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Autres bandes dessinées

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13 août 2026Tome 13 « Entre terre et lumière »La bouche du soleil
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Une année de bandes dessinées
Posté le 4 janvier 2016  à 22h21

[c=brown:f3cb68a027]L’ACBD, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée, a sorti son rapport 2015 sur la production de bandes dessinées dans l’espace francophone européen : [/c:f3cb68a027]Rapport ACBD 2015 : l’année de la rationalisation[c=brown:f3cb68a027]. Des données très intéressantes pour les bédéphiles y figurent, je vous copie juste la synthèse ci-dessous.[/c:f3cb68a027]

2015 : l’année de la rationalisation

En cette période d’instabilité économique et politique, où les assassinats des dessinateurs du journal Charlie Hebdo au début de l’année sont encore dans toutes les mémoires, les acteurs du 9e art cherchent à maintenir les positions durement acquises en matière de parts de marché. Ils ralentissent quelque peu leur rythme de production ou adaptent leur politique éditoriale, en misant sur les valeurs sûres : d’où la conception de revivals modernisés ou le lancement de nouvelles séries référencées. Tout est fait pour satisfaire les goûts du plus grand public pour ne pas risquer de perdre des places dans les linéaires des libraires, quelquefois au détriment de la création et de l’innovation.

[c=red:f3cb68a027]I. Production[/c:f3cb68a027] – 5 255 livres de bande dessinée ont été publiés en 2015 (dont 3 924 strictes nouveautés) : un retrait de 2,9 % par rapport à l’année précédente, ce n’est que la deuxième fois, en 17 ans, que la forte poussée de l’offre éditoriale du 9e art s’accorde une pause.

[c=red:f3cb68a027]II. Édition[/c:f3cb68a027] – 368 éditeurs occupent le marché du 9e art en 2015, mais 3 puissants groupes et 12 autres importantes structures dominent l’activité du secteur, en totalisant 68,6 % de la production.

[c=red:f3cb68a027]III. Évaluation[/c:f3cb68a027] – La bonne orientation des ventes en 2015 devrait consolider la position économique de la bande dessinée sur le territoire francophone européen, alors que les tirages de la plupart des 98 principaux best-sellers de l’année subissent une nouvelle baisse.

[c=red:f3cb68a027]IV. Traduction[/c:f3cb68a027] – Le secteur s’ouvre de plus en plus aux productions étrangères, avec 2 305 nouveaux titres issus de 35 pays différents, même si 1501 bandes dessinées venues d’Asie et 524 des États-Unis (un chiffre en forte augmentation pour ces derniers) représentent 87,6 % des nouveaux titres traduits.

[c=red:f3cb68a027]V. Réédition[/c:f3cb68a027] – Avec 960 nouvelles éditions ou intégrales, l’exploitation du secteur patrimonial connaît une accalmie (98 titres de moins que l’an passé), mais on remarque, a contrario, une forte augmentation des reprises de héros d’autrefois, avec 49 séries qui se perpétuent au-delà des disparitions ou de l’abandon par leurs créateurs.

[c=red:f3cb68a027]VI. Prépublication[/c:f3cb68a027] – 71 revues spécialisées et 13 éditions particulières d’albums BD sont encore diffusées en kiosque, Maison de la presse ou Relay, malgré les difficultés et la concurrence accrue que subit ce réseau de distribution.

[c=red:f3cb68a027]VII. Information[/c:f3cb68a027] – En 2015, 25 revues papier, 43 sites spécialisés et 96 ouvrages sur le 9e art démontrent l’intérêt d’une partie du lectorat envers l’information, l’histoire et la critique de bande dessinée.

[c=red:f3cb68a027]VIII. Mutation[/c:f3cb68a027] – Même s’il progresse (évaluation légèrement supérieure à 1 % par la plupart des professionnels), l’ensemble du marché du numérique reste marginal : le passage à la bande dessinée digitale a donc toujours du mal à trouver ses marques.

[c=red:f3cb68a027]IX. Création[/c:f3cb68a027] – En ayant au moins 3 albums disponibles au catalogue d’éditeurs bien diffusés et un contrat en cours ou un emploi régulier dans la presse ou l’illustration, 1 399 auteurs réussiraient encore à vivre de la création de bandes dessinées sur le territoire francophone européen, alors que 1 602 dessinateurs ou scénaristes ont pourtant réussi à publier au moins 1 album en 2015.

[c=red:f3cb68a027]X. Adaptation[/c:f3cb68a027] – 28 bandes dessinées francophones ont donné lieu à des films, téléfilms et dessins animés, alors que 179 œuvres réalisées à l’origine pour d’autres médias et 98 ouvrages dépendant de licences issues d’autres supports ont alimenté la production des nouveautés du 9e art.

Gilles Ratier, secrétaire général de l’ACBD

Modifié le 12 février 2023  à 10h24
Et Thorgal dans tout ça...
Posté le 6 janvier 2016  à 19h11

5255 bandes dessinées publiées en 2015, ça fait quand même 100 BD par semaine, dont les ¾ de nouveautés. Je comprends maintenant pourquoi je suis perdu dans les nouvelles publications ! Bon, si on retire les traductions de BD étrangères, il ne reste plus que 25 nouvelles BD francophones par semaine, ça va déjà mieux…

Parmi les nouveautés 2015, il y a bien sûr les 3 derniers albums des Mondes de Thorgal. Quelle santé, ce Surzhenko ! Regardons les tirages des 3 séries de plus près…

En janvier, parution de « [c=blue:d737deeb35]Skald [/c:d737deeb35]», le 5ème album de la série Louve avec 75 000 exemplaires. Les tomes précédents ont été tirés à 140 000 ex. pour « Raïssa », 115 000 ex. pour « La main coupée du dieu Tyr », 100 000 ex. pour « Le Royaume du chaos » et 85 000 ex. pour « Crow ».

En avril, parution de « [c=blue:d737deeb35]Runa [/c:d737deeb35]», le 3ème album de la série La Jeunesse avec 80 000 exemplaires. Les tomes précédents ont été tirés à 140 000 ex. pour « Les trois sœurs Minkelsönn » et 90 000 ex. pour « L’œil d’Odin ».

En novembre, parution de « [c=blue:d737deeb35]L’Île des Enfants perdus[/c:d737deeb35] », le 6ème album de la série Kriss de Valnor avec 85 000 exemplaires. Les tomes précédents ont été tirés à 200 000 ex. pour « Je n’oublie rien ! », 130 000 ex. pour « La Sentence des Walkyries » et « Digne d’une reine », 95 000 ex. pour « Alliances » et 85 000 ex. pour « Rouge comme le Raheborg ».

La baisse des tirages est importante, mais elle est généralisée au secteur. Comme le dit l’auteur du rapport, cette baisse s’explique en partie par le fait que les éditeurs ajustent mieux leurs coûts en imprimant ce qu’ils espèrent être les ventes d’une première année de mise en place (tout en tenant compte des ventes effectives des précédents volumes), le perfectionnement des machines d’impression permettant des retirages plus rapides et pour un coût moins important qu’autrefois. Dans ce cas, il serait intéressant à plus long terme de connaître les retirages qui seront faits des albums.

Le dernier album de Thorgal, « Kah-Aniel », a bénéficié d’un tirage de 200 000 exemplaires en 2013. Qu’en sera-t-il du prochain prévu en novembre ?

Posté le 7 janvier 2016  à 13h17

150 000 ?
100 000 ?
90 ou 80 000 ?

en tout cas, je trouve ça bien bas, déjà que la baisse avec Sente était énorme, alors là…

Posté le 10 janvier 2016  à 15h37

Le chiffre des vente serait plus parlant que celui des tirages. Mais là on ne parle plus de baisse, on en est à moitié moins, c’est vraiment beaucoup. A nuancer en fonction des réimpressions éventuelles, effectivement, mais une réimpression sert essentiellement à remettre le produit en rayon, à éviter le trou dans la collection du magasin. Le gros des ventes, c’est la nouveauté, disons le mois qui suit la parution.

Ca me rappelle une interview d’Yves Sente (dans Casemate me semble-t-il) où le scénariste indiquait que les ventes avaient beaucoup chuté, mais que la multiplication des titres permettait de vendre autant de Thorgaux aujourd’hui qu’il y a 10 ans.
Autant d’albums, peut-être, puisqu’on en est à 240 000 albums imprimés l’an dernier pour les trois nouveautés, c’est énorme. Mais le lectorat est donc de plus en plus réduit. Il vaut mieux 250 000 personnes achetant et lisant ces albums, que 80 000. D’autant que quand l’un de ces lecteurs laisse tomber, c’est 10 albums vendus en moins sur 3 ans.

Je pense que l’éditeur va peut-être tenter un « coup » cette année au moment de la parution espérée-attendue-rêvée du nouvel album de Thorgal, avec une grosse mise en place, car il y aura Dorison et Rosinski sur la couverture, ça envoie du lourd. Mais mais mais pour que ça marche et que la série retrouve réellement les sommets, il faudra aussi que cet album soit très bon.

Mais ce qui me trouble le plus, c’est le nombre de publications. En 2000, je trouvais déjà qu’on était un peu inondés de BD, pas facile à suivre, des tomes 1 qui n’avaient pas de tome 2. Mais depuis, le nombre d’albums a quadruplé !
Est-ce un signe de bonne santé, indiquant que la demande a été multipliée par 4 et que la diversification est une attente du lectorat ? Ou est-ce une course concurrentielle ?
On voit quand même sur le graphique que le marché du franco-belge est plutôt stable (très haut) depuis 8 ans.

J’espère surtout que les auteurs réussissent à vivre de leur travail, il y a tellement de talent chez ces gens-là.

Posté le 10 janvier 2016  à 16h01

Il vaut mieux 250 000 personnes achetant et lisant ces albums, que 80 000. D’autant que quand l’un de ces lecteurs laisse tomber, c’est 10 albums vendus en moins sur 3 ans.

De plus que les Mondes de Thorgal vont bientôt se finir…

Posté le 10 janvier 2016  à 17h45

De plus que les Mondes de Thorgal vont bientôt se finir…

On aura encore pas mal d’albums à savourer d’ici là

Il vaut mieux 250 000 personnes achetant et lisant ces albums, que 80 000. D’autant que quand l’un de ces lecteurs laisse tomber, c’est 10 albums vendus en moins sur 3 ans.
Je pense que l’éditeur va peut-être tenter un « coup » cette année au moment de la parution espérée-attendue-rêvée du nouvel album de Thorgal, avec une grosse mise en place, car il y aura Dorison et Rosinski sur la couverture, ça envoie du lourd.

Oui, le calcul de Sente est une vue à court terme, puisque ce sont les mêmes accros qui achètent toutes les séries, et le nombre de ces fidèles est en baisse. Il faudra un sacré battage médiatique autour du prochain Thorgal pour récupérer des lecteurs supplémentaires.

Mais ce qui me trouble le plus, c’est le nombre de publications. En 2000, je trouvais déjà qu’on était un peu inondés de BD, pas facile à suivre, des tomes 1 qui n’avaient pas de tome 2. Mais depuis, le nombre d’albums a quadruplé !

Toutes ces BD qui ne vont pas au-delà du tome 1, je trouve que c’est un sacré gâchis. Même si elles me plaisent, j’en arrive à attendre pour voir si la série va continuer avant de l’acheter. Mais si tout le monde fait comme moi, plus aucune série ne pourra démarrer. Je trouve que les éditeurs manquent de courage en ne faisant pas une plus grande sélection dans ce qu’ils publient, et en soutenant les séries qu’ils ont choisies…

Posté le 13 janvier 2016  à 16h03

Ou alors il faudrait favoriser les histoires en 2-3 tomes, ou avec un tome introductif qui se suffit à lui-même. Si ça marche on continue, sinon on arrête. Mais on va au bout, on termine.

De plus que les Mondes de Thorgal vont bientôt se finir…

Non non, rien n’indique que les Mondes vont s’arrêter. La collection va continuer à évoluer, mais pas s’arrêter, a priori.

Et nos scénaristes dans tout ça...
Posté le 17 janvier 2016  à 16h14

En-dehors de Thorgal et de ses Mondes, nos scénaristes participent à d’autres projets du neuvième art. Voici les tirages de leurs principales œuvres parues en 2015 (albums publiés à au moins 20 000 exemplaires).

Jean Van Hamme : [c=blue:746962947f]Largo Winch 20[/c:746962947f] – 300 000 ex.

Yann : [c=blue:746962947f]Angel Wings 2[/c:746962947f] – 45 000 ex. et [c=blue:746962947f]Dent d’ours 3[/c:746962947f] – 20 000 ex.
Total pour Yann (y compris les Mondes de Thorgal) : 220 000 ex.

Mathieu Mariolle : [c=blue:746962947f]PSG Academy 5[/c:746962947f] – 22 000 ex. et [c=blue:746962947f]PSG Academy 6[/c:746962947f] – 22 000 ex.
Total pour Mariolle (y compris les Mondes de Thorgal) : 129 000 ex.

Xavier Dorison : [c=blue:746962947f]Undertaker 1[/c:746962947f] – 95 000 ex. , [c=blue:746962947f]Undertaker 2[/c:746962947f] – 60 000 ex. , [c=blue:746962947f]Comment faire fortune en juin 40[/c:746962947f] – 50 000 ex. , [c=blue:746962947f]Le Troisième testament : Julius 4[/c:746962947f] – 45 000 ex. , [c=blue:746962947f]Le Maître d’armes[/c:746962947f] – 39 000 ex.
Total pour Dorison (y compris les Mondes de Thorgal) : 374 000 ex.

Top 100 des lecteurs sur BDGest en 2015
Posté le 23 janvier 2016  à 18h26

[c=brown:bb79247170]Après les publications, voici pour 2015 les chiffres du top 100 des lecteurs sur BDGest, le principal site BD sur internet :[/c:bb79247170] Lien vers www.bdgest.com

Tout au long de l’année, les amateurs de bandes dessinées inscrits sur BDGest peuvent choisir chaque mois leurs 10 albums préférés, constituant ainsi le Top 5 mensuel. L’année révolue, ces votes constituent également un Top 100 des lectures préférées des visiteurs. Voici quelques chiffres et statistiques sur l’année 2015.

Tout d’abord, on note un plébiscite massif des éditions Dargaud dans le haut du panier avec pas moins de 7 albums dans les 10 premiers, 9 dans les 20 premiers et carrément les deux tomes d’Undertaker en 1ère et 4eme position. Dargaud et Delcourt sont les éditeurs préférés du Top 100, Glénat en 3e position, est talonné par Soleil. En terme de groupes, Média Participation (Dargaud, Dupuis, Lombard, Urban Comics), Delcourt (Delcourt, Soleil) et Glénat (Glénat, Vents d’Ouest) se disputent 73% du top 100, laissant 12 éditeurs se partager les 27% restants.

Les lecteurs sont volontiers curieux puisqu’un quart de leurs faveurs s’adressent à des tomes 1 ou à des one shot. Par contre, les habitudes sont résolument franco-belges avec 97% des albums préférés contre trois malheureux comics (dont deux Walking Dead) et zéro manga. Les séries et spin-off à sorties rapprochées ne semblent pas lasser les lecteurs puisque sept séries sont représentées en double : Undertaker, Nains, Elfes, Thorgal, Walking Dead, XIII, Chateau des étoiles. Enfin, la répartition par genre montre une nette préférence pour la Science-Fiction, dépassant de peu l’Heroic-Fantasy et le fantastique, les trois représentant 52% des albums.

BDGest

[c=brown:bb79247170]Dans le classement 2015 des lecteurs, « Runa » arrive 53ème et « L’île des Enfants perdus » 75ème.
En 2014, « L’oeil d’Odin » se classait 40ème, « Crow » 43ème et « Rouge comme le Raheborg » 54ème.
En 2013, « Les trois sœurs Minkelsönn » terminait 39ème, « Le Royaume du chaos » 45ème, « Kah-Aniel » 49ème et « Alliances » 70ème.[/c:bb79247170]

Modifié le 15 janvier 2017  à 15h43
La bande dessinée en 2016
Posté le 14 janvier 2017  à 21h05

Voici la synthèse du rapport 2016 de l’ACBD, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée.

2016 : l’année de la stabilisation

À quelques dizaines de titres près (50 de plus), la production de bandes dessinées en 2016 est sensiblement la même que celle de l’année précédente. Au fil des ans, le 9e art s’est construit une place de choix au sein de l’industrie culturelle et ses acteurs ont su trouver un rythme de production, ainsi que des politiques éditoriales efficaces, dans un monde en constante mutation économique et artistique : d’où la multiplication des licences et des valeurs sûres allant dans le sens des goûts d’un large lectorat. Les tentatives innovantes ou risquées financièrement se raréfient, mais participent à la consolidation des marchés de niche et des nouvelles diffusions du livre : que ce soit par l’impression à la demande ou par la vente sur Internet.  

I. Production –  Avec 5 305 livres de bande dessinée publiés en 2016 (dont 3 988 strictes nouveautés) — soit une légère augmentation de 0,9 % par rapport à l’année précédente —, l’offre éditoriale du 9e art se stabilise au-dessus de la barre symbolique des 5 000 publications.

II. Édition – 384 éditeurs occupent le marché du 9e art en 2016, mais seuls 3 puissants groupes et 12 autres importantes structures dominent l’activité du secteur, en totalisant 67,3 % de la production.

III. Évaluation –  Sur les 9 premiers mois de l’année, d’après les données Livres Hebdo/I+C, les ventes en valeur seraient supérieures à la moyenne de l’ensemble du marché du livre, mais les tirages initiaux de la plupart des 95 principaux best-sellers de l’année sont toujours en baisse.

IV. Traduction – L’augmentation des titres venus d’Asie (1541) et des États-Unis (552), lesquels représentent désormais 90,9 % des nouveaux opus traduits, n’empêchent pas le secteur de s’ouvrir aux autres productions étrangères, puisque les 2 302 traductions de 2016 sont issues de 36 pays différents.

V. Réédition – Avec 964 nouvelles éditions ou intégrales, l’exploitation du secteur patrimonial se stabilise également ; seul augmente le nombre des reprises de héros d’autrefois, avec 57 séries qui se perpétuent au-delà des disparitions ou de l’abandon par leurs créateurs.

VI. Prépublication – Malgré une distribution dans un réseau confronté à une baisse régulière de sa clientèle (et donc de son chiffre d’affaires), 70 revues spécialisées et 14 éditions particulières d’albums affirment encore la présence de la bande dessinée dans les kiosques, Maisons de la presse ou Relay.

VII. Information – L’information, l’histoire et la critique de bande dessinée intéressent toujours une certaine partie du lectorat, puisqu’il existe encore, en 2016, 24 revues papier, 44 sites spécialisés et 87 ouvrages d’études spécialisées sur le 9e art.

VIII. Mutation – Malgré un catalogue de plus en plus complet et des offres attrayantes (80 % des nouveautés et 70 % du fonds récent sont désormais accessibles en version digitale), l’ensemble du marché du numérique n’arrive toujours pas à convaincre un large public.

IX. Création – En ayant au moins 3 albums disponibles au catalogue d’éditeurs bien implantés et un contrat en cours ou un emploi régulier dans la presse ou l’illustration, 1 419 auteurs réussiraient encore à vivre de la création de bandes dessinées sur le territoire francophone européen, alors que 1 597 dessinateurs ou scénaristes ont pourtant réussi à publier au moins 1 album en 2016.

X. Adaptation – 23 bandes dessinées francophones ont donné lieu à des films, téléfilms et dessins animés, alors que 184 œuvres réalisées à l’origine pour d’autres médias et 97 ouvrages dépendant de licences issues d’autres supports ont alimenté la production des nouveautés d’un 9e art qui poursuit, par ailleurs, une percée remarquée sur le marché de l’art contemporain.

Gilles Ratier, secrétaire général de l’ACBD

Parmi les 4000 nouvelles BD éditées en 2016, les principaux tirages (hors comics et mangas) sont Lucky Luke (500 000 ex.), Blake et Mortimer (400 000 ex.), Lou ! (320 000 ex.), L’Arabe du futur, Les Légendaires, Thorgal, XIII, Les Carnets de Cerise, Les Sisters et Seuls. Outre le nouvel album de Thorgal, on retrouve cette année 2 nouveaux tomes des Mondes de Thorgal.

Dans la série La Jeunesse, « Berserkers » a été édité en avril à 75 000 exemplaires, tout comme « La reine des Alfes noirs » en septembre dans la série Louve. Le tirage de l’album « Le feu écarlate » en novembre reste aussi stable par rapport aux tomes précédents, avec 200 000 exemplaires pour Thorgal.

Posté le 15 janvier 2017  à 14h40

Aaah, les chiffres…

Il est vrai qu’il est toujours intéressant d’observer ce marché, qui nous offre ici une part de son mystère.

On voit que la production franco-belge est stable maintenant depuis 8-9 ans, depuis 2008. Il y en a quand même beaucoup. 1558 titres, ça fait 30 albums qui paraissent chaque semaine ! Combien de perles, dans cet océan, se retrouvent perdues ? Et combien d’albums moyens, aussi ? Il doit y en avoir pas mal.

Si on ajoute les rééditions, disons 500 sur les 964 annoncées, on arrive à près de 40 albums de franco-belge par semaine.
Pas facile d’être éditeur en 2017, j’imagine. Bon courage aux auteurs, aussi, pour sortir de la mêlée.

Pour ma part, ce flot incessant a un effet notable, il a peu à peu tari mes envies. Je ne commence plus de nouvelles séries, ou rarement, avec la crainte d’un arrêt de la série ou, pire, d’une multiplication des titres, d’une franchise. C’est particulièrement vrai pour les comics, je n’y arrive plus, on n’y comprend plus rien. J’ai commencé avec Strange dans les années 80, il y avait un Spiderman par trimestre, c’était cool. L’attente était délicieuse. Aujourd’hui, c’est devenu tellement compliqué, des multivers, ils sont dans le passé, le futur, des présents alternatifs, des reboots…
Ça me semble plus rationnel dans le manga, mais comme toujours il y a ce problème de la durée des séries, pas évident de se lancer la fleur au fusil dans une collection de 30 ou 40 albums dont certains ne font avancer l’histoire que d’une roue de brouette.

Mon modèle préféré reste donc le franco-belge, toujours capable de surprendre et/ou d’attraper le train du souvenir. Mais là, trop c’est trop, les albums s’entassent et ne se lisent plus.

On voit aussi que Thorgal reste stable, et que l’éditeur est à la fois raisonnable et ambitieux, en imprimant 200 000 exemplaires du dernier album.

Je me pose une question. Dans ce modèle actuel, la BD se démocratise et devient le livre qui va dans toutes les maisons, tant mieux. Mais est-elle encore capable, dans ce modèle, de créer des héros intemporels ? Est-il encore possible de faire émerger un nouveau Thorgal, Astérix, Lanfeust ou Tintin ? Une BD d’aujourd’hui peut-elle prétendre devenir un jour un standard, un pan de notre culture commune ?

Posté le 15 janvier 2017  à 18h20

Très bonne question ! La BD se démocratise, mais elle reste quand même un budget important chez nous qui lisons des albums de qualité, alors que dans d’autres pays, les BD sont des produits beaucoup moins durables. Mais acheter des BD pour ne pas les lire, c’est quand même dommage… Donc je me suis depuis quelque temps tourné vers l’emprunt en bibliothèques, qui chez moi proposent des milliers, voire des dizaines de milliers de titres empruntables. Le seul problème, c’est la limite de 6 emprunts à la fois, donc je tourne avec 3 bibliothèques en parallèle. 

Plusieurs raisons m’ont amené à cette manière de faire. D’abord, je parlais du budget. Mes emprunts me coûtent de 20 à 50 cents le tome, donc le calcul est vite fait, surtout pour des albums que je ne lirai qu’une fois. Puis je ne prends plus le risque d’acheter une BD que je n’aimerai pas. Je l’ai encore fait une fois ou l’autre en me fiant aux recommandations que j’avais lues, et j’ai été déçu. Un exemple ? J’ai acheté l’intégrale de « Il était une fois en France » car c’était une série incontournable. Je ne l’ai encore lue qu’une fois, parce que ce n’est pas le style d’histoire que je recherche, même si elle est d’excellente qualité.

Un autre point qui me freine pour commencer de nouvelles séries, c’est la pléthore de l’offre qui noie les BD de bonne qualité dans un océan de livres plus éphémères les uns que les autres. Alors à qui faire confiance pour se dire que la série que je commence va continuer ? Pourtant je suis un lecteur (et acheteur) de séries qui constituent plus de 90 % de ma bibliothèque. J’ai d’autre part été touché par la fin de plusieurs séries que je suivais depuis des années. La pire fin est pour moi celle de Buddy Longway qui meurt  avec sa femme dans le dernier tome, au bout de 20 ans passés à partager leur quotidien ! Après, ça devient plus difficile de redonner sa confiance à de nouveaux héros, un peu comme avec des amis qui disparaissent. Avec le temps, c’est plus compliqué de se faire de nouveaux amis que quand on est jeune, sans doute parce qu’on devient plus difficile…

Je ne suis pas sûr qu’il y aura encore des héros de BD intemporels à l’avenir, notamment parce que les auteurs qui veulent se consacrer à une série qui leur prendra tout leur temps deviennent plus rares. Ils ont envie de varier les plaisirs, ce que je comprends parfaitement. Tout comme les lecteurs sont moins fidèles à leurs héros que par le passé, ce que je comprends tout autant. Malgré tout, je me suis décidé à me relancer dans une nouvelle série que j’espère partie pour des années, celle de Undertaker. Mais je compte sur Xavier Dorison pour ne pas la lâcher de sitôt, sinon gare à lui ! 

Posté le 15 janvier 2017  à 18h27

J’ai bien peur que non…

Avec tout les nouveaux media (TV , internet), la BD n’est plus aussi lue par les jeunes et surtout la quasi disparition des journaux (tintin, pilote) empêche de faire surgir un nouvel « héros » de nos BD.

Tes exemples sont bons, et encore pour Lanfeust, je doute qu’on en parle encore dans 10 ans…

La bande dessinée en 2017
Posté le 25 janvier 2018  à 20h48

On n’aura plus droit au rapport annuel de l’ACBD. Gilles Ratier, son rédacteur, a rendu son tablier l’année dernière et personne ne l’a repris depuis. Donc plus d’infos sur la diffusion des Mondes de Thorgal non plus. 

Il reste l’institut d’études de marché GfK qui a fait un bilan global de 2017, avec une année record, à 43 millions exemplaires de BD vendues en France et 500 millions d’euros de CA en augmentation sur quasi toutes les familles de BD. Astérix reste la potion magique de la bande dessinée française.

43 millions d’exemplaires vendus, soit 4 de mieux que l’année précédente (2017 : 39 millions, selon GfK) et un chiffre d’affaires qui passe le cap des 500 millions d’euros. Astérix pèse à lui seul 4% de ce segment qui s’avère plus dynamique que le marché du livre dans son ensemble (+9% contre 5%), le plus haut niveau depuis dix ans, alors que le chiffre se tassait ces deux dernières années.

C’est la BD jeunesse qui explique en partie cette embellie : +18% cette année, avec un bon soutien des mangas (+10%) et une bonne tenue de la BD contemporaine grâce aux biographies et aux adaptations littéraires en BD (+5%). Le comics US, en revanche, se tasse (-6%).

Alors que d’aucuns nous prédisaient la disparition des 48cc classiques, ce sont eux qui font le chiffre cette année avec le quatuor de tête : Astérix (1,6 millions), Titeuf (175.000 ex.), Tintin (oui, oui, les Soviets en couleurs : 169.000 ex.) et Le Chat (154.000 ex.).

Derrière d’autres séries : Largo Winch et son nouveau scénariste Eric Giacometti s’en sort bien (144.000 ex.) et Les Légendaires (98.000 ex.). Suivent des outsiders plus trop surprenants : Les Vieux Fourneaux (153.000 ex., ils placent deux titres dans le Top 15), Les Culottées (117.000 ex.), Ki&Hi (106.000 ex. ; également 2 titres dans le Top 15) et une surprise : Marion Montaigne avec Dans la Combi de Thomas Pesquet (136.000 ex.). On remarquera la bonne tenue d’Astérix et la grosse glissade de Titeuf.

Source article : ActuaBD

Modifié le 1 février 2019  à 4h09
Posté le 26 janvier 2018  à 11h42

Ooooh, je viens de tomber sur ce sujet que j’avais raté les deux années antérieures. Quel dommage que le rapport n’existe plus. J’ai lu les antérieurs et j’ai trouvé ça passionant. Tjahzi, un grand merci pour le partage.

Intéressant débat que vous avez eu d’ailleurs, Stef et Tjahzi.

Ça me donne une idée de sujet.

Posté le 26 janvier 2018  à 13h36

C’est marrant, ça m’en avait donné aussi une, sur les éditeurs ! Toi c’est sur quoi ?

Mauvaise mine
Posté le 28 janvier 2018  à 9h18

Sur France Info, article très intéressant sur les conditions déplorables dans lesquelles les auteurs de BD travaillent.

Mauvaise mine

Pas de chômage, pas de vacances, pas de couverture maladie : vis ma vie (compliquée) d’auteur de BD.

Réaliser des BD, un métier de rêve… à condition de pouvoir en vivre. Pour la plupart des auteurs, la passion est souvent synonyme de galère. En 2015, une étude réalisée par les Etats généraux de la bande dessinée mettait en évidence une précarité galopante de la profession. Sur les 1 500 auteurs ayant participé à l’enquête, 53% touchaient moins que le smic annuel brut, et 36% se débrouillaient sous le seuil de pauvreté. Des chiffres qui cachent des réalités diverses, car même les auteurs établis souffrent. Des chiffres surtout qui contrastent avec la bonne santé du marché de la BD, dont le chiffre d’affaires a bondi de 20% en dix ans, et dont les fers de lance rachètent de grosses maisons d’édition. De quoi regarder d’un autre œil les auteurs mis en avant au festival d’Angoulême.

Suite de l’article ICI sur France Info.

Modifié le 1 février 2019  à 4h09
Posté le 28 janvier 2018  à 16h27

Déprimant comme article. Après, je me demande si un autre monde est possible ?

Il n’y a jamais eu autant de BDs… donc je pense que cela signifie que plus d’auteurs qui publiés qu’avant. Mais du coup plus d’auteurs publiés = moins d’argent pour chacun ? Difficile de sortir d’un tel système . La solution serait éventuellement de réduire la quantité de série… mais du coup pleins d’auteurs ne seraient même pas publiés.

Ou alors on enrichit les lecteurs pour qu’ils achètent plus de BD. Ouais, je suis partante pour cette solution . Bon, je plaisante un peu. Mais j’avoue que je ne vois pas trop quelles solutions pourraient exister. Je n’ai jamais été très calée en économie ni en sociologie…

Posté le 28 janvier 2018  à 17h13

La base, c’est pour moi de payer correctement l’auteur pour son travail. Quand je lis un salaire de 2€ de l’heure, c’est choquant. Alors s’il faut engager moins de personnes pour pouvoir les payer correctement, c’est le travail de l’éditeur de faire les meilleurs choix possibles. Le modèle économique de la BD ne fonctionne plus, en tout cas pour les auteurs.

Auteur dessin : Soulcié

Modifié le 1 février 2019  à 4h09
La bande dessinée en 2018
Posté le 30 janvier 2019  à 18h10

Sur base du rapport de l’institut d’études de marché GfK, Actua BD commente les résultats des ventes de bandes dessinées en 2018.
Le marché de la BD a fait en 2018 son meilleur score depuis 15 ans
Avec 44 millions d’albums vendus (+ 1 million par rapport à 2017) et un chiffre d’affaires de 510 millions d’euros (+ 10 M par rapport à l’année précédente) et + 2,5% en volume, le marché de la bande dessinée en France progresse en dépit d’une « surproduction » récurrente, de l’absence d’un « vrai » Astérix en 2018 et de l’effet « Gilets Jaunes » sur les fêtes de fin d’année.
En novembre, les directeurs commerciaux des maisons d’édition suaient des grosses gouttes. Les premières manifestations des Gilets jaunes avaient entraîné la fermeture des magasins de centre-ville, en particulier des enseignes comme la FNAC. Coup dur pour un secteur du livre déjà fragile…
Alors que le Lucky Luke de l’année, sorti une semaine auparavant, gardait son cap par rapport aux espoirs de vente, le dernier Blake & Mortimer avait dévissé. « Mais ; chose extraordinaire, nous avons tout rattrapé dans les derniers jours de fêtes, et la tendance du mois de janvier reste au-dessus de la moyenne » nous dit le directeur commercial d’une grosse maison d’édition.

Stéphane Beaujean, directeur artistique du Festival International de la BD d’Angoulême, dans un commentaire sur sa page Facebook, se félicite d’une situation qui, selon un communiqué de l’institut de sondages Gfk, « confirme les tendances (croissance à deux chiffres du manga, croissance du comics, croissance de la création jeunesse contemporaine, de la non-fiction et fiction contemporaine, décroissance continue du récit de genre et des héros historiques francophones. »
Mais il ajoute ce qui a l’air d’un plaidoyer pro domo pour une sélection d’Angoulême souvent jugée élitiste : « … l’effet de rattrapage lié au développement de nombreux publics et genres au début des années 2000 permet à la bande dessinée de maintenir sa croissance malgré un chiffre global du livre en berne depuis plusieurs années. En revanche, le public du socle historique de la bande dessinée, qui avait déjà atteint sa masse critique depuis de nombreuses années, décroit naturellement en suivant la courbe du livre papier. »
Voire. Pour un secteur subclaquant, ce « socle historique » tient sacrément bien le haut du pavé cette année encore : les deux meilleures ventes de l’année restent Lucky Luke et Blake & Mortimer, des séries qui comptent plus de 70 ans aux chanterelles.

Dans cette année sans nouveauté d’Astérix, le « 48cc » place 12 titres dans les 20 meilleures ventes. Et effectivement, ce Top 20 est bien diversifié : les mangas occupent 4 des 20 premières places, dont deux attribuées à Dragon Ball qui n’est pas non plus un perdreau de l’année…, Le roman graphique a comme seul représentant Riad Sattouf qui occupe deux places sur 20 et « l’effet cinéma » des Vieux Fourneaux lui permet de placer quatre titres dans le Top 20 des best-sellers.
La nouvelle génération -quel que soit le secteur- confirme sa position : Marion Montaigne (Dans la combi de Thomas Pesquet) fait une très belle année pour un titre paru en 2017, Patrick Sobral (Les Légendaires) reste une valeur sûre, de même que Julien Neel (Lou !). On remarque aussi Ki & Hi des bloggeurs K. Tran & F. Antigny (Ed. Michel Lafon) qui vient confirmer pour la deuxième année l’émergence des « mangas français » dans le Top 20, une vraie tendance de fond qui enchaîne de plus en plus les succès.

Mais pour revenir à l’enquête GfK, il y a en 2018, une nette progression des ventes en volume des mangas : +11%, qui atteint désormais 38% du marché gagnant 3% par rapport à l’année précédente. Les comics restent stables (6% de pdm) tandis que la BD jeunesse et la BD classique se tassent en cette année où la nouveauté Astérix est absente.
Allez bon, à Angoulême, on peut faire la fête pour célébrer cette année exceptionnelle, avec des ventes records, le plus haut chiffre recueilli en France depuis 15 ans !
Source : Lien vers www.actuabd.com

Modifié le 1 février 2019  à 4h11
Posté le 30 janvier 2019  à 19h22

Merci pour ce partage, passionnant!

Je m’étonne du résultat du « carnet de cerise », sorti en 2012 ?

Il faudrait que je lise un jour « les légendaires », si je comprend bien, c’est la série d’aventure à succès du moment?

Posté le 30 janvier 2019  à 20h57

« Les légendaires » et « Les carnets de Cerise » ne m’attirent guère par leurs dessins, je n’ai donc jamais franchi le pas. Si mes filles étaient encore enfants, je leur aurais certainement offert la seconde série, que parents et enfants adorent. Voilà pourquoi je pense que le tome 1 est toujours autant offert par des fans qui veulent partager leur passion pour les aventures de Cerise. 

Un peu comme « Les vieux fourneaux », mais à offrir plutôt à tes grands-parents ! 

Moi, c’est l’absence de Thorgal qui m’a un peu étonné, enfin pas tant que ça finalement…

Posté le 1 février 2019  à 4h01

J’ai lu « Les légendaires », mon fils les a tous, c’est très sympa. J’ai découvert récemment « Les vieux fourneaux », le tome 1 est excellent !
J’ai tenté « Ki & Hi », mais je n’ai rien compris.
« The promised neverland », c’est un de mes coups de cœur 2018. Des enfants surdoués, un orphelinat mystérieux, une découverte abominable qui bouleverse leur vie, et un style graphique assez singulier. Le rythme de parution soutenu aide à l’addiction, déjà 5 tomes en 6 mois.
Toujours pas lu « L’arabe du futur », il faudrait que je feuillette, tout le monde en parle.

Je ne sais pas trop quoi dire sur ce classement 2018, je le trouve un peu plat, redondant… Par contre les gens lisent, et ça c’est bien. Pas de Dupuis ou Lombard dans le top 20, allez, en 2019 ça va le faire.

Pas surpris par le manga, près d’un album sur deux sur ce qui se vend en France. J’en achète également de plus en plus. Ils savent cultiver l’addiction, toujours avec les mêmes ressorts mais ça fonctionne.

Ça confirme aussi que Thomas Pesquet est l’une des stars de ce début de XXIème siècle, en France.
Quant à Thorgal, je suis persuadé que le tome 36 n’est pas bien loin de ce top 20. Mais, il n’y a pas si longtemps, il aurait été dedans.

Posté le 1 février 2019  à 5h08

J’ai lu les trois premiers tomes de « L’arabe du futur », par curiosité devant son succès. C’était aussi mon entrée dans le monde des romans graphiques. Et là je me disais en feuilletant le livre : comment peut-on mettre 10 pages pour raconter ce qui prendrait 2 planches en BD franco-belge ? Tu as l’impression de tourner sans arrêt les pages pour qu’il se passe quelque chose. Tu t’arrêtes rarement pour admirer le travail graphique, parce que c’est avant tout un récit autobiographique raconté sous forme de dessins, très caricaturaux. Mais ce qui marche, c’est que l’auteur y partage ses souvenirs, ses sensations, les émotions de son enfance en Lybie puis en Syrie. Lui qui était blond grâce à sa mère française, apparaissait comme un extra-terrestre dans les contrées reculées des pays arabes. Et son père d’origine syrienne n’avait qu’une obsession : faire de lui l’arabe du futur, et aussi éduquer les masses ignorantes, car il était très fier de ses origines arabes. J’ai trouvé le contenu tellement critique vis-à-vis du monde arabe que j’ai pensé qu’il allait être mal reçu par eux, mais apparemment, il est apprécié partout. Je l’ai lu comme une curiosité, mais ce n’est clairement pas la collection que j’achèterais en BD. Par contre, j’ai craqué pour « Les vieux fourneaux » qui correspondent sans doute mieux à mes envies dans les dialogues, le rythme du récit et la qualité du dessin. Bon, c’est aussi très typé « franco-français », mais on s’attache aux personnages, et c’est jubilatoire à lire !

Posté le 1 février 2019  à 12h00

L’arabe du futur … j’adore. Les bd avec un enjeu social, une problématique humaniste très forte, ça me va. 

Isis a écrit
Après, je me demande si un autre monde est possible ?

J’ai été Graphiste, illustratrice à mon compte et aussi salariée. Je suis sortie de BX-Arts en 98 et je suis de cette génération qui a vraiment vu le traitement réservé aux auteurs s’effondrer. Mais je suis aussi de cette génération de la formation de masse, avec en effet beaucoup, beaucoup d’artistes auteurs sortir de toute part de nos belles formations publiques comme privées. Beaucoup de ma promo de 5eme année sont devenus …. autre chose (plombier, prof )  et alors ? Moi je ne regrette rien même si j’ai changé de voie ensuite. Est-ce une raison pour voler les auteurs ? parce qu’il y en a plein ? se faire payer dans ce secteur revient à faire l’aumône à des gens qui n’entendent souvent rien du tout à la valeur artistique ou culturelle d’un travail. N’importe qui est payé n’importe quoi puisque ce n’est plus qu’une question de marché.   En plus, tous les métiers de la création et des sciences humaines sont sinistrés dans notre pays (je vis avec un chercheur en socio…) et le souci c’est que ça augure d’une société où les valeurs humanistes ne sont plus dans aucune décision. Thorgal viendrait dans le futur il dirait : « bon sang toujours les mêmes problèmes ! j’me casse ».

Marché de la BD en 2018
Posté le 30 juillet 2019  à 8h49

Commentaires intéressants à lire sur ActuaBD suite à la seconde partie de l’enquête menée par GfK pour le Syndicat National de l’Edition en France. La présentation complète de l’enquête est visible ICI.

Marché de la BD 2018 : une fois de plus, le manga assure la croissance

Le Syndicat National de l’Edition vient de sortir sa 2e étude GfK (avec un échantillon de 15 000 panélistes de 10 ans et plus) sur le marché de la BD en France. Les chiffres sont en hausse : 5300 nouveautés publiées et 43,6 millions d’exemplaires vendus. Non seulement les amateurs de BD tirent le marché du livre vers le haut en n’achetant pas que des BD, mais c’est le manga qui tire l’ensemble, recrutant à chaque fois de jeunes nouveaux lecteurs.

« Une fois encore, le marché de la BD affiche son dynamisme en 2018. Il représente près de 15% du marché du livre (+2% par rapport à 2016) et 7,9 millions d’acheteurs. Soit environ 14% de la population totale (âgée de plus de 10 ans) qui ont acheté en moyenne 6 BD dans l’année, soit une de plus par rapport à l’enquête précédente.

Les amateurs de BD sont aussi des acheteurs de livres : ils achètent en moyenne 18 livres par an pour un budget de 194€ dont 63 € sont alloués à la seule BD. Mais même s’ils ont acheté plus qu’en 2016, référence de la précédente enquête (+11%), il y a moins d’acheteurs au global (-2%), ce qui est un brin inquiétant.

Le manga en pôle-position

Tous les segments sont en progression, sauf le comics, et c’est clairement les mangas qui vivent la plus belle embellie, avec +22%, par rapport à 2016.

Les acheteurs de BD sont majoritairement âgés plus de 50 ans ; ce sont des femmes (52%), qui offrent volontiers de la bande dessinée à des tiers (50% des achats), en général des jeunes âgés de 10 à 30 ans, principalement des hommes (64% des achats.) En clair : des mères de famille.

Trois secteurs sortent du lot :

– Le Manga (+22% en volume en 2 ans) avec le Shônen et le Seinen en pointe

– La BD jeunesse contemporaine (+20% en 2 ans) majoritairement achetée par les 10-14 ans.

– Les segments biopics, fiction contemporaine et documentaires de la BD de genre, portés par le format Roman graphique (+47% en 2 ans).

La BD, porte ouverte vers la lecture

On s’aperçoit que la BD est une propédeutique aux autres lectures : 88% des acheteurs de BD ont acheté des livres en dehors du rayon bande dessinée ; 50% des acheteurs de BD jeunesse ont aussi acheté des romans jeunesse ; 49% des acheteurs de mangas ont aussi acheté des ouvrages de romans jeunesse et 58% de Littérature générale ; 67 % des acheteurs de romans graphiques ont aussi acheté des ouvrages de Littérature générale. Qui a dit que la BD désapprenait à lire ?

La BD franco-belge, que d’aucuns voyaient subclaquante, progresse cette année (+6% en volume) avec 6,5 millions d’acheteurs. Ceci est dû à la structure à plus de 50% familiale des consommateurs. La non-fiction (BD documentaire) se taille de plus en plus une part éminente, suivie par la fiction contemporaine, les adaptations de classiques et de biographies. En revanche, ce sont les segments traditionnels : histoire, humour, aventure, thriller… qui reculent. Décidément, les frontières traditionnelles bougent. »

Source : Lien vers www.actuabd.com

Modifié le 7 septembre 2023  à 14h33
Posté le 31 juillet 2019  à 8h26

Thorgal est donc de la « BD patrimoniale ». Elles ne sont peut-être plus tant que ça, à avoir encore des nouveautés chaque année.

Merci pour ce partage.

Je suis pour ma part bien au-dessus du lecteur moyen, que ce soit en volume ou en montant des dépenses. Environ 50 BD par an. Moins de livres qu’avant par contre. Peut-être une douzaine par an. Mais il faut dire que j’ai tendance à lire les classiques sur liseuse. Encore que, je viens de m’offrir un George Sand papier dans une belle édition.

Top 100 des lecteurs BDGest pour 2019
Posté le 5 janvier 2020  à 17h50

BDGest publie le top 100 des albums préférés de ses lecteurs pour 2019 : 

Lien vers www.bdgest.com

 

1. Les Indes Fourbes (252 votes) par Alain Ayroles et Juanjo Guarnido chez Delcourt

2. Jusqu’au dernier (220 votes) par Jérôme Félix et Paul Gastine chez Bamboo

3. Katanga (206 votes) par Fabien Nury et Sylvain Vallée chez Dargaud

4. Le Château des Animaux (204 votes) par Xavier Dorison et Félix Delep chez Casterman

5. Undertaker (194 votes) par Xavier Dorison et Ralph Meyer chez Dargaud

 

Thorgal arrive à la 34ème place (80 votes) pour « L’Ermite de Skellingar » et à la 73ème place (51 votes) pour « La Dent bleue ».

Modifié le 7 septembre 2023  à 14h34
blackiyto
Posté le 24 juin 2020  à 18h59

Le chiffre des vente serait plus parlant que celui des tirages. Mais là on ne parle plus de baisse, on en est à moitié moins, c’est vraiment beaucoup. A nuancer en fonction des réimpressions éventuelles, effectivement, mais une réimpression sert essentiellement à remettre le produit en rayon, à éviter le trou dans la collection du magasin. Le gros des ventes, c’est la nouveauté, disons le mois qui suit la parution.

Modifié le 14 décembre 2025  à 10h40
Top 50 des ventes 2021
Posté le 29 janvier 2022  à 8h13

Je vous propose trois lectures (assez rapides) du marché du livre et de la Bd en 2021.

Un bilan Gfk avec chiffres et statistiques

Un article présentant l’année côté ventes et notamment la confirmation du succès dingue des mangas

Le top 50 des ventes de BD

Thorgal n’est pas mentionné dans ces articles, car il est nécessaire de vendre plus de 120 000 exemplaires de la nouveauté pour entrer désormais dans ce top 50 ! C’est fou, les chiffres explosent. Alors qu’on nous disait que le livre papier allait décliner…

Pour ma part, je ne lis plus du tout de livres électroniques. Le seul que j’ai lu sur écran l’an dernier, c’est justement le nouveau Thorgal. Vive le papier !

Il faudrait presque désormais faire un classement manga et un classement BD, parce qu’il n’y a plus de visibilité sur le franco-belge dans ces classements.

Je vous mets le classement pour info. Si on enlève le manga et Adèle, ben ça ressemble plutôt à un Top 10 en fait. A noter, le carton mérité pour l’album Goldorak et bien sûr le nom de Jean Van Hamme sur la sixième ligne.

Il faudrait que je jette un œil sur Mortelle Adèle, quand même, parce que pour que ça cartonne comme ça, il doit y avoir un truc.

Modifié le 14 décembre 2025  à 10h40
Posté le 29 janvier 2022  à 8h54

Mais oui, incroyable cette Adèle, je ne connais pas non plus.

par contre je kiffe Blacksad, et je ne suis pas la seule   en plus cet album nous laisse avec une fin qui va confirmer les ventes à la sortie du T7.

non je ne veux pas d’un crossover Blacksad / Thorgal par contre.  

Posté le 29 janvier 2022  à 11h17

Hirondl a écrit
non je ne veux pas d’un crossover Blacksad / Thorgal par contre.

Déjà fait dans « La chute de Brek Zarith ».  

D’après la rumeur, tous les personnages de Blacksad portent un masque et se rendent à une fête costumée (au cours de laquelle il vaut mieux éviter de boire et manger).

Posté le 1 février 2022  à 11h51

je ne comprends pas bien, que le franco belge se soit fait bouffer par la manga,

il me semble qu’il y a eu des erreurs commercial strategique, 

– trop peu de diffusion multi-media,( serie, roman, jeux video, jouet, jeux de société) 

-couverture cartonné trop cher et absence de bd à prix réduit (en format manga justement, ^^)

– absence de partenariat avec le reste de la société, (sauf parc asterix etc… )

-auteur de bd trop individualiste et capricieux,

 

qu’en pensez vous? 

Posté le 1 février 2022  à 16h23

après , je me suis peut être mal exprimé,

je parlais surtout de la culture populaire, grandement lié à la bd, 

Posté le 1 février 2022  à 17h54

Je consomme quelques animes (moins de manga) et je pense que le format est tout simplement plus adapté à l’actualité.

Les mangas se produisent très vite et pour nombre d’entre eux, la qualité n’est pas vraiment affectée par le rythme. Le dessin est souvent plutôt correct, bien que en blanc et noir. D’un autre côté, les scénarios nipons sont souvent assez particuliers, loins d’être stupides et souvent bien ficelés et originaux pour les meilleurs d’entre eux. Regardez ou lisez Shingeki no Kyiojin (l’Attaque des Titans) et vous comprendrez ce que je veux dire.

Par an et pour une série à succès, on peut facilement avoir 2-3 tomes de publiés. Et en terme de contenu pur, chaque tome de manga peut être comparé à 2-3 albums franco-belge de 48 pages. Ajouter à cela qu’un tome de manga coûte environ 8 euros, et vous comprendrez : on a plus de contenu pour moins cher, plus souvent, et de qualité scénaristique équivalente, voire supérieure dans certains cas (*).

Alors oui, le dessin est peut-être moins original qu’un dessin franco-belge (le style de dessin est très codifié), mais l’histoire est tout aussi bien, parfois plus.

Alors oui, les tomes de manga sont plus médiocres en terme de matériaux. Mais en définitive, c’est en accord avec les temps qui courent : en terme de vêtements par exemple, qui achète autre chose que du prêt-à-porter pas cher ? Pourtant les vêtements sur mesures sont meilleurs, mais on s’en fout.

L’homme du XXIième est habitué à la rapidité et n’a plus AUCUNE patience. Les BD franco-belge exigent d’attendre. Ce n’est pas le cas des manga.

Ne vous méprenez pas, je ne dis pas que le manga est mieux, attention. Je dis juste que son modèle de production est beaucoup plus adapté à notre société actuelle. Et je ne dis pas non plus que ce modèle soit meilleur. De fait, d’un point de vue éthique, il a un côté extrèmement sinistre, car il suppose souvent une exploitation des auteurs (mangaka) qui est impensable en Europe. Il y a eu des congés maladies pour dépression, des burn-out et bien sûr des suicides… La rapidité de production en art a un coût, souvent tragique.

Sans compter le côté plutôt siniste de contribuer à une société toujours plus pressée, toujours plus impatiente, toujours plus consomatrice.

C’est très triste, mais je ne vois pas comment la BD franco-belge pourrait gagner face aux manga. Comme Stéphane, je me demande si placer ces deux types d’oeuvres dans les mêmes listes a encore un sens. À ce compte-là, c’est un peu comme placer les romans et les BD ensembles sous prétexte que c’est des livres qui racontent une histoire. Ou les guides de voyages et les bouquins cuisine dans une même catégorie parce que c’est des livres avec des images…

____

(*) Comparez-moi le scénario de l’ensemble de l’Attaque des Titans avec le méga-cycle Thorgal… Thorgal a voulu faire comme les manga, avec une histoire complexe qui ouvre pleins d’arcs narratifs et ça a été une catastrophe.

Posté le 2 février 2022  à 7h45

Waw. Je ne lis pas de manga (depuis Akira  … ) et cette analyse de la situation est instructive.

J’ai constaté aussi que les ados actuels qui aiment et pratiquent le dessin font tous du manga.

Il m’arrive que des connaissances me demandent ce que je pense des dessins de leurs enfants, ou à l’école qu’on me demande ce que je pense des talents de tel ou tel élève. Je constate que tous les jeunes font du manga, ça tend à stéréotyper toutes les propositions créatives.

Tous les jeunes dessinateurs ont, dans leur enfance, aimé copier des modèles, mais il me semble qu’autrefois les sources d’inspirations étaient plus diversifiées d’un individu à l’autre. Avec la diversification, les sensibilités s’expriment. L’aspect technique est important aussi, mais avec le modèle manga, même la recherche de maîtrise technique s’efface  au profit du stéréotype.

Il me semble que les codes graphiques asiatiques (dans leur ensemble), et leur formidable expressivité, sont d’une importance capitale dans l’évolution de l’univers graphique européen . Quand j’ai passé (et raté) le concours aux arts déco de Paris en 94, le couloir était rempli d’asiatiques (Corée, Japon) qui venaient en France faire leurs études. Et ils arrivaient avec un talent et une technique de ouf…(Edit : c’était le concours pour entrer en 4° année, donc avec un gros niveau, je me souviens des books  hallucinants de certains coréens… on bavait tous devant),  Aujourd’hui je ne sais pas comment ça se passe dans les écoles de bd ou d’arts graphiques…

Posté le 2 février 2022  à 8h44

Hirondl a écrit
Waw. Je ne lis pas de manga (depuis Akira  … ) et cette analyse de la situation est instructive.

J’ai constaté aussi que les ados actuels qui aiment et pratiquent le dessin font tous du manga.

Il m’arrive que des connaissances me demandent ce que je pense des dessins de leurs enfants, ou à l’école qu’on me demande ce que je pense des talents de tel ou tel élève. Je constate que tous les jeunes font du manga, ça tend à stéréotyper toutes les propositions créatives.

Tous les jeunes dessinateurs ont, dans leur enfance, aimé copier des modèles, mais il me semble qu’autrefois les sources d’inspirations étaient plus diversifiées d’un individu à l’autre. Avec la diversification, les sensibilités s’expriment. L’aspect technique est important aussi, mais avec le modèle manga, même la recherche de maîtrise technique s’efface  au profit du stéréotype.

J’aime bien le dessin type manga, mais tu as raison, c’est très homogène, là où le franco-belge produit des dessins bien plus différents d’un auteur à l’autre.

Mais on y peut rien. Si les jeunes lisent plus de manga que du franco-belge, ils copieront plus le manga. C’est inévitable.

Hirondl a écrit

Il me semble que les codes graphiques asiatiques (dans leur ensemble), et leur formidable expressivité, sont d’une importance capitale dans l’évolution de l’univers graphique européen . Quand j’ai passé (et raté) le concours aux arts déco de Paris en 94, le couloir était rempli d’asiatiques (Corée, Japon) qui venaient en France faire leurs études. Et ils arrivaient avec un talent et une technique de ouf…(Edit : c’était le concours pour entrer en 4° année, donc avec un gros niveau, je me souviens des books  hallucinants de certains coréens… on bavait tous devant),  Aujourd’hui je ne sais pas comment ça se passe dans les écoles de bd ou d’arts graphiques…

Le Japon, et surtout la Corée du Sud ont une culture de l’excellence assez extrême. Vous connaissez la K-pop ? Le pop coréen ? C’est comme le manga : tous les groupes sont très similaires les uns aux autres mais leurs intégrants ont un talent de danseur innégalé. Ce sont des jeunes qui commencent très tôt à apprendre à danser et entrent dans un circuit où la concurrence est inimaginable si on la compare avec ce qu’on trouverait en Europe. Ils travaillent comme des fous et sont contrôlés dans tous les aspects de leur vie, que cela soit le poids ou même leur vie amoureuse. Les groupes sont tous fabriqué sur mesure par des boîtes de production et rien n’est laissé au hasard. 

Modifié le 2 février 2022  à 9h47
Posté le 2 février 2022  à 14h02

Je ne jette pas de pierre parce que je lis autant de manga que de franco-belge, donc je fais bien le 50% annoncé dans les documents.

J’ajoute à ce que vous dites que beaucoup de mangas s’appuient sur des dessins animés, ou vice-versa, et un grand nombre de produits dérivés. Et si je veux m’offrir une belle statuette de Tortue Géniale je mets 40 euros et j’en trouve partout, si je veux une belle statuette de Lucky Luke ce sera plutôt 200 ou 300 euros en édition ultra limitée.

On a deux modèles économiques sans vrai lien, j’ai l’impression.

Et puis les mangas sont généralement produits en studio, avec pas mal de petites mains qui turbinent autour de celles de l’auteur principal. Ça se faisait aussi dans le franco-belge (je pense à Walthéry qui travaillait presque toujours avec un ou deux copains) mais je ne sais pas si on retrouve ça aujourd’hui, à part pour la mise en couleur qui reste souvent l’affaire de spécialistes.

Mon seul reproche au manga, c’est qu’il me semble qu’il est insuffisamment classifié. Il m’est arrivé de feuilleter un album et de le reposer vite fait dans le rayon avec dégoût, parce que je n’avais pas compris qu’il s’agissait d’un king game avec arrachage de tête de lycéenne. J’ai commencé une série récemment (Eden – Perfect edition) et je ne suis pas sûr de continuer, j’en ai marre de voir les personnages déchiquetés, de voir passer sur l’image la tête arrachée d’une héroïne qu’on suit depuis 15 chapitres. Ce n’est pas mon trip, mais je ne sais pas bien quoi penser de l’impact général de ces images sur nous tous.

Posté le 2 février 2022  à 14h32

Ah oui, les japonais ont un rapport à la violence assez bizarre. Ça ne me plaît pas des masses non plus. 

Mais paradoxalement, je me sens moins mal à l’aise en voyant des trucs violents dans le manga que des trucs durs dans les BD franco-belge. Je pense que c’est parce que la plupart des scénarios de manga sont si improbables, si éloignés du monde réel, qu’ils m’impactent moins.

Pour poser un exemple concret, la scène d’introduction de l’album « Louve » de Thorgal m’horrifie bien plus que les scènes de démembrements de certains manga.

Posté le 5 février 2022  à 9h05

Isis a écrit
Le Japon, et surtout la Corée du Sud ont une culture de l’excellence assez extrême. Vous connaissez la K-pop ? Le pop coréen ? C’est comme le manga : tous les groupes sont très similaires les uns aux autres mais leurs intégrants ont un talent de danseur innégalé. Ce sont des jeunes qui commencent très tôt à apprendre à danser et entrent dans un circuit où la concurrence est inimaginable si on la compare avec ce qu’on trouverait en Europe. Ils travaillent comme des fous et sont contrôlés dans tous les aspects de leur vie, que cela soit le poids ou même leur vie amoureuse. Les groupes sont tous fabriqué sur mesure par des boîtes de production et rien n’est laissé au hasard.

Mais oui ! ma fille a eu sa période BTS et autres. Et du coup elle nous parlait de Corée du Sud à tout bout de champ ! Je m’étais un peu penchée sur la question : ils sont beaux, ils sont craquants, ils sont très très forts, ils sont … effrayants en fait en effet. Et il y a quelques suicides à déplorer.  

Mais « l’excellence » nous met face à des contradictions : par exemple j’ai ce problème vis à vis de l’excellence russe en danse classique et en gymnastique, à la fois ça me fait rêver, à la fois la sélection et les modalités d’entrainement me déplaisent. Mais on ne peut nier qu’il y a, dans les écoles, la transmission d’un savoir-faire inestimable. Comme pour les asiatiques dans les arts graphiques. En revanche la K-Pop rentabilise des savoir-faire plutôt occidentaux en chant et danse.

(Le Japon en général me fait cet effet de fascination/répulsion tout à la fois en fait.)

Posté le 5 février 2022  à 9h05

Isis a écrit
Le Japon, et surtout la Corée du Sud ont une culture de l’excellence assez extrême. Vous connaissez la K-pop ? Le pop coréen ? C’est comme le manga : tous les groupes sont très similaires les uns aux autres mais leurs intégrants ont un talent de danseur innégalé. Ce sont des jeunes qui commencent très tôt à apprendre à danser et entrent dans un circuit où la concurrence est inimaginable si on la compare avec ce qu’on trouverait en Europe. Ils travaillent comme des fous et sont contrôlés dans tous les aspects de leur vie, que cela soit le poids ou même leur vie amoureuse. Les groupes sont tous fabriqué sur mesure par des boîtes de production et rien n’est laissé au hasard.

Mais oui ! ma fille a eu sa période BTS et autres. Et du coup elle nous parlait de Corée du Sud à tout bout de champ ! Je m’étais un peu penchée sur la question : ils sont beaux, ils sont craquants, ils sont très très forts, ils sont … effrayants en fait en effet. Et il y a quelques suicides à déplorer.  

Mais « l’excellence » nous met face à des contradictions : par exemple j’ai ce problème vis à vis de l’excellence russe en danse classique et en gymnastique, à la fois ça me fait rêver, à la fois la sélection et les modalités d’entrainement me déplaisent. Mais on ne peut nier qu’il y a, dans les écoles, la transmission d’un savoir-faire inestimable. Comme pour les asiatiques dans les arts graphiques. En revanche la K-Pop rentabilise des savoir-faire plutôt occidentaux en chant et danse.

(Le Japon en général me fait cet effet de fascination/répulsion tout à la fois en fait.)

Après les mangas, l'arrivée des manhwas coréens
Posté le 6 février 2022  à 6h26

Mon enfance n’a pas croisé le Club Dorothée et ses dessins animés japonais, je n’ai donc jamais accroché aux mangas par la suite. Mais je reconnais que leur production industrielle est une très belle réussite, tout comme les séries télé américaines qui tiennent le haut du pavé depuis des décennies. Et la déferlante des manhwas coréens est pour bientôt !

En complément des articles partagés par Stéphane, voici un autre entretien avec la directrice du Lombard, Christel Hoolans, dans le journal belge Le Soir.

« Christel Hoolans dirige les éditions du Lombard et Kana, le principal label manga du groupe Média-Participations, basé à Bruxelles. Kana a été créé à l’initiative d’un éditeur bruxellois au nez fin, Yves Schlirf, en 1996. C’est la maison d’innombrables best-sellers comme Naruto, Death Note, Detective Conan, Yu-Gi-Oh !, Monster, La Rose de Versailles ou Le Sommet des dieux.

L’an dernier, le chiffre d’affaires de Kana a progressé de 120 %, sans même prendre en compte le succès du roman graphique de Goldorak. Nous avons fait appel au « jutsu », la compétence de Christel Hoolans, pour tenter d’éclairer les raisons de ce « seiko ».

Comment expliquer le « seiko », l’immense succès, du manga enregistré ces deux dernières années sur le marché du livre franco-belge ?

Dès avril-mai, on a vu un frémissement dans les ventes. Le confinement, Netflix et les plateformes d’animes spécialisées ont provoqué un rush. Netflix investissait depuis cinq ans déjà dans la japanime. Ils avaient un catalogue énorme. Depuis 2014, la croissance des ventes des mangas était ininterrompue. En 2019, on avait déjà connu une année historique et, là, les mangas ont encore explosé les records. Pour moi, c’est clairement Netflix qui a permis cet avènement. Si l’on prend l’exemple de Naruto, le héros de manga le mieux classé au Top 10 des ventes, la ressortie de ses dessins animés sur Netflix a entraîné des demandes sur toutes les catégories de ses produits dérivés. Et des tas d’autres séries de mangas ont des tomes 1 dans le Top 100 des meilleures ventes de bandes dessinées. C’est le signe d’un recrutement massif de nouveaux lecteurs.

Le tsunami des mangas s’explique aussi par le fait que les anciennes séries fonctionnent aussi bien, voire mieux que celles du fonds ?

Naruto est une série terminée depuis 2016 et avec l’effet Netflix, la série retrouve un succès énorme. Trois tomes sont dans le Top 10. Globalement, les nouveautés représentent 27 % de ventes de mangas pour 73 % au fonds. Les ventes sur les anciens tomes ont augmenté de 100 % pendant la pandémie. Les élèves privés d’école se faisaient les séries comme Naruto sur Netflix, puis avaient l’envie de lire les mangas, d’autant qu’il y avait des épisodes différents de ceux que l’on peut voir en animation. L’un nourrissait l’autre comme dans un cercle de magie vertueuse. Par ailleurs, les consommateurs de mangas sont très communautaires : ils partagent leur passion, se prêtent les différents tomes… J’ajoute qu’en France, il y a eu un effet booster grâce au « Pass Culture », au point que la presse l’a renommé « Pass Manga ». Tous les jeunes de 18 ans avaient droit à plusieurs centaines d’euros pour acheter des livres, des places de cinéma ou de concert. Le Pass a été énormément utilisé pour acheter des livres et 60 % des livres achetés étaient des séries complètes de mangas !

La Belgique étant elle-même une terre de héros de BD, elle a longtemps résisté à l’engouement mondial pour le manga. Là, les francophones ont craqué mais pas encore les Flamands ?

La Belgique francophone vient de vivre un bond historique dans les ventes de mangas. Beaucoup d’acheteurs sont des jeunes issus de l’immigration. Les mangas les ont ramenés vers le livre car c’est de la lecture extrêmement addictive. Les séries paraissent avec une nouveauté tous les deux ou trois mois, et un nombre de tomes qui peut aller jusqu’à 100 volumes, voire davantage. Les gamins les enchaînent car on est aussi accro qu’aux séries télé américaines. Pour ce qui concerne la Flandre, aucune série n’est parvenue à être rentable depuis dix ans. C’est une exception mondiale ! Une explication tient au fait que les Flamands préfèrent lire majoritairement des créations flamandes. Une autre est de constater que ceux qui sont intéressés par les mangas préfèrent les lire en anglais plutôt que d’attendre leur traduction en néerlandais…

Le succès des mangas ne met-il pas en péril l’avenir des auteurs franco-belges ?

La bande dessinée traditionnelle souffre de la concurrence non seulement des mangas, mais aussi des séries télé, des jeux vidéo… Le rythme de publication de nos auteurs ne correspond plus toujours à la demande actuelle. Faire patienter le lecteur pendant un an pour un tome 2 est devenu plus difficile. Mais il reste de la place pour de vrais succès franco-belges, comme Mortelle Adèle, Les Légendaires… L’édition franco-belge est aussi en croissance. On voit des premiers tomes de nouvelles séries avec des tirages impressionnants comme Elle, vendu à 80.000 exemplaires, alors que sa jeune autrice était inconnue jusque-là, ou les 20.000 exemplaires des Omniscients, œuvre d’une dessinatrice dont c’est le premier livre également. Je pense que les mangas provoquent des impulsions salutaires dans l’édition franco-belge.

Pour mieux résister à la concurrence des mangas, ne faudrait-il pas changer notre façon de créer de la bande dessinée ?

Le problème, c’est que nous vivons dans un monde diamétralement opposé. En manga, on est dans un univers industriel, où l’on cible la création en fonction des goûts des lecteurs. On intègre directement les produits dérivés dans la réflexion. Je dirais que le manga est dans le divertissement, alors que la BD est dans le 9e Art. Chez nous, une BD n’est quasi jamais une commande d’éditeur mais un projet d’auteur. Et quand on dit à un auteur qu’il va devoir travailler avec quatre autres, que son nom ne sera pas en couverture, qu’il sera payé au mois et ne touchera pas de droits si c’est un succès… c’est difficile à entendre ! Dans le manga, avant même d’écrire la première ligne du scénario d’une nouvelle série, on élabore une bible graphique qui dit tout des personnages : leur généalogie, leurs mensurations, leurs amis, leurs goûts, ce qu’ils mangent… Les personnages sont testés dans des magazines, là où nous n’avons plus de véritable presse de bande dessinée pour lancer des séries innovantes… Plus de 70 % des héros de manga actuels sont nés dans des journaux, dont le célèbre Shōnen Jump, créé en 1968…

Après les mangas, faut-il s’attendre à une vague de manhwas coréens ?

Les manhwas coréens dépassent le succès des mangas sur le digital, où l’on assiste à un tsunami ! Il y a déjà des millions de lecteurs de ces webtoons coréens en français. C’est feuilletonnant, avec de la nouveauté en continu. Ils ont un Google coréen, Naver, qui met des tonnes de créations chaque mois sur le réseau. C’est un autre monde. Les Coréens sont à la conquête du marché mondial de la bande dessinée. Ils inondent le marché de créations gratuites et occupent le temps de cerveau des ados franco-belges pour qu’ils ne lisent plus que ça. Les auteurs de webtoons sont des employés de studio. Leur statut n’est pas du tout le même que celui de nos auteurs de bandes dessinées.

Vous avez un manga initiatique à recommander pour ceux qui n’en ont jamais lu ?

Lorsque nous vivions ensemble, de Kazuo Kamimura, un manga de niche, dans un style poétique un peu nouvelle vague, ou Sunny de Matsumato Taiyo, dont je suis une très grande fan. Il a un style proche du roman graphique. Il nous fait passer par toutes les cases de l’émotion : on pleure, on rit, on a des papillons dans le ventre. »

Source : Journal Le Soir

Modifié le 7 septembre 2023  à 14h31
Posté le 6 février 2022  à 16h26

Intéressante interview Tjahzi Contente de te voir revenir avec tes posts .

Par contre lire que la BD franco-belge est « plus dans le 9eme art » lorsque on a lu les Mondes Thorgal… Voyons Madame, le franco-belge aussi aime l’argent .

Posté le 7 février 2022  à 7h02

Ça confirme un peu ce que je pense, que le manga et la BD sont deux produits complètement différents qu’il ne faut pas forcément comparer. Ce serait comme comparer le cinéma et les feuilletons télé et se dire que le cinéma doit s’inspirer de « Plus belle la vie » pour attirer les annonceurs.

Le modèle franco-belge a toujours été une niche européenne, de toutes façons. Je suis d’accord avec Christel, d’un côté on a une œuvre, de l’autre un produit.

Je n’ai pas trop envie que ça change en fait.

Isis a écrit
Par contre lire que la BD franco-belge est « plus dans le 9eme art » lorsque on a lu les Mondes Thorgal…

Chipie. La démarche de départ n’était pas mauvaise et me semblait conforme aux attentes (il y avait deux ans entre chaque album à l’époque). Je pense que si d’autres histoires y avaient été racontées, on aurait eu une réussite différente. Je reconnais que je ne pense pas relire un jour dans ma vie la série Louve ou la Jeunesse… contrairement à Nicky Larson, Slam dunk ou Gunnm !

Naruto par contre, j’ai essayé avec beaucoup d’envie mais j’ai trouvé ça pas bien. Mais je veux bien qu’on m’explique.

Posté le 7 février 2022  à 8h14

 

Je charrie. Tu as raison dans le fait que la démarche n’était pas mauvaise, mais qu’est-ce que c’est mal fichu. En relisant on dirait que tout est fait à la va-vite, sans organisation, sans relecture et sans recherche d’émotions. Je pense que ceux qui ont eu l’idée les Mondes ont trop pensé à l’argent et pas assez à l’oeuvre, justement. On a certainement pas une oeuvre, plutôt un produit mal fini qui ne peut même pas prétendre au produit de type manga 

Tu as aimé Gunnm ? J’ai jamais osé y toucher parce que je lis partout que c’est extrêmement gore. Du coup c’est supportable ?

Posté le 7 février 2022  à 19h06

Tjahzi a écrit
Et quand on dit à un auteur qu’il va devoir travailler avec quatre autres, que son nom ne sera pas en couverture, qu’il sera payé au mois et ne touchera pas de droits si c’est un succès… c’est difficile à entendre !

Dit comme ça c’est clair c’est choquant. 

MAIS je connais aussi pas mal d’auteurs qui ne sont plus du tout auteurs. Il y a un paquet de graphistes dans notre pays qui ne sont plus du tout graphistes (dont moi) alors peut-être dans le lot il y en a qui préférais travailler comme salarié d’une boîte de prod, plutôt qu’être devenu plombier (ou instit   ) …. Il me semble que dans l’industrie du dessin animé on travaille déjà un peu comme ça (avec une spécialisation pour les dessinateurs : paysage, personnages, etc… ).

Je ne dis pas que c’est mieux, je m’interroge. Choisir une orientation artistique comme voie professionnelle est soumis à beaucoup de questionnement sur la place de chacun dans ce bas monde. 

Ce qui est certain, c’est qu’en Europe on fait sortir beaucoup d’artistes des écoles et que tout le monde  ne remplit pas le frigo avec son travail et son talent. Je ne sais pas si le fait d’avoir un heureux élu sur 100 est la bonne solution. Je ne sais pas.

Ce qui serait bien peut-être ce serait peut-être de faire cohabiter les propositions, et que l’industrie rentable n’empêche pas les propositions créatives moins rentables.

Il y a peu de places pour les artistes, mais il y a potentiellement plus de places pour les artisans. Finalement c’est la différence que je fais entre les 2 postures. Il faut aussi beaucoup d’humilité pour travailler comme ils le font dans le manga. Et je vous assure que dans les écoles d’art française ce n’est pas l’humilité qu’on apprend…

Il faudrait reconsidérer la chose : est-ce humiliant de ne pas être auteur, et de créer quelque chose quand même, en tant qu’artisan employé, pour une création collective ?  Pour ce qui est de la question de la rémunération, le problème est le même pour tous les travailleurs. Mais ça ne peut pas être pire que la situation de pléthore d’illustrateurs indépendants.

Posté le 7 février 2022  à 21h57

Je sais que, pour ma part, une bonne partie des albums que j’achète le sont grâce au nom du ou des auteurs, même si le thème, l’univers, le traitement sont différents de ce qu’il fait d’habitude. Donc il me semble qu’un nom d’auteur reste pour moi un atout. Quand j’arpente les salons BD, j’ai envie de rencontrer l’artiste, l’éditeur restant plutôt pour moi un marchand.

Isis a écrit
Tu as aimé Gunnm ? J’ai jamais osé y toucher parce que je lis partout que c’est extrêmement gore. Du coup c’est supportable ?

Non non, c’est dégueulasse. Personne n’a le droit d’y toucher chez moi, c’est à mettre sur l’étagère du haut. En fait je suis tombé amoureux du film d’animation, il y a bien longtemps, et j’ai lu les albums pour me replonger dans tout ça. La première saison est vraiment chouette, c’est aussi peut-être la moins gore selon moi (toutes proportions gardées). La suite est insoutenable et j’ai d’ailleurs fini par arrêter, je n’aime pas l’autoflagellation. L’auteur doit être cinglé.  

C’est la seule série du genre que j’ai.

Posté le 8 février 2022  à 8h50

Ah oui forcément, lire Gunnm alors qu’on aime pas les trucs violents ;D

Posté le 8 février 2022  à 9h15

Il y a des auteurs connus aussi dans le manga. Les auteurs de Death Note se sont fait un nom, tout comme celui de Dragon Ball ou celui de XX Century Boy. Tous les auteurs de manga a succès se font des noms et je suppose qu’on leur laisse une liberté créative une fois qu’ils ont fait leurs preuves ?

Thorgal-BD a écrit
La suite est insoutenable et j’ai d’ailleurs fini par arrêter, je n’aime pas l’autoflagellation. L’auteur doit être cinglé.

J’aime beaucoup le manga pour des raisons qui m’échappent un peu à moi-même, mais j’avoue que les japonais me semble avoir un vrai problème avec le sang, les démembrements et autres atrocités. Récemment j’ai vu un anime nommé Made in Abyss, que je trouve fascinant, mais l’auteur a un sérieux problème avec l’horreur gore… sans compter certains gags sur les enfants qui me semblent carrément répugnants.

Après, des horreurs, on en a aussi en BD franco-belge. Je suis tombée un jour par hasard sur une BD dont je trouvais le dessin très beau, mais j’ai commencé à lire et j’ai été tellement horrifiée que j’en ais été mal une journée entière. Ça s’appellait Sang Royal d’un certain Jodorwsky apparemment très connu et tout et tout et nan… laisse tomber…

Marché de la BD 2022 sur Ligne Claire
Posté le 31 janvier 2023  à 20h56

Profitant du FIBD d’Angoulême, GfK publie les chiffres 2022 du marché de la BD. Le manga confirme sa croissance avec plus de la moitié des ventes. Ligne Claire commente ces résultats :

« C’est aussi un des avantages du Festival d’Angoulême, avoir un bilan précis du marché de la BD. Partenaires privilégiés depuis quelques années, le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême et GfK (qui a fait un excellent travail) s’associent pour observer et apporter des éclairages sur l’évolution du 9e art et les dynamiques qui y contribuent. Mais comme pour tout bilan, les constats doivent être interprétés. Alors, la BD en pleine forme ? Oui à condition de bien intégrer que désormais c’est le manga qui la porte. Et cela, mais on le dit du bout des lèvres, au détriment de la BD traditionnelle, franco-belge, et donc des auteurs qui en vivent. Une évolution imparable qui pourrait devenir une révolution. Analyses présentées en conférence le jeudi 26 janvier 2023 au Festival d’Angoulême dans le cadre du partenariat GfK.

L’étude se réjouit que « après les sommets atteints en 2021, l’année 2022 confirme la situation exceptionnelle de la bande dessinée en France, pilier du marché du livre et des biens culturels. Ces résultats soulignent l’attachement et l’engouement des français pour le genre, qui continue de prouver son immense diversité, tant dans l’origine géographique de ses récits que dans l’éventail des thématiques qu’il aborde ». On généralise gaiement. Le manga accumule les records ce dont on ne peut que se féliciter car c’est du papier et cela montre que le public jeune qui le lit est attaché au support. 57 % des parts pour le manga ce n’est pas neutre et rien ne parle mieux qu’un bon graphique édité par GfK. On voit que le manga devient le leader et que la BD de genre stagne à 20%. Cherchez l’erreur mais on va rester optimiste puisque l’étude parle de façon pudique (voir ci-dessus) pour la BD franco-belge de « contrecoup mais dynamique bien présente ». A lire entre les lignes.

Ambiguïté donc car les prix de la BD augmentent. Celui du papier aussi. Un album aujourd’hui vaut dans les 15 euros, souvent plus et on atteint souvent plus de 20 euros. Le manga est toujours moins cher (7,9 euros), publie des séries en vagues rapprochées ce qu’attendent les lecteurs qui sont aussi accros aux séries TV, aux webtoons, dans un pays la France qui est après le Japon le deuxième consommateur du genre. On se réjouit que la BD toute tendances confondues représente 25,2 % du marché du livre en sachant qu’un livre vaut en moyenne 25 euros. On parlera non plus d’un marché qui se cherche mais qui s’est trouvé au moins provisoirement et va continuer dans le même sens. On pavoise, les éditeurs ont su ne plus placer tous leurs œufs dans le même panier, lancer des collections mangas, continuer à sur-publier des BD classiques qui, hormis quelques titres qui cartonnent (mais avec des ventes plus basses qu’autrefois), tournent souvent dans les 4 à 5000 exemplaires achetés.

On conclut en disant que tout va très bien madame la marquise. Mais qu’il y a quand même des tendances en sens contraire, la charge du manga qui donne en l’assimilant à la BD classique une vision décalée du marché. Ce qui n’est pas non plus à regretter car sa prospérité aide les éditeurs pour investir dans d’autres segments. On note aussi que sous le mot BD, c’est comme le dit l’étude, un objet culturel particulier, à forte implication et plusieurs tendances illustrent l’attachement des Français au format. Tout d’abord, les 2 meilleures ventes 2022 expriment le phénomène autour des récits biographiques et le relief singulier donné par le graphisme aux Fictions / Non-Fictions et « pédagogie » sur un thème donné. Ainsi, Le monde sans fin de M. Jancovici / J.C. Blain (Dargaud) et l’opus 6 de L’arabe du futur de R. Sattouf (Allary Éditions) ont atteint un statut de best-sellers. Dans le même temps, le Roman graphique prend une place de plus en plus importante dans les bibliothèques : ses ventes ont été multipliées par 7 en 10 ans et il représente 29% des BD de genre achetées en 2022. La preuve de cet attachement à l’objet est aussi visible en manga et Comics. Ainsi, le manga webtoon en version Imprimés, et audités par GfK Market Intelligence, représente déjà plus de 700 000 exemplaires et plus de 10 millions d’euros de CA en 2022. De leur côté, les versions Collector / Intégrale / Coffret de l’univers Comics représentent près de 200 000 ventes en 2022, en hausse de +50% en 5 ans, et ce malgré un prix moyen 3 fois supérieurs aux comics classiques. Un marché à suivre de près et dont il faut voir les répercussions sur des acteurs indissociables, les autrices et auteurs qui en vivent mais dans quelles conditions car il pourrait bien au final ne pas y avoir de place pour tous les genres. »

Source : Ligne Claire

Modifié le 7 septembre 2023  à 14h36
Posté le 31 janvier 2023  à 21h16

Tjahzi a écrit
Profitant du FIBD d’Angoulême, GfK publie les chiffres 2022 du marché de la BD. Le manga confirme sa croissance avec plus de la moitié des ventes.

D’ailleurs dans le classement des 50 BD les plus vendu en 2022 on à 31 manga:

classement manga 2022 Et parmi les BD seuls 8 titres sont dans le classements, dont Mortelle Adèle qui prend plusieurs places:

classement BD

Mortelle AdèleJe connait pas du tout mais la BD cartonne !

Il y a un point crucial qui joue en faveur des manga, tous ce qui sont dans le haut du classement ont leurs propres série animé ou en live action. One piece par exemple va bientôt avoir sa série en live action sur netflix !

Dans les BD Asterix, Lucky luke et les vieux fourneaux ont eu droit à cet avantage.

Modifié le 7 septembre 2023  à 14h37
Posté le 31 janvier 2023  à 22h22

Encore une fois, je ne sais pas s’il est toujours pertinent de placer manga et franco-belge dans le même classement. Ça noie d’ailleurs l’info, au final on ne sait pas quels sont les titres franco-belges qui se sont bien vendus cette année.

C’est ça que j’aimerais bien savoir, les succès de 2022.

Posté le 31 janvier 2023  à 23h26

C’est pour ça que j’ai séparé le classement. Au moins on connait les 18 BD franco-belges les plus vendus en 2022. Il aurai fallu  publier un top 100, pour avoir connaissance des autres BD.

Posté le 1 février 2023  à 5h45

Ah oui oui pardon , c’est très chouette ce que tu as fait !  

Je parlais de façon plus générale, suite au rapport établi chaque année. Là finalement si on enlève les mangas et Mortelle Adèle, il ne reste que 7 titres, dont Astérix, Lucky Luke et B&M qui sont « spéciaux », du coup je trouve qu’on ne sait pas quelles BD ont bien marché en 2022, parmi les centaines qui sont sorties. C’est mon ressenti tous les ans depuis l’essor du manga.

Posté le 1 février 2023  à 8h28

Tous ces palmarès me montrent une nouvelle fois que je suis « has been » sur le palmarès 2021 il n’y a que deux que je possède : Blacksad et Blake et Mortimer… et pourtant j’en ai acheté…euh..quelques unes.

J’ai senti un regain d’intérêt pour Thorgal ces derniers temps : plusieurs personnes m’en ont parlé alors que c’était une série qui n’était que très rarement évoquée.

Posté le 6 février 2023  à 22h31

C’est vrai que la série Thorgal est de plus en plus difficile à placer en soirée. Soit on me dit qu’on ne connaît pas, soit qu’on l’a lue il y a longtemps et que c’était pas mal…

Plus de 60 albums, pourtant, mais j’ai l’impression que seuls les 20 premiers retiennent l’attention.

Comme chaque année, j’ai moi aussi acheté de très nombreux albums. J’aimerais bien un top 100 de la BD franco-belge pour mieux m’y repérer.

Posté le 7 février 2023  à 13h46

Thorgal-BD a écrit
J’aimerais bien un top 100 de la BD franco-belge pour mieux m’y repérer.

je suis d’accord avec ça, j’ai aussi plein d’albums que j’ai acheté qui ne sont pas dans se classement. Surtout que certains ne le seront jamais car le nombres de tirage ne permet pas de l’être. Par exemple en 2022 « Sydönia » a été tiré à 50 000 exemplaires ( BDZoom du 6 juillet 2022 ) et  « Tupilaks » tiré à 105 000 exemplaires ( BDZoom du 24 novembre 2022 ). Les 2 albums n’ont pas de tirages suffisant rien que pour être 50eme. Et c’est le cas pour beaucoup d’albums, surtout qu’avec le pass culture les ventes de mangas ont explosé.

comicsblog a sorti un classement pour les comics: le classement des 50 comics 2022 , un site spécialisé BD devrait faire la même chose pour les BD franco-belge pour y voir plus clair.

Posté le 11 février 2023  à 16h57

Je ne saurais pas dire pour les ventes, mais au niveau des tirages, Thorgal est monté jusqu’à 350 000 exemplaires il y a 20 ans.

Le modèle économique a changé, aujourd’hui on imprime moins d’albums et on réimprime si le succès est là.

Le problème de Thorgal, selon moi (je l’ai peut-être déjà dit plus haut dans le sujet, désolé si je radote, flemme de vérifier), c’est qu’il est difficile de « recruter » de nouveaux lecteurs pour une série à 40 tomes parus, et qu’une fois qu’un lecteur fait une pause dans ses achats/lectures, il ne reprend pas. On peut s’offrir le dernier Lucky Luke ou Tuniques bleues sans voir lu les précédents, pas un Thorgal.

J’imagine que Thorgal Saga pourra avoir à la fois un effet bénéfique sur la notoriété de la série, et de bonnes ventes. J’aimerais bien que ça donne envie à de nouveaux lecteurs/lectrices de découvrir les premiers tomes de Thorgal.

Il se vend trois fois plus de « L’arche de Rantanplan » que de « Tupilaks »… Un peu déçu pour mon Thorgal.

Posté le 12 février 2023  à 15h09

Thorgal-BD a écrit
Il se vend trois fois plus de « L’arche de Rantanplan » que de « Tupilaks »… Un peu déçu pour mon Thorgal.

Combien de Tupilaks se sont vendus ?

Posté le 13 février 2023  à 6h57

Pas la moindre idée ! C’était juste une phrase d’agacement. J’aimerais que l’audience de la série ne se soit pas effritée. Je ne sais pas pourquoi ça me touche autant. Ça ne devrait pas, je ne suis pas concerné.
Bon après, cet effritement d’audience est assez général dans le monde de la BD, pour les séries « traditionnelles ». Il y a tellement d’albums qui paraissent chaque année que les ventes se noient dans une production massive.

Thorgal reste une série à plus de 100 000 albums imprimés, dans le contexte actuel c’est déjà pas mal du tout.

En tout cas « Adieu Aaricia » est dans le top 15 des meilleures ventes de BD cette semaine (vu sur BédéFR ici). Il y a du potentiel dans ces personnages. Mais ça, on le sait tous.

Posté le 13 février 2023  à 21h40

Thorgal-BD a écrit

 

Isis a écrit
Tu as aimé Gunnm ? J’ai jamais osé y toucher parce que je lis partout que c’est extrêmement gore. Du coup c’est supportable ?

Non non, c’est dégueulasse. Personne n’a le droit d’y toucher chez moi, c’est à mettre sur l’étagère du haut. En fait je suis tombé amoureux du film d’animation, il y a bien longtemps, et j’ai lu les albums pour me replonger dans tout ça. La première saison est vraiment chouette, c’est aussi peut-être la moins gore selon moi (toutes proportions gardées). La suite est insoutenable et j’ai d’ailleurs fini par arrêter, je n’aime pas l’autoflagellation. L’auteur doit être cinglé.  

 

J’avais pas vu vos commentaires sur Gunnm il y a 1 an, je me permets donc un petite remarque…

Chacun ses limites Isis, mais Gunnm 1ère série (les 9 premiers tomes) est pour moi un chef d’œuvre. Et ce n’est pas une série juste gore, ce n’est pas son sujet. Ça met en scène un monde horrible ( ils vivent dans une décharge, la cybernétique extrême fait partie du quotidien, l’homme est montré avec tous ses défauts, etc). Mais il y a des personnages qui rêvent, qui aiment, qui se battent pour un idéal. (résumé pourri). Je l’ai lu ado et relu récemment et je n’ai pas été plus choqué que ça par ce qui est dessiné. Et le film d’animation est vraiment bien aussi comme le dit Thorgal-BD. Bref c’est à lire et à voir. Mais bon les gouts et les couleurs…

Les 30 superstars de l'automne 2023
Posté le 3 septembre 2023  à 20h55

L’automne s’annonce chargé, avec de nombreuses sorties dans les séries BD classiques. Sur X, Dr Arno Kikoo partage les infos de Livres Hebdo spécial rentrée. On retrouve les plus gros lancements des mois à venir en BD et manga.

Au Lombard, on a Thorgal et les Schtroumpfs qui seront tirés à 100.000 exemplaires, comme Corto Maltese chez Casterman ou Les Tuniques bleues chez Dupuis. En tête de classement, on retrouve Astérix avec 2.000.000 d’exemplaires, et Gaston avec 1 million.

Source : Compte X d’Arno Kikoo

Modifié le 7 septembre 2023  à 14h45
Tom
Posté le 6 septembre 2023  à 14h27

100 000 exemplaires du nouveau Thorgal, c’est quand même peu….et dire qu’Undertaker qui sort le même jour tire à 110 000 exemplaires….Xavier Dorison ne doit pas avoir de regrets….

Posté le 7 septembre 2023  à 13h00

Je vais dépenser des sous…

Titeuf c’est fait (l’édition Carrefour limitée), il y aura au minimum Le nom de la rose (Manara !), les Tuniques bleues (mon bonbon), Faut pas prendre les cons pour des gens (succès mérité), Undertaker (à ne pas rater), Largo Winch (encore un bonbon) et Gaston (parce que Gaston).

Tom a écrit

100 000 exemplaires du nouveau Thorgal, c’est quand même peu….et dire qu’Undertaker qui sort le même jour tire à 110 000 exemplaires….Xavier Dorison ne doit pas avoir de regrets….

Je suis persuadé que Dorison a des regrets, il est passé à côté d’une fantastique aventure qui comptait beaucoup pour lui. Il aurait sûrement pu mener de front Thorgal, Undertaker et d’autres projets.
En quittant Thorgal, il a par contre gagné en liberté. La liberté de faire ce qu’il veut comme il le veut. Mais une série patrimoniale ne peut pas laisser ses repreneurs libres à 100%, c’est normal.

Ce qui est étonnant, c’est que Dorison a semblé très encadré, apparemment, peut-être un peu trop, alors que Yann est quant à lui totalement libre de faire ce qu’il veut dans les albums. Je ne sais pas pourquoi, personne ne le sait en dehors du cercle des créatifs qui travaillent sur la série.

100 000 Thorgal ça reste bien, il reste encore beaucoup de lecteurs et lectrices, c’est quand même sympa. J’espère que la série ne glissera pas sous cette barre.

Posté le 8 septembre 2023  à 5h12

Tom a écrit
100 000 exemplaires du nouveau Thorgal, c’est quand même peu….

100.000 ex…..? Seulement ? Un Thorgal, ça ne tirait pas à 200.000 ou 300.000 ex à un moment donné ?

Si c’est le cas, je pense que c’est le fait que Rosinki ne dessine plus la série ( et que Van Hamme ne scénarise plus également ) qui a fait diminuer les ventes. As-tu plus d’info Steph… ? Une théorie… ?

Mais bon, 100.000 ça reste tout de même beaucoup après 40 albums……

Posté le 10 septembre 2023  à 13h04

Largo Winch 220 000 et Thorgal 100 000, ça me fait bizarre quand même que Thorgal fasse moins que Largo.

Stéphane tu as oublié  dans ta liste : Blacksad ! 

Et bien écoutez en novembre je ne suis pas sure d’acheter Thorgal, mais Blacksad oui !

280 000 Blacksad !   

Posté le 10 septembre 2023  à 21h11

Ben moi je n’ai jamais lu Blacksad… J’ai toujours eu du mal avec les histoires dont les personnages sont des animaux anthropomorphes. Depuis tout gamin, avec les dessins animés comme « Le tour du monde en 80 jours » ou « Les trois mousquetaires ». Ça me fait bizarre, je n’arrive pas à accrocher complètement. Un blocage psy.

Ralf a écrit
100.000 ex…..? Seulement ? Un Thorgal, ça ne tirait pas à 200.000 ou 300.000 ex à un moment donné ? Si c’est le cas, je pense que c’est le fait que Rosinki ne dessine plus la série ( et que Van Hamme ne scénarise plus également ) qui a fait diminuer les ventes. As-tu plus d’info Steph… ? Une théorie… ?

Une théorie, pas vraiment, disons que c’est la conjonction de différents phénomènes. Une baisse généralisée pour les séries patrimoniales, la multiplication des publications BD qui dilue les nouveautés, l’avènement du manga, le départ des auteurs originels, une difficulté pour les repreneurs successifs à saisir l’essence de ce titre. Un peu de tout ça.
Les Mondes de Thorgal ont fait de très belles ventes mais ont paradoxalement peut-être un peu usé les fans. Il manque aussi à la série un « grand album » voire un grand cycle qui relancerait potentiellement l’intérêt chez ceux qui ont abandonné. Je mise pas mal sur Thorgal Saga pour réussir cela mais chaque album de Saga va être un grand défi à relever, ils ne seront pas tous aussi forts que le premier. Et ça n’apporte rien à la série mère qui, je l’espère, se maintiendra  au moins à ce niveau de 100 000 exemplaires.

Blacksad est rare donc très attendu. Largo Winch a toujours son dessinateur originel et profite à la fois d’une exposition médiatique fabuleuse (télé, cinéma) et d’un nouveau scénariste qui a bien saisi ce qu’est le personnage et comment fonctionne son univers.

Posté le 13 septembre 2023  à 10h40

Thorgal-BD a écrit

Ben moi je n’ai jamais lu Blacksad… J’ai toujours eu du mal avec les histoires dont les personnages sont des animaux anthropomorphes.

Comme je te comprends ! Pareil pour moi ! Difficile à expliquer pourquoi, mais c’est comme ça .

La bande dessinée est-elle devenue Ordeprix ?
Posté le 23 octobre 2025  à 17h11

Je vous propose de découvrir un article de France Info sur l’évolution du prix des albums de BD franco-belge. Je ne sais pas si l’étude est complète et a observé l’ensemble du marché et de son évolution, mais je l’ai trouvée intéressante et documentée.

Sortie du nouvel « Astérix » : la bande dessinée est-elle devenue Ordeprix ?

La question qui est posée, et à laquelle essaient de répondre les journalistes, est de vérifier s’il n’y a plus que des séries de type Astérix ou Tintin qui peuvent se permettre de proposer des tarifs très accessibles (autour de 10 euros en 2025 pour le nouvel Astérix).

En complément, vous pouvez consulter si vous le souhaitez cet article rédigé par moi-même sur l’évolution du prix des Thorgal de 1980 à nos jours. A noter, Thorgal a franchi les 10 euros peu après l’an 2000 et est actuellement, en 2025, à 13€95.

Les ventes

Posté le 30 octobre 2025  à 10h44

Thorgal-BD a écrit

Ben moi je n’ai jamais lu Blacksad… J’ai toujours eu du mal avec les histoires dont les personnages sont des animaux anthropomorphes. Depuis tout gamin, avec les dessins animés comme « Le tour du monde en 80 jours » ou « Les trois mousquetaires ». Ça me fait bizarre, je n’arrive pas à accrocher complètement. Un blocage psy..

Han, j’avais raté ça.

Fun fact : Guardino, dessinateur de Blacksad, est un ancien de chez Walt Disney. 

Par contre, si tu aimes la BD, je ne peux que te recommander d’y jeter un oeil, même en les prenant à la bibliothèque. Le tome 1, un polar relativement classique mais bien mené ou encore mieux, le tome 2 avec son sujet de société très bien décrit (les blancs vs les noirs où ça joue très bien avec les couleurs de pelage). 

Ce qui est vraiment top, c’est la façon dont ils jouent explicitement avec les persos anthropomorphes, dans les attitudes autant que dans les dialogues. A côté, les expressions sont absolument bien rendues et parfois hilarantes… bref, à la base je ne suis pas fan non plus (j’ai pas hyper accroché au Chateau des Animaux de Dorison dont je suis pourtant assez fan par ailleurs). Mais là pour Blacksad, c’est une de mes claques BD et facilement dans mon top 5 des séries.

 

Bon, sinon cette année, je crois bien que je n’ai acheté aucune BD ! Ah si, les 3 tomes de « Tête de Chien », un récit chevaleresque très (très) bien foutu. Pas de sauveurs du monde ou de jeune néophyte qui deviendra super héros, juste des jeunes lambdas dans le monde pas facile du moyen-âge avec l’honneur, les tournois et les bandits de basse-fosse. Une intrigue fort sympathique qui retombe sur ses pieds au tome 3, bien cool. 

Je lis toujours des tas de BDs (une quinzaine par mois, merci la bibliothèque), mais j’achète extrêmement peu après une période de gros dégraissage. Pour l’instant je reste sous les 200 albums, et je vois avec plaisir le fiston (13 ans) se plonger dans les séries de ma jeunesse.

Posté le 1 novembre 2025  à 12h29

Thorgal-BD a écrit
Ben moi je n’ai jamais lu Blacksad… J’ai toujours eu du mal avec les histoires dont les personnages sont des animaux anthropomorphes.

Ma première rencontre, enfant, avec les animaux anthropomorphes c’est un livre ancien illustré en couleur de Chanteclerc d’Edmond Rostand (pièce de théâtre dont tous les personnages sont des animaux, un flop pour Rostand, c’était trop tôt, les gens n’ont pas compris)  ça m’a tellement marquée que moi c’est l’inverse, je suis à la recherche de ce genre de représentation. J’aime bien les dieux égyptiens dans la Foire aux Immortels de Bilal par exemple. Blacksad est une de mes BD préférées, John Blacksad est un des personnages les plus charismatiques de la bd actuelle avec Jonas Crow !! J’adore Le Château des Animaux aussi, vraiment c’est génial, les dessins et le scénario, par contre le propos de cette BD me déprime. Blacksad, Tango, Undertaker et Le Château des Animaux sont les séries que je complète et lis et relis régulièrement depuis leur début.

 

Et sinon j’aimerais beaucoup pour cette fin d’année avoir un récapitulatif de tirages et vente de BD. Je suis curieuse de savoir à combien sera tiré le prochain Thorgal par exemple.

Posté le 1 novembre 2025  à 15h47

Et Canardo ?

Posté le 1 novembre 2025  à 17h53

Totom a écrit
Canardo

Alors écoute tu me fais découvrir ! le canard de prime abord n’a pas le charisme de Blasksad mais en fait la bd a l’air vachement bien , les critiques sont bonnes.

Il y a aussi un chat ah ah, elle est top cette planche :

et sinon j’ai suivi les premiers tomes de Klaw, à cause du tigre, la couverture du tome 1 m’avait bien plu. Mais ils m’ont perdue là.

Edit : je viens de réaliser qui est Benoit Sokal ! J’ai joué à l*Amerzone dans un lointain passé !

Posté le 2 novembre 2025  à 7h30

En fait Canardo, ça n’a rien à voir avec Blacksad

C’est plus glauque et mélancolique. Les dix premiers son très bons jusqu’à la fille qui rêvait d’horizon. Le premier peut paraître bizarre mais il faut continuer. Le tome 0 premieres enquêtes est dispensable 

Puis ça devient plus classique sauf l’excellent diptyque de la fille aux yeux verts qui sort du lot

Posté le 3 novembre 2025  à 7h07

En tout récent dans le genre, l’Orfèvre, d’Aurélien Lozes, un genre de polar historico-onirique qu’il a dessiné en 10 ans au stylo-bille.

La particuliarité de cet album est que les planches sont divisées en 2, « tête en bas ». Ainsi, arrivé à la fin de l’album, on le retourne et on continue l’histoire… on peut également commencer par l’un ou l’autre côté. Concept original, j’avais jamais vu ça.

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