Bonjour à tous,
Premier message, même si je vous lis (assez irrégulièrement je le concède) depuis plusieurs années. C'est la lecture récente de l'album "Adieu Aaricia" qui m'amène à prendre la plume pour la première fois.
Je suis un "vieux" lecteur de Thorgal. Je suis né en 1980 et j'ai découvert l'univers de Thorgal vers l'âge de 7 ans, lorsque mon père, qui avait déjà toute la collection, a acheté le dernier album : "Les Yeux de Tanatloc".
Compte tenu de mon âge, je n'ai sans doute pas tout compris, mais j'ai immédiatement été fasciné par l'univers, et je me suis rapidement plongé dans les albums précédents. Inutile de dire que 35 ans plus tard, le cycle du Pays Qa reste pour moi le sommet inégalé de l’œuvre thorgalienne, tout en ayant une immense puissance nostalgique.
A partir de cette découverte, mon enfance puis mon adolescence ont été rythmées par les nouveaux albums que mon père ramenait de la librairie tous les ans environ, et qui me procuraient toujours le même plaisir.
Mais ce plaisir a commencé à s'estomper à mesure que je rentrais dans l'âge adulte. Scénars moins inspirés, évolution du style de dessin auquel j'accrochais moins. Je crois que "Arachnéa" est le premier album que j'ai refermé en me disant "moais, bof..." et ça ne s'est pas arrangé par la suite.
Mon père a fini par arrêter d'acheter les albums (c'est là que je me suis rendu compte qu'en réalité, il n'achetait pas les BD pour lui mais pour faire plaisir à moi et mes frères, et lorsque nous avons quitté la maison, ça n'avait plus de sens pour lui de continuer à en acheter).
De mon côté, entre la vie étudiante dans les petits studios, ou les débuts dans la vie pro faits de déménagements incessants, je n'avais guère de place pour les couteuses et encombrantes BD. Des fois, au hasard d'un passage à la FNAC, je tombais sur un Thorgal, mais le fait que Van Hamme ait lâché l'affaire faisait que pour moi, Thorgal était du passé. Il se disait même à l'époque que la série serait désormais centrée sur le personnage de Jolan et pas de celui de Thorgal, ce qui pour moi n'avait pas un grand intérêt.
Les années ont passé, j'ai fini par me stabiliser professionnellement et par arrêter de déménager tous les 6 mois. Titillé par la nostalgie, je me suis dit que ce serait sympa de me replonger dans les Thorgal et de tous les racheter. On devait être autour de 2015.
J'ai donc tout racheté : les vieux albums de mon enfance dont je ne me lasse pas. Mais aussi les albums plus récents, et ceux des séries dérivées. Bref, tout ce qui était sorti durant les 10/12 années pendant lesquelles je m'étais éloigné de Thorgal. Et à partir de cette date, je me suis remis à acheter les nouveautés au fil des parutions.
Mais je ne cache pas que, comme pour la plupart d'entre vous ici, chacun de ces achats suivait un peu le même processus : d'abord l'espoir que le prochain album serait l'album du renouveau, un futur "classique". Puis, une fois la lecture finie, la déception. Ce sentiment que Thorgal est devenue une machine à cash qui se repose sur son glorieux passé, avec des auteurs qui peinent à se mettre au niveau.
La semaine dernière, je suis tombé sur "Adieu Aaricia". Perplexe pour ne pas dire réticent devant cette énième déclinaison de la franchise, j'ai néanmoins sorti la carte bleue, tout en me disant que j'étais quand même bien faible et couillon.
Et là, miracle. La magie a opéré. Pour la première fois depuis peut-être 25 ans, j'ai refermé un nouvel album de Thorgal avec la gorge nouée, les yeux embués, et je me suis dit "ah bah merde alors...".
"Adieu Aaricia" n'est pas un album parfait. On peut lui trouver des défauts sur le scénario ou sur le dessin. Mais c'est pour moi le meilleur album depuis une éternité. Et paradoxalement pour un album "hors série", fruit d'une carte blanche offerte à l'auteur, c'est pour moi le plus fidèle aux grandes heures du duo Van Hamme / Rosinski, celui qui comprend le mieux l'essence de cette série.
Donc rien que pour ce très bon moment et cette émotion d'enfance retrouvée, un immense merci à Robin Recht (dont j'ai cru comprendre qu'il passait parfois une tête dans les parages).
Et aujourd'hui, comme mon père le faisait il y a 35 ans, je pense que je vais prochainement laisser trainer quelques albums sur la table du salon pour voir si mes filles accrochent.