que j’ai préféré arrêter. Il y a bien des gens qui divorcent. Moi, j’ai divorcé de mes personnages parce qu’ils commençaient à m’ennuyer. Je tournais en rond.
Vous suivez ce que font vos successeurs?
On m’envoie un exemplaire des nouveaux albums. Dans «Thorgal», je suis complètement perdu. Je ne m’y reconnais pas. 25 000 personnages s’entrechoquent, c’est complètement fouillis. Manifestement, les nouveaux auteurs n’ont pas capté l’esprit de «Thorgal». Dans le cas de «XIII», je trouve que le cycle du Mayflower (ndlr: entamé par Yves Sente en 2011) commence à tirer en longueur. Quant à «Largo Winch», je n’ai pas compris grand-chose à la nouvelle histoire. Le dessinateur a incité le scénariste à revenir au vrai métier de Largo Winch, la gestion de l’argent. Résultat plombant.
Vous conservez un droit de regard sur vos anciennes séries?
J’ai conservé ce qu’on appelle le droit moral. Vous pouvez l’exercer – et je l’ai fait une fois – si vous pensez que l’on déforme complètement la nature de votre personnage. En l’occurrence, Yves Sente m’avait aimablement soumis un scénario de «XIII». À la lecture de celui-ci, j’ai constaté qu’il avait l’intention de faire couper une des mains de Jones (ndlr: une des héroïnes de la série) par un malfrat. Or, ce personnage pilote des avions. Je lui ai fait remarquer que si on lui tranchait une de ses mains, elle ne pourrait plus jamais piloter. Il m’a expliqué qu’il voulait un moment d’émotion. D’accord, mais pas comme ça! Je suis intervenu en lui disant: «Tu lui casses les doigts, mais tu ne lui coupes pas la main!»
Si vous avez tourné le dos à plusieurs héros fameux, il en est deux auxquels vous n’avez pas renoncé: Blake et Mortimer…
Je m’amuse comme un petit fou quand j’écris que Mortimer assomme le méchant avec une pantoufle de 45 grammes. C’est complètement idiot et je le sais, mais cela fait partie du jeu. Mon dernier «Blake et Mortimer» est écrit. Il aura pour titre «Le dernier Espadon». Parution attendue en 2020.
On murmure que nos deux héros vont s’opposer pour des raisons politiques…
Ils ne s’opposent pas, mais je remets certaines choses à leur place. En fait, ils exercent tous les deux un sale métier. Blake opère dans le contre-espionnage. Ici, pour la première fois, il a honte de ce qu’il fait. Un de ses informateurs en Irlande, un agent double, est mort à son service. Ce type était père de famille. Blake se rend compte que son job n’est pas aussi glorieux que ce qu’il pensait. Finalement assez loin de James Bond. Quant à Mortimer, il a créé l’Espadon… une machine de guerre qui ravage tout.
En reprenant «Blake et Mortimer», vous avez concrétisé un rêve de gosse?
Tout à fait. J’ai découvert cette série avec «Le secret de l’Espadon», la toute première histoire de Blake et Mortimer, en cours de parution dans les premiers numéros du journal «Tintin». J’avais 6 ans et demi. J’ai trouvé cela d’une modernité incroyable. Jusque-là, je n’avais lu que des trucs insignifiants. Pour moi, ce fut la révélation de la bande dessinée. Quand, près de cinquante ans plus tard, on m’a proposé d’en écrire un scénario, je n’ai pas hésité. Comme une boutade, j’ai dit à mon éditeur que je serais même prêt à le faire gratuitement!
Comment avez-vous mis à profit le temps libre dégagé par l’abandon de vos grandes sagas?
Précédemment, les trois quarts de mon temps étaient dévolus aux séries que je menais, le dernier quart étant réservé à un projet extérieur, comme «Blake et Mortimer», ou à un one-shot. Désormais, je lis davantage tout en continuant à voyager. Et j’ai mené à bien l’écriture d’une pièce de théâtre à la Agatha Christie. Tout le monde coupable potentiel, unité de lieu, unité de personnages. Personne n’en a voulu!
Cet accueil plutôt froid pour votre nouvelle activité littéraire vous a-t-il surpris?
Pas vraiment. On croit toujours que la notoriété dans un domaine entraîne un accueil favorable ailleurs. Ce n’est pas du tout le cas. Greg et Charlier, d’autres scénaristes de bande dessinée connus, ont cru en leur temps que leur célébrité suffirait à faire vendre les livres qu’ils avaient écrits. Cela n’a pas fonctionné. Le public n’est pas le même entre le roman et la BD. Le théâtre, c’est pareil. Ce qui m’ennuie, c’est qu’on ne me dit pas pourquoi on me refuse. Un directeur de théâtre m’a glissé qu’on parlait un peu trop de sexe dans ma pièce. C’est une explication, même si elle ne me convainc pas. J’imagine aussi que certains sont réticents à miser sur un type de 80 ans. Notez bien que cela ne m’a pas empêché de dormir.
L’écriture théâtrale, c’est très différent d’un scénario de BD?
Non. J’ai une écriture assez visuelle, donc je cerne bien les personnages. Il existe quelques petites différences. Au théâtre, un personnage qui parle ne peut pas s’exprimer exactement comme dans un dialogue qui serait lu. Mais ce sont des nuances. En bande dessinée, je suis un auteur classique. En théâtre, c’est pareil. Le genre que je préfère, ce sont les bonnes vieilles pièces avec une intrigue et un suivi. J’ai envie d’une véritable histoire quand je vais au théâtre. Pas d’assister aux états d’âme de gens qui font part de leur mal de vivre.
Source : 24 heures
Van Hamme a dit
(Vous suivez ce que font vos successeurs?) On m’envoie un exemplaire des nouveaux albums. Dans «Thorgal», je suis complètement perdu. Je ne m’y reconnais pas. 25 000 personnages s’entrechoquent, c’est complètement fouillis. Manifestement, les nouveaux auteurs n’ont pas capté l’esprit de «Thorgal». Dans le cas de «XIII», je trouve que le cycle du Mayflower (ndlr: entamé par Yves Sente en 2011) commence à tirer en longueur. Quant à «Largo Winch», je n’ai pas compris grand-chose à la nouvelle histoire. Le dessinateur a incité le scénariste à revenir au vrai métier de Largo Winch, la gestion de l’argent. Résultat plombant.
Bim! Il est cash! Surtout pour Thorgal!
Finalement , c’est Yves Sente sur XIII qui prend la pique la moins acérée avec juste « un cycle qui commence à tirer en longueur ».
le plus fouilli, c’était quand meme les aventures de Louve, où tous les personnages de tous les mondes se cotoyaient ou s’affrontaient, ça n’avait aucun sens !!
Peut-être un peu dur pour le nouveau Largo Winch, auquel il faut laisser un peu de temps. Je n’ai pas été trop convaincu par le 1er tome, mais j’attends vraiment de lire la suite pour juger, et peut-être même le cycle suivant pour un vrai bilan.
XIII, il faut reconnaître que la reprise n’est pas mauvaise. Elle ronronne un peu mais c’est pas mal du tout. Dessin respectueux et talentueux, histoire qui se tient.
Quant à Thorgal…
…à part son nom, je ne vois pas bien ce qui lui reste. Il ne lui reste plus qu’à perdre un jeu contre Nídhögg.
Manifestement, les nouveaux auteurs n’ont pas capté l’esprit de «Thorgal»
Il résume bien les choses ce fan. Est-il aussi aigri et nostalgique ? L’éditeur et le nouveau scénariste devraient tout de même prendre en compte son avis.
Je crois que c’est le même article qui est paru récemment dans la Tribune de Genève, je vous le met en version journal pour le fun, j’ai un peu tardé à l’uploader (problème d’hébergement photos…, merci Steph !) :



Ah, tu vois que tu y es arrivé avec les photos, Nicolaas !
C’est bien le même article, 24heures et la Tribune de Genève font partie du même groupe de presse. Sauf l’encart « Au vif du sujet », où Van Hamme nous parle de l’évolution de ses ventes d’albums qu’il suit de près… 44 millions d’exemplaires vendus, ça fait quand même un beau pactole pour sa retraite !
…et surtout un sacré tas d’albums dans nos bibliothèques. C’est marrant de suivre comme ça, avec application et depuis si longtemps, les ventes de ses albums.
Merci pour le partage.
Pouvez-vous s’il vous plait me résumer ce que Jean Van Hamme pense de la série Thorgal depuis son départ ? Merci beaucoup !
Il donne la réponse dans l’interview ci-dessus :
« Je suis complètement perdu »
« Je ne m’y reconnais pas »
« 25000 personnages s’entrechoquent »
« Fouillis ».
« Les nouveaux auteurs n’ont pas capté l’esprit Thorgal ».
……………………………j’imagine qu’il s’efforce de rester assez poli mais il n’aime pas du tout.
Entretien croisé dans le magazine économique belge Trends Tendances, avec de nombreux points communs entre Jean Van Hamme et Giles Daoust.
Dans le dernier Trends Tendances, nouvelle « rencontre inattendue » entre le scénariste Jean Van Hamme (Largo Winch, XIII, Thorgal…) qui signera le prochain Blake & Mortimer et Giles Daoust, CEO de Daoust HR et patron de la société de production de films Title Media.

Source : F. Brebant sur Trends Tendances
Jean Van Hamme a accordé un entretien à Casemate lors de la sortie du Dernier Espadon de Blake et Mortimer. Vous pouvez le retrouver ICI dans sa version intégrale.
Dans Casemate 151, Jean Van Hamme raconte les dessous du Dernier Espadon, sa quatrième contribution à l’univers de Blake et Mortimer. Lui restait à préciser quelques détails sur la suite du Rayon U annoncée, un petit accroc à la chronologie à justifier, une anecdote sur sa vie de vendeur de produit antirouille pourri. Et un commentaire désabusé sur l’avalanche de bios et récits vécus qui envahissent la BD. Ce qui chagrine fort le père de XIII, Thorgal, et autre Largo Winch, grand prêtre d’un imaginaire à la portion de plus en plus congrue dans la bande dessinée franco-belge.
Le Dernier Espadon est parsemé de clins d’œil, de décors bien connus…
Jean Van Hamme : J’ai relu Le Secret de l’Espadon pour avoir bien en tête les décors caractéristiques que je voulais voir reproduits dans mon histoire. Et lu évidemment les deux tomes de La Vallée des Immortels, le diptyque imaginé par Yves Sente, puisque j’allais travailler pour la première fois avec les deux dessinateurs néerlandais qui se partagent les planches. Quand je change de dessinateur, je lis toujours un ou deux de ses albums précédents pour m’imprégner de la manière dont il organise ses dessins, de sa façon de découper les planches.
Le lecteur sait tout de suite qui est Olrik. N’est-ce pas se priver d’une surprise ?
Oui, mais je joue avec le lecteur, lorsque le colonel est démasqué, je commente d’un « à la grande surprise du lecteur »…
C’est un jeu entre lui et vous, comme vous l’avez souvent dit pour XIII ?
Pas au départ de l’histoire de mon amnésique. Mais ça l’était très vite devenu. Le jeu consistait à faire croire que la vérité est là, puis à démontrer d’une manière que j’espère imparable qu’elle est ailleurs. Lorsqu’au cinéma, vous vous apercevez que ce que vous imaginez est faux, que le scénariste vous a eu, cela doit vous faire plaisir, non ? Moi, à chaque fois, je dis chapeau. Côté surprise, je suis assez content de la manière dont Mortimer, Olrik et Nasir s’évadent. Trouver du nouveau dans ce domaine – loin du gag du gars qui dit avoir mal au ventre et assomme le geôlier inquiet qui entre – est ce qu’il y a de pire pour un scénariste.
Pourquoi montrer un Blake sombre, très sombre ?
Logique. Un gosse l’accuse d’être responsable de la mort de son père. Et c’est vrai. Je voulais faire un peu réfléchir aux héros à la James Bond. Diriger un service de renseignement ou de contre-espionnage veut dire envoyer forcément des agents à la mort et en provoquer d’autres. Je tenais à montrer cela, et un Blake qui en est pleinement conscient. Lui et Mortimer ont toujours le même âge et n’ont jamais changé de métier. Mais on peut creuser ces personnages. On n’a jamais beaucoup parlé de Blake. C’est pour cette raison, pour le mettre en lumière, que j’ai écrit L’Affaire Francis Blake, mon premier titre dans la série, où j’ai vraiment exploité son métier.
N’y a-t-il pas une certaine incohérence au niveau des dates ?
Oui, j’en suis parfaitement conscient, Yves Sente m’en a fait la remarque. Sa Vallée des Immortels se déroule entre septembre 1949 et mars 1950. Et je situe Le Dernier Espadon en janvier 1948.
Ce qui ne colle pas puisque l’histoire se déroule après, votre Nasir évoquant d’ailleurs leurs « mésaventures chinoises » !
Exact. Mais qui sait aujourd’hui que Le Secret de l’Espadon se déroule entre 1946 et 1949 ? Tout le monde s’en fiche ! Jacobs n’a jamais précisé aucune date, pas plus dans l’Espadon que dans Le Secret de la Grande Pyramide. J’avais besoin de situer mon histoire en janvier 1948, à cause de l’indépendance du Pakistan. Et c’est, me semble-t-il, la seule date précisée dans l’ensemble des albums. Yves Sente inclut parfois des personnages réels, comme les Beatles, sans les nommer, dans La Machination Voronov. J’évite soigneusement.
Et vous aimez les fausses pistes, ainsi quand un nazi évoque le 23 mars…
… il s’agit effectivement d’une date importante dans la carrière d’Hitler, mais cela je ne l’ai appris qu’après ! Le choix de cette date répond à une tout autre motivation. C’est une coïncidence et non pas une fausse piste.
Au club de Blake, les deux amis carburent au saint-émilion 1937. Minimum 1000 euros sur le Net. Connaissant votre souci d’exactitude, l’avez-vous goûté ?
Non, n’étant pas du tout connaisseur en vins, j’ai choisi un nom que tout le monde connaît et indiqué une année au hasard. Mais, c’est vrai, j’aurais pu poser la question à un œnologue parisien qui fait partie de notre famille.
Dans Casemate 151, vous évoquez une reprise du Rayon U, première histoire de Jacobs. Va-t-on enfin savoir en quoi il consiste exactement ?
Je n’ai pas écrit une reprise, mais une suite. Désolé, je n’ai aucune explication sur ce qu’est le rayon U. J’imagine très bien Jacobs, en 1943, pressé de pondre cette histoire, sans trop se soucier de cohérence ou de quoi que ce soit d’autre. On voit juste, sur la première planche, le professeur Marduk brandir devant Sylvia, sa collaboratrice, une sorte de double ampoule rayonnant d’une lumière jaune. Plus kitsch tu meurs. C’est vraiment très drôle. L’album fera 43 planches, comme l’album de Jacobs. Je me suis beaucoup, beaucoup, beaucoup amusé à l’écrire, je crois que le dessinateur s’amuse aussi, tout le monde s’amuse. C’est l’essentiel. L’association Les Amis de Jacobs a reproduit mon synopsis dans leur magazine. Je trouve très attachant leur mélange de naïveté et d’amour pour Jacobs. Leur association, à Angoulême, parvient tous les trois mois à remplir un magazine. C’est émouvant. Jacobs n’a jamais connu autant d’honneurs, d’hommages de son vivant.
Finalement, avez-vous connu des échecs professionnels ?
Je garde un souvenir mitigé d’une boîte américaine pour laquelle j’ai travaillé trois ans avant de rentrer chez Philips, à la fin des années 60. Je devais vendre un produit antirouille destiné aux coques de navires. Malheureusement, il était d’une nullité totale. Je me souviens d’un banc d’essai. On mettait un bâtiment à sec et chaque produit en concurrence était étalé sur toute une bande de la coque. Remise à l’eau et verdict six mois plus tard. Et là, le seul endroit incrusté de coquillages était celui recouvert de mon produit. Quand j’en ai eu assez de me faire engueuler, envie d’être plus heureux au boulot, j’ai démissionné et suis entré chez Philips en répondant à une petite annonce.
Sans la BD, vous auriez pu finir PDG de Philips !
Grâce à ce groupe, j’ai voyagé pendant cinq ans sur tous les continents, ce qui me plaisait bien. Mais, quand on m’a nommé directeur des appareils ménagers à Bruxelles, je me suis demandé où j’allais. Devenir président-directeur général de Philips Belgique. Et alors ? Je ferais partie du Rotary et autres machins, et à 65 ans on me dirait merci. Non. J’avais vraiment envie de raconter des histoires. Fils unique, orphelin de mère, mon père m’avait installé dans une école à six kilomètres de chez nous. Donc, n’ayant pas de copains près de chez moi, je lisais des romans genre Fenimore Cooper. Et je rêvais, moi aussi, de raconter des histoires. Un beau jour, j’ai commencé. Par des nouvelles. Et cela à la grande surprise de mes deux secrétaires !
J’ai d’abord essayé le roman, en sortant onze pour un total de 80 000 exemplaires. Certains à 900 ex. seulement. Difficile d’en vivre. Et puis, un jour, Grzegorz Rosinski m’a amené à la bande dessinée. Et nous avons lancé Thorgal. Dans la vie, des occasions se présentent toujours. Le tout est de saisir celles qui doivent être saisies et de ne pas aller dans une mauvaise direction. Nos vies sont faites ainsi, parfois on choisit bien, parfois on choisit mal.
Aucun éditeur ne vous a-t-il proposé d’adapter en BD votre pièce de théâtre jamais montée ?
Non. Et c’est logique. Trop années 50, pas assez incisive. On s’y renvoie la balle d’une manière terriblement classique. Tout le monde est coupable potentiel, comme dans un Agatha Christie. Je comprends très bien qu’on n’ait pas envie de monter ce genre de pièces vieillottes. Même si, à la limite, ça pourrait être sympathique à regarder.
Quelle leçon tirez-vous de Kivu, dessiné par Christophe Simon (dossier dans Casemate 117) ?
40 000 exemplaires vendus. Ça a marché gentiment, je ne m’attendais pas à un miracle. Le public belge était davantage concerné que le français, à qui le Kivu, cette ancienne province de la République démocratique du Congo, ex-Congo belge, ne dit pas grand-chose. Mais nous avons eu de la chance : en 2018, peu après la sortie de l’album au Lombard, le médecin-chef de l’hôpital de Kivu qui accueille les femmes violées, Denis Mukwege, a reçu le prix Nobel de la paix. Résultat, je n’ai eu jamais autant de presse sur un de mes albums !
Que pensez-vous du troisième Largo Winch sans vous qui sort début novembre ?
Yves Sente m’envoie les synopsis de XIII. Philippe Francq, non. Je serais ravi de lire le bouquin. Et j’espère être agréablement surpris. J’aime autant que Largo marche. Non pas parce que je touche un pourcentage dessus, je peux vivre sans. Simplement, je trouverais dommage qu’un personnage que j’ai créé dégringole.
Vous qui en avez tant vendu, lisez-vous de la BD ?
Mon épouse me dit parfois que si je sortais aujourd’hui des personnages à la XIII, peut-être ne marcheraient-ils pas du tout. Elle a probablement raison. Prenez les derniers numéros de Casemate, une grande partie des albums traités sont des biographies ou des histoires vécues. Où est l’imagination dans tout cela ? Non, je ne lis plus de BD depuis des années. En revanche, j’ai une énorme bibliothèque et l’envie de me replonger dans des tas de bouquins.
Propos recueillis par Jean-Pierre FUÉRI et Frédéric VIDAL
Supplément de Casemate n°151 – novembre 2021.




Source : Casemate
Merci beaucoup pour le partage de cet entretien ! Je ne lis plus du tout les revues BD et je ne fais plus autant attention qu’avant au monde de la BD en général, alors je ne les vois plus passer, ces articles.
Jean Van Hamme racontait l’anecdote de l’antirouille dans le livre « Itinéraire d’un enfant doué », ça m’a donné envie d’y refaire un tour.
Article pour la BD « La flèche ardente » de la série Blake et Mortimer, série dont je n’est lu aucun album
. Il révèle qu’il ne lit plus de BD, et les succès d’aujourd’hui ne l’intéresse pas:
« Les BD où les types racontent leur jeunesse, leur maladie, leur famille…Pffft. Ce n’est pas très bien dessiné et ça fait 250 pages… »
Peut être que je me trompe mais j’ai l’impression que c’est Riad Sattouf et sont œuvre « L’arabe du futur » qui a eu un énorme succès qui est visé. Personnellement j’ai adoré, mais je suis d’accord avec lui pour les dessins. Si on me l’avait pas conseillé je ne l’aurai jamais lu à cause du style du dessin.
Freephenix a écrit
« Les BD où les types racontent leur jeunesse, leur maladie, leur famille…Pffft. Ce n’est pas très bien dessiné et ça fait 250 pages… » Peut être que je me trompe mais j’ai l’impression que c’est Riad Sattouf et sont œuvre « L’arabe du futur » qui a eu un énorme succès qui est visé. Personnellement j’ai adoré, mais je suis d’accord avec lui pour les dessins. Si on me l’avait pas conseillé je ne l’aurai jamais lu à cause du style du dessin.
A ce sujet, Robin Recht avait fait un petit topo sur son mur FB, au moment d’angoulême, sur ce qu’il pensait de la tendance actuelle en matière de BD, c’était très intéressant.
Justement j’aime beaucoup suivre les expositions proposées par la galerie D. Maghien, depuis l’expo Rosinski, parce que j’apprécie le genre proposé par cette galerie : du dessin de ouf ! le Grand Art qui passe aussi par le labeur de l’artisanat et du savoir-faire.
Pour revenir à VH, moi non plus je ne connais pas bien Blake et Mortimer, par contre j’ai vu une belle expo l’an dernier à Bruxelles, c’était très bien, j’ai envie de le lire.
J’hallucine sur ce que je lis : VH ne serait pas assez bien pour le milieu de la BD actuelle ? ça c’est le paradoxe des auteurs actuels : ils veulent vendre beaucoup, être flattés par la profession, mais ne veulent pas être populaires. C’est sûr que Rosinski et VH ne se sont pas posés ce genre de questions.
Freephenix a écrit
« Les BD où les types racontent leur jeunesse, leur maladie, leur famille…Pffft. Ce n’est pas très bien dessiné et ça fait 250 pages… » Peut être que je me trompe mais j’ai l’impression que c’est Riad Sattouf et sont œuvre « L’arabe du futur » qui a eu un énorme succès qui est visé. Personnellement j’ai adoré, mais je suis d’accord avec lui pour les dessins. Si on me l’avait pas conseillé je ne l’aurai jamais lu à cause du style du dessin.
A ce sujet, Robin Recht avait fait un petit topo sur son mur FB, au moment d’angoulême, sur ce qu’il pensait de la tendance actuelle en matière de BD, c’était très intéressant.
Justement j’aime beaucoup suivre les expositions proposées par la galerie D. Maghien, depuis l’expo Rosinski, parce que j’apprécie le genre proposé par cette galerie : du dessin de ouf ! le Grand Art qui passe aussi par le labeur de l’artisanat et du savoir-faire.
Pour revenir à VH, moi non plus je ne connais pas bien Blake et Mortimer, par contre j’ai vu une belle expo l’an dernier à Bruxelles, c’était très bien, j’ai envie de le lire.
J’hallucine sur ce que je lis : VH ne serait pas assez bien pour le milieu de la BD actuelle ? ça c’est le paradoxe des auteurs actuels : ils veulent vendre beaucoup, être flattés par la profession, mais ne veulent pas être populaires. C’est sûr que Rosinski et VH ne se sont pas posés ce genre de questions.
Hirondl a écrit
A ce sujet, Robin Recht avait fait un petit topo sur son mur FB, au moment d’angoulême, sur ce qu’il pensait de la tendance actuelle en matière de BD, c’était très intéressant.
je viens de voir, et il a raison ! Après quand tu vois les lauréats du festival d’Angouleme: palmares 2023 c’est du foutage de gueule! La couleur des choses c’est même pas une BD !
Ils veulent se la joué comme aux Césars, récompenser des œuvres que personnes ira voir.
Pour la sortie de la Flèche Ardente, la suite du Rayon U, Jean Van Hamme a été interviewé sur France Inter dans le 13/14. La séquence qui lui est consacrée se déroule entre les minutes 30 et 45 de l’émission, je vous replace juste la dernière question qui m’a parue particulièrement pertinente. C’est à écouter ici :
France Inter : « Vous êtes régulièrement présenté comme un technicien hors pair de la narration et du scénario. Qu’est-ce que ça signifie pour vous ? »
Jean Van Hamme : « Un bon scénario est basé sur un bon séquencier : un scénario de film ou de BD est une succession de séquences. Il faut les organiser de telle sorte qu’il y ait quelques vides, des ellipses. Ce qui est intéressant, c’est que ce vide est rempli par lecteur qui participe de cette façon à l’histoire qu’il se met à aimer car il en devient co-auteur. Le choix de succession des séquences et des ellipses est le côté technique important dans un scénario. »
Après cette réflexion, je me dis qu’il vaudrait vraiment mieux que Jean Van Hamme ne lise pas les scénarios actuels de la série Thorgal… ou plutôt que Yann écoute cette séquence et relise les scénarios de Van Hamme…
Suite à l’entretien sur France Inter, JVH s’est rendu à une séance de dédicaces par un moyen simple et rapide pour arriver dans les temps. Quelle aventure et quel succès en librairie !





Source photos : Twitter d’Yves Schlirf
C´est intéressant comme réflexion. Donc, toutes ces ellipses dans les Thorgal VH qui ont nourri les débats ici ont été réfléchies en amont par Van Hamme. Peut-on considérer les non-dits comme des ellipses ? Je suppose que oui.
C´est vrai que ça participe au plaisir. Et c´est vrai que Van Hamme est un technicien hors-pair de la narration. On l´a souvent dit, mais ses scénarii sont, en général, un parfait équilibre entre actions, moments calmes, ellipses et non-dits. En tout cas sur Thorgal (je ne le connais pas assez ailleurs). Sans parler de sa maîtrise des personnages.
Yann, dans tout ça, il n´utilise que l´action.
C’est amusant, Cat, parce que toi et moi on a introduit artificiellement des ellipses dans la chronologie de l’arbre des mondes
. Cet arbres des mondes où tous les évènements semblent se dérouler les uns à la suite de l’autre, mais où on apprend brusquement que des années se sont écoulées.
C’est vrai, mais on n´a fait que suivre les (contre)indications temporelles des auteurs. Ce sont eux qui ont fourré des ellipses, certaines sans même s´en rendre compte.
Si on met trois ans entre T6 et T8, c´est VH qui nous y a poussé. Pareil avec les deux ans entre T34 et L7, c’est Yann qui nous y oblige.
Tjahzi a écrit
C’est à écouter ici : Lien vers www.radiofrance.fr
Toujours un plaisir d’écouter nos auteurs fétiches hein
moi j’ai un faible pour cet accent belge, il a beaucoup de charme ( ici on a plutôt l’acceing de Francisse Cabreleuh, aveque toutes les syllabes).
Pour ceux qui préfèrent voir Jean Van Hamme tout en l’écoutant, voici encore 2 vidéos d’entretiens suite à la sortie de la Flèche ardente aux éditions Blake & Mortimer :
Jean Van Hamme, cet éternel séducteur, a répondu à l’entretien de Madame Figaro pour la sortie de « La Flèche ardente« . Voici un extrait de l’entretien que vous trouverez en entier ICI sur le site de Madame Figaro.
Jean Van Hamme : «J’écris pour mon plaisir, si je n’ai plus de plaisir, je m’en tiens là»
Madame Figaro. – Pourquoi avoir voulu donner une suite au Rayon U ?
Jean Van Hamme. – J’avais 4 ans quand j’ai eu mon premier contact avec Le Rayon U. C’était en 1943, ma mère était morte, mon père était résistant et je vivais chez ma grand-mère, avec un oncle qui me lisait Bravo !, où Edgar P. Jacobs travaillait. On ignorait, alors, qu’il avait démarré Le Rayon U pour remplacer Flash Gordon… Il y a deux-trois ans, Dargaud l’a réédité dans la collection Blake et Mortimer, et je l’ai relu. J’ai songé alors qu’il s’agissait d’un truc kitschissime, mais qu’on y trouvait tous les fondamentaux du récit d’aventure : les méchants, les gentils, les monstres, une guerre avec des avions qu’on appelle des aéropiles, des flirts inaboutis… Et j’ai tout de suite eu envie de dire : «Mais enfin, on ne sait absolument pas ce que c’est que ce rayon U. On l’aperçoit à la première page et puis, pouf ! on n’en entend plus parler, on ignore pourquoi il s’appelle comme ça, le lien avec l’uradium… Et puis quid du père de la jeune fille, Sylvia, dont elle dit qu’il a disparu ?»
Faire cette suite, n’est-ce pas une façon de redevenir un enfant ?
Un média a titré à ce propos : «Van Hamme retombe en enfance.» C’est exact et c’est, du reste, le cas pour toutes les bandes dessinées. Inventer et dérouler une histoire, c’est retomber en enfance. Même si dans le cas de La Flèche ardente, j’ai moins inventé que repris l’univers de l’album d’Edgar P. Jacobs. À la différence des albums Blake et Mortimer que j’ai scénarisés, où l’on m’a engagé pour faire du Blake et Mortimer, La Flèche ardente n’est pas le travail d’un mercenaire, si je puis dire : il est né du désir de compléter une aventure inachevée. En passant, les exégètes prétendent que c’est en imaginant une suite au Rayon U qu’Edgar P. Jacobs aurait inventé Le Secret de l’Espadon, et je pense, personnellement, que cela n’a rien à voir. D’ailleurs, il n’existe pas de secret de l’Espadon – on voit des Espadons trois pages avant la fin et il n’y a pas de secret, tout comme il n’y a pas de rayon dans Le Rayon U !
Comment avez-vous procédé ?
Très simplement : j’ai téléphoné au directeur éditorial de Dargaud Benelux et de Blake et Mortimer pour lui dire que j’avais envie de faire une suite. «Bof, m’a-t-il dit, si ça t’amuse…» Et, de fait, cela m’a beaucoup amusé, j’ai écrit le scénario en un mois et demi tellement cela venait facilement. Le directeur en a été content, on a discuté du dessinateur et demandé à Étienne Schréder, qui avait filé des coups de main sur plusieurs albums de Blake et Mortimer, il a saisi par l’encolure son camarade Christian Cailleaux, et voilà ! C’était une aventure rigolote à tous points de vue, parce que inattendue. En revanche, je ne m’attendais pas du tout à l’accueil que les libraires ont fait au projet, qui a été si enthousiaste que la maison a tiré l’album à 150.000 exemplaires…
Ce n’est pas encore cette année que vous prendrez votre retraite…
Je n’ai jamais dit que j’arrêterais d’écrire des scénarios de bande dessinée, seulement que j’arrêtais les séries – XIII, Largo Winch, Thorgal – parce que je sentais que j’étais arrivé au bout. Après trente ans, Thorgal, ras-le-bol ! J’écris pour mon plaisir, si je n’ai plus de plaisir, je m’en tiens là. La chance a voulu que mon plaisir me rapporte de l’argent, ce qui est une excellente chose. Je vends du plaisir tout en en prenant, c’est magnifique.
Vous avez mis vos pas dans ceux d’un autre auteur. Travaillez-vous différemment quand il s’agit d’inventer un univers à part entière ?
À dire vrai, je n’ai eu à me mettre dans la peau d’un autre que pour Edgar P. Jacobs. Je dirais que, contrairement à d’autres scénaristes, je suis incapable de travailler sur plusieurs intrigues en même temps. Beaucoup envoient quatre pages à un dessinateur et cinq à un autre, en parallèle. Je dois, pour ma part, me consacrer tout entier à une histoire. Et je dois l’écrire jusqu’au bout. Ce serait trop bête de me rendre compte, en cours de route, que j’ai une bien meilleure fin mais qu’il me faut pour cela changer la page 8, et que c’est impossible car elle a déjà été dessinée… Tibet me confiait avoir ainsi découvert page 38 d’un scénario de Duchâteau, qui les lui envoyait de façon fragmentée : «Le méchant assomme Ric Hochet avec sa jambe de bois.» Mais quelle jambe de bois ? Cela n’était écrit nulle part jusque-là, et les planches étaient déjà faites ! ! Quelqu’un comme Rosinski, quant à lui, ne lit pas les scénarios en entier – c’est sa femme qui s’en charge –, il procède page après page, en oubliant au fur et à mesure ce qui a été fait. Si bien qu’il faut le lui rappeler : «Attention, souviens-toi que le personnage a un foulard rouge…» […]

Merci pour ce partage, c’est toujours un grand plaisir de lire ou entendre M. Van Hamme.
Ce nouvel album m’intrigue, m’intéresse, même si je n’ai jamais lu l’histoire de Jacobs.
Je rêve évidemment d’une ultime pige de Jean Van Hamme auprès de Thorgal, un petit Thorgal Saga qui serait forcément au sommet de ce que proposera la collection. Malheureusement…
Après trente ans, Thorgal, ras-le-bol ! J’écris pour mon plaisir, si je n’ai plus de plaisir, je m’en tiens là.
C’est un peu décourageant. J’y crois quand même !
Je retiens aussi les derniers mots de l’entretien, qui me parlent bien :
L’échec n’est pas une tare. Le véritable échec, c’est de ne rien tenter.
Dans le magazine Casemate de février 2024, Jean Van Hamme est invité à parler du quatorzième XIII Mystery, Traquenards et sentiments. Il aborde également ses autres séries dans la suite de cet entretien. Casemate en propose la lecture directement sur son site :
« Mêler fiction et Histoire, un exercice délicat ?
Jean Van Hamme : Cela rend les personnages plus plausibles. Le papa de XIII, enfin, celui qui l’a élevé, se heurte au réel : le Ku Klux Klan, le couple soupçonné d’avoir donné les clés de la bombe atomique aux Soviétiques (ce qui s’est avéré vrai par la suite)… Autant d’éléments qui ancrent l’histoire dans cette Amérique pleine de défauts sociétaux et, par ailleurs, pleine de qualités. XIII ne pouvait pas se dérouler en Belgique, le contexte ne s’y prête pas. L’Amérique reste, pour un scénariste, un monde qui marque l’imagination. Gamin, elle représentait le rêve pour moi. Lors de mon premier voyage en Amérique, dont j’ai fait le tour en moto-stop, j’avais reçu de la part de mes amis proches une solide commande de blue-jeans qui n’existait pas chez nous. L’Amérique, c’est l’Amérique.
Pourtant, vous ne souhaitiez pas y vivre.
Parce qu’intérieurement, sur le plan social, cette nation est régie par des règles extrêmement strictes sur la religion, les usages… Quand je travaillais à Pittsburgh, je me suis rendu compte que tous les gens qui m’invitaient tenaient exactement les mêmes conversations, possédaient les mêmes meubles, n’avaient pas de bibliothèque, etc. Les États-Unis, c’est 5 % de Pittsburgh, 65 % de gens complètement uniformes et 30 % de brutes épouvantables.
Est-ce différent en France ou en Belgique ?
Je ne me suis pas penché sur la question. La France est la patrie de Pasteur, Descartes et consorts. Mais, si on a 5 % de génies en Belgique, je voudrais qu’on me les cite ! Notre lectorat étant essentiellement francophone, il serait assez dangereux d’y faire se dérouler une histoire à la XIII. On ferait trop facilement le rapprochement avec tel président ou telle personnalité. Avec l’Amérique, on peut tricher avec la réalité.
Autres choses dans les tiroirs à part le XIII de Xavier à venir dans l’hebdo Spirou (voir Casemate 176) ?
Une bonne nouvelle : Christian Denayer a fini un Wayne Shelton. Ça lui a pris six ans à cause de gros problèmes à la main droite. Il devrait sortir en juin. Six ans, c’est long. Christian n’a pas voulu qu’un assistant lui donne un coup de main. Bon, Ted Benoit avait bien mis cinq ans à terminer mon premier Blake et Mortimer !
D’autres projets ?
Rien pour le moment, sinon préparer mon déménagement, ce qui m’occupe bien l’esprit. Si une bonne idée me vient, j’en tirerai un petit one shot. J’ai quelques idées tournant autour du monde politique belge. Et suffisamment de contacts pour comprendre comment fonctionnent les choses et ce qui peut dérailler. Notamment les saloperies qu’on peut se faire dans un même parti. Il me manque encore l’idée majeure. Ce ne sera pas une histoire avec des poursuites en voiture ou des coups de feu. Ce qui n’a pas nui au succès de Quai d’Orsay, par exemple.
Avez-vous lu les Thorgal Saga de Recht, Duval et Rouge ?
J’ai vendu mes droits de scénariste de Thorgal à Média-Participations. Ils m’ont aimablement envoyé les albums. Mais ça ne m’intéresse plus.
Il y a un troisième film Largo Winch en route…
Dont le tournage se termine. Ça part d’un scénario forcément bien écrit puisque la productrice a fait réécrire le mien par sept personnes ! Tomer Sisley a gardé le rôle, mais je n’en sais guère plus. J’ai juste touché un peu de sous pour avoir écrit le scénario de départ.
N’avez-vous pas assisté au tournage, comme vous en avez l’habitude ?
On ne m’y a pas invité.
Autres adaptations ?
Des options sur SOS Bonheur et pour une série sur XIII. Et toujours une riche Canadienne qui voudrait refaire Les Maîtres de l’orge en allongeant la sauce. Elle vient de me signer une troisième option successive – car Glénat n’a plus les droits. Mais elle a peu d’expérience en la matière. Des choses se feront, d’autres pas. J’ai dit clairement que je ne participerai absolument pas à l’écriture de ces projets.
Pourtant, vous en avez l’expérience…
Il existe plein de techniques modernes de communication auxquelles je ne connais strictement rien. J’écris comme il y a trente ans. SOS Bonheur date de 1979… Je suis trop vieux jeu pour être moderne et dans la note actuelle. Je préfère donc les laisser se débrouiller et me contenter de toucher ma part de droits. »
Source : Casemate
Il a quand même un sacré caractère de cochon en ce qui concerne Thorgal.
La chaine belge La Première de la RTBF diffuse une semaine d’émissions radios consacrées à Jean Van Hamme, soit 160 minutes !
Le plus intéressant est qu’elles sont disponibles à tout moment en podcast sur le site RTBF Auvio (je pense qu’il faut juste s’enregistrer pour les écouter). Je me garde ces émissions pour accompagner mes travaux manuels à venir, je vous en ferai un retour par la suite.
« Nom : Van Hamme, Profession : scénariste » : l’histoire du créateur de XIII, Thorgal et Largo Winch en podcast
Du lundi 26 février au vendredi 1er mars 2024, Un Jour dans l’Histoire propose sur La Première (RTBF) chaque jour à 14 heures un épisode d’une série exceptionnelle consacrée au scénariste belge Jean Van Hamme. À ces cinq épisodes d’une demi-heure s’ajoutent deux hors-séries, uniquement disponibles sur Auvio et sur les plateformes de diffusion de podcasts.
2024 marque les vingt ans d’un des héros les plus populaires de la bande dessinée : XIII, personnage amnésique pourchassé par tous les camps. Ce soldat d’élite membre d’une conjuration contre le président des Etats-Unis détient en effet de terribles secrets. 40 ans après sa création, la série se poursuit avec d’autres auteurs, Jean Van Hamme l’a abandonnée comme il s’est défait de Thorgal ou de Largo Winch : en plein succès.
Ce créateur hors-norme qui a vendu près de 45 millions d’albums a accepté de se pencher sur sa vie et sa carrière. Il se raconte sans fard et sans langue de bois. Thierry Bellefroid a aussi récolté les témoignages de ceux qui ont travaillé avec lui : le dessinateur Dany avec lequel Van Hamme a signé Histoire sans héros et la série Arlequin, l’éditeur de XIII Yves Schlirf ou le dessinateur de Largo Winch Philippe Francq, ceux qui l’ont fréquenté ou étudié de près : les scénaristes Xavier Dorison et Alcante, l’éditrice Nathalie Van Campenhoudt ou encore ceux qui lui sont proches : Huguette, son épouse, et Thomas, l’un de ses deux fils.
Richement illustrée, émaillée d’archives de la RTBF et de reportages réalisés sur les plateaux de tournage qui se sont emparés de ses scénarios, la série fait le tour d’un homme qui a marqué l’histoire de la bande dessinée et qui, à 85 ans, conserve une formidable lucidité sur son métier.«
Source : RTBF

La liste des épisodes
- Avant la mue, de la naissance en 1939 aux débuts dans Tintin
- La Naissance d’un auteur, d’Histoire sans Héros à la naissance de Thorgal
- La Décennie du succès, les années 80, de la montée en puissance de Thorgal à XIII
- Le Long Parcours de Largo, 17 ans pour faire naître un best-seller à partir d’une bonne idée
- Ecrire par plaisir. Ayant abandonné une à une toutes ses séries à succès, Jean Van Hamme est devenu une énigme aux yeux de certains. En réalité, seul le plaisir le guide.
Hors-série :
- Van Hamme, hors séries (Le Grand Pouvoir du Chninkel, S.O.S. Bonheur, Western, Lune de guerre, Kivu…)
- A l’école de XIII, comment XIII Mystery a influencé une génération de scénaristes.
Avec comme intervenants :
Jean Van Hamme, Thomas Van Hamme, Huguette Van Hamme. Dany, Philippe Francq, Yves Schlirf, Piotr Rosinski, Eric Vance, Xavier Dorison, Alcante, Nathalie Van Campenhoudt.
Et des archives RTBF de :
Grzegorz Rosinski, William Vance, Jean Giraud, Jean-Claude Drouot
Le tout à découvrir en podcast : Lien vers auvio.rtbf.be
Merci Tjahzi pour le lien, ce sera forcément passionnant..ça l’est toujours avec Van Hamme…mais je suis d’accord avec Abeloth, il a un caractère de cochon avec Thorgal
Il nous flinguerait presque tout espoir
..mais quel régal de l’écouter.
Je suis surprise qu’il n’est pas lu Adieu Aaricia, il me semblait pourtant qu’il en disait du bien dans le hors série du journal Le Monde…
Tjahzi a écrit
J’ai vendu mes droits de scénariste de Thorgal à Média-Participations. Ils m’ont aimablement envoyé les albums. Mais ça ne m’intéresse plus.
Je pense que :
- Van Hamme n’a pas le temps de lire.
- Ou…. ( plus plausible ) qu’il a été déçu de ce que les autres scénaristes ont fait avec » son » Thorgal et que c’est son aimable façon de le dire diplomatiquement. Pas besoin de se fâcher avec Le Lombard qui continue à lui payer ses substantiels droits d’auteur… CQFD….
Van Hamme ne perçoit plus de droits d’auteur sur Thorgal vu qu’il a vendu ses droits à l’éditeur….
Arnusse a écrit
Van Hamme ne perçoit plus de droits d’auteur sur Thorgal vu qu’il a vendu ses droits à l’éditeur….
Juste….. C’est donc qu’il n’a pas le temps de lire…..
Ah oui, c’est un peu sec comme réponse. On a forcément envie de décortiquer le peu qu’il nous met sous la dent.
Ce « aimablement » est plein de politesse, quel détachement hein !
« Ça ne m’intéresse PLUS » ah donc, ça l’aurait intéressé à une époque ? mais …
Je vous propose aujourd’hui de découvrir une pépite du journal Tintin, datant du mois d’août 1981.

C’est l’ami Harald, contributeur discret mais régulier au forum, qui m’a remis cette merveille le mois dernier. Je l’en remercie beaucoup. Je me suis dit que nous pourrions tous commencer l’année avec ce souvenir à partager !
Un peu de contexte. Nous sommes en 1981. Du côté du journal Tintin, nous sommes entre deux parutions puisque les dernières planches de « La galère noire » ont été publiées en juin et que l’histoire courte « Le drakkar perdu » arrivera en septembre (elle sera publiée dans l’album « L’enfant des étoiles » quelques années plus tard).
Ce tout petit creux dans les publications thorgaliennes laisse un peu de place pour de la fantaisie, des bonus. C’est un peu ce que le site Thorgal.com tente de proposer de nos jours, entre chaque album !
Parmi ces bonus, il y avait ce magnifique poster, très inspiré. Un joli cadeau réalisé par Grzegorz Rosinski.

Van Hamme et Rosinski étaient camarades d’écriture, de création, d’imagination. Ils étaient aussi camarades de vie. Et c’est au sein d’un article aux contours très inhabituels qu’un moment précieux de leur collaboration nous était présenté.

L’article est signé Van Hamme junior. Les photographies sont tout aussi familiales. Voici quelques gros plans sur ces pages. Nous sommes en 1981, la famille Rosinski est accueillie en Belgique par la famille Van Hamme. La suite est dans le texte, entre les tâches et les rires.
Bonne lecture, bon retour dans le temps.


Thorgal-BD a écrit
La suite est dans le texte, entre les tâches et les rires
Et bien ça c’est dingue !
Car dans la dernière feuille, on peut lire : « Rosinski, on la presque pa vu pasqu’y faisai tout le tant la Foire pour signer des albums « ( j’ai respecté l’orthographe d’origine
). C’est lors de cette visite en Belgique de Rosinski, sur le stand du Lombard que j’ai eu mes premières dédicaces de Rosinski et Van Hamme. J’avais 16 ans à l’époque ( 1981 ). C’était génial de rencontrer les auteurs même si je garde de cette expérience un souvenir…. désagréable ( la foule, serrés comme des sardines, quasi bousculade pour atteindre les tables où signaient les auteurs, chaleur étouffante,… ) . Un moment… claustrophobique…..
A l’époque, ça se passait pendant la Foire du Livre de Bruxelles dans un building près de la gare du nord ( la Tour Rogier ). Maintenant, c’est à Tour et Taxis que ça se déroule. A ce moment là, j’achetais le Journal de Tintin. Mais je n’ai aucun souvenir de cet article. Merci pour la résurrection de ces pages.
Oh, excellent, merci pour ce retour très personnel !
Thorgal-BD a écrit
Oh, excellent, merci pour ce retour très personnel !
Alors que cela s’est passé il y a 44 ans, ce qui est fou, c’est que je conserve en mémoire des images assez précises de cette séance de dédicaces. Rosinski ne parlait quasi pas sans doute parce qu’il ne maitrisait pas très bien le français. Et de toute façon, à l’époque, j’étais trop timide que pour amorcer une conversation avec un artiste que je vénérais déjà. Les étagères derrière les auteurs présentaient principalement le nouveau Thorgal : Les 3 vieillards du pays d’Aran ( sorti 1 ou 2 mois avant la Foire du Livre ). Mais je l’avais déjà acheté chez mon libraire situé juste à côté de l’appartement de mes parents.
C’étaient les premières séances de dédicaces auxquelles j’assistais. Je me souviens que dans le bus qui me ramenait vers mon patelin de Waterloo, j’ai admiré longuement les dessins récoltés pendant la journée ( Rosinski, Van Hamme, Dupa, Turk et De Groote, Meziere, Bilal,…. ). Des beaux souvenirs.
Stéphane, STP, peux-tu me confirmer que c’était bien la première fois que Rosisnki venait en Belgique ? Merci.
rôllala c’est « pépite » comme disent les jeunes.
Ralf a écrit
Stéphane, STP, peux-tu me confirmer que c’était bien la première fois que Rosinski venait en Belgique ? Merci
STP, merci de me répondre. Bonne journée.
Ah oui, alors non, il était déjà venu, notamment dans les années 70 lorsqu’il a commencé à vouloir percer à l’ouest.
Par contre il est tout à fait possible que ce soit la première fois en famille.
